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John Parish & Polly Jean Harvey - Dance Hall At Louse Point - 1996


Genre : Rock AlternatifTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net
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©Island
1Girl
2Rope Bridge Crossing
3City Of No Sun
4That Was My Veil
5Urn With Dead Flowers In A Drained Pool
6Civil War Correspondant
7Taut
8Un Cercle Autour Du Soleil
9Heela
10Is That All There Is
11Dance Hall At Louse Point
12Lost Fun Zone







Avis de la rédaction :
Ulyssangus
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DANCE HALL AT LOUSE POINT, OU L’INFLEXION PASSAGERE

Peu de gens, même amateurs avertis de rock contemporain, peuvent se targuer de connaître John Parish. En effet, cet homme courtaud, au visage anguleux et massif, reste un obscur travailleur de l’ombre du rock anglais, continuant une riche carrière sans jamais avoir rencontré le moindre succès populaire. L’un de ses rares titres de gloire est d’avoir découvert une jeune saxophoniste du Dorsetshire et de lui avoir permis de jouer dans son groupe de l’époque, Automatic Dlamini. Cette jeune fille répondait au doux nom de Polly Jean Harvey, dont la renommée dans le monde du rock alternatif n’est plus à faire. La chanteuse s’est séparée de son mentor afin de commencer une carrière soliste prometteuse, tout en conservant des liens étroits avec lui. C’est ainsi que John Parish apparaît dans les crédits de To Bring You My Love en tant que producteur associé, aux côtés de Polly et Flood. Après l’harassante tournée qui suivit la parution de cet album, en 1995, la demoiselle aspire à un peu de repos. C’est ainsi que l’idée d’une collaboration avec John Parish vit le jour, un album coécrit par les deux comparses de longue date, un projet parallèle à leurs carrières respectives. Difficile aujourd’hui d’appréhender différemment cet objet musical peu maniable, tant celui-ci semble énigmatique.

Le concept qui organise cette collaboration est somme toute très simple : John Parish écrit et joue la musique, Polly Jean Harvey rédige les paroles et les chante. Ainsi, la jeune femme n’est pas responsable des morceaux, mais seulement des textes ; c’est avec intérêt que le connaisseur se penche sur cette collaboration, toujours friand de perspectives changeantes. La musique de PJ Harvey a toujours été le vecteur principal de son expression textuelle ; ici, le cadre en est tout autre. John Parish est un musicien multicarte, à la fois percussionniste et guitariste. Le disque tout entier est basé sur son travail d’instrumentiste, d’arrangeur, de compositeur. On peut presque dire qu’il s’agit d’un travail solo, tant l’homme est omniprésent. Les textures sonores sont ici basées avant tout sur les enchevêtrements harmoniques des guitares ; instruments électriques et acoustiques s’entremêlent pour livrer une densité musicale assez importante. Les percussions interviennent pour donner un aspect tribal, voire survolté, à l’ensemble. On remarque, ça et là, de fantomatiques nappes d’orgue, donnant un aspect lugubre à certains morceaux. La teinte des titres est presque uniformément sinistre, les progressions d’accords reflètent une tension permanente, chaque note transpire la résignation.

Le blues tient une place essentielle dans cette musique, mais on retrouve un côté expérimental assez déconcertant qui nuit au plaisir de l’écoute. Ici, l’expérimentation semble tourner en rond, sans but, desservant malheureusement une musique qui autrement aurait pu être brillante. La voix de PJ Harvey est prise dans cette trame : parfois calme, résignée, respirant une plénitude teintée de sensualité, parfois rude, rauque, exaltée, désespérée, voire insupportable, elle fait partie intégrante de l’album tout en paraissant étrangement lointaine. La force de conviction qui filtre de son organe reste l’un des atouts principaux du disque. Dance Hall At Louse Point ne peut être considéré comme une œuvre à part entière de Polly Harvey, de par son concept même. Mais il ne peut pas non plus être détaché de sa carrière, en tant qu’il représente une transition entre les sonorités de To Bring You My Love et ses œuvres futures. Cet album est un cul-de-sac et doit être considéré comme tel, un endroit où deux talents se rencontrent ponctuellement pour donner naissance à une œuvre. Cependant, l’album reste particulièrement méconnu ; sa découverte peut être bénéfique, mais elle n’est absolument pas indispensable. D’un point de vue documentaire, c’est une curiosité qui vaut le détour, proposant même –ô miracle !- des bonnes chansons.

Ulyssangus  03/04/2008    avis



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