Le punk est avec le métal le style qui s'accorde le mieux au difficile exercice du live. En effet, ces deux courants musicaux sont totalement dédiés à la scène et quand le public vient voir un groupe de métal ou de punk en concert, c'est pour une chose : s'en prendre plein la gueule.
Enregistré en 1982 mais sorti plus récemment, From Here To Eternity, premier (et seul) live des Clash était attendu au tournant ; tout le monde sait que les Clash ont toujours assuré en live mais la question était de savoir si ils seraient capables de retransmettre l'ambiance de folie de leurs concerts sur disque. Bon, la première chose qui choque, c'est le format du live qui ne contient qu'un CD, après plus de vingt ans de carrière ces sacrés Clash auraient pu nous livrer un double voire triple live, ce léger point noir vient briser la longue tradition de qualité qui entoure The Clash (qui ne se souvient pas du double LP London Calling et du triple Sandinista). A la lecture du track listing on remarque aussi la douloureuse absence de "White Riot", véritable hymne des Clash qui avait la réputation de déménager en concert car joué habituellement à une vitesse folle. On ne sera par contre pas étonnés (et même soulagés) de voir la présence des bons vieux classiques "London Calling", "Should I stay or should I go" ou encore la mythique reprise "I fought the law". Mais passons maintenant à la musique.
C'est donc avec anxiété que le fan des clash enfournera sa galette dans sa chaîne stéréo, ou minichaîne ou walkman ; alors retentiront les premières notes de "Complete control" immédiatement reconnaissables pour n'importe quelle personne qui a un jour fêté noël (l'intro de cette chanson ressemble bigrement à "il est né le divin enfant" en électrique !). On est tout de suite rassuré, a priori ce live est une tuerie. Durant une entrée en matière de cinq chansons, on s'en prendra plein la gueule, les guitares sont plus agressives que jamais et le chant de Joe Strummer (R.I.P.) perd tout le côté molasson qu'il peut avoir sur les albums studio, on est presque heureux lorsque l'accalmie s'annonce avec "(white man) in the Hammersmith Palais". Classique du reggae/punk Clashien, la chansonnette permettra à beaucoup de laisser reposer leurs colonnes vertébrales qui doivent supporter le mouvement oscillatoire frénétique de leurs têtes. Le point culminant du live sera bien entendu le duo "I fought the law" avec son intro de batterie caractéristique et le classique immortel "London Calling" qui ferait ressentir des pulsions anarchistes à n'importe quel président de multinationale. On a encore le droit au coup de l'accalmie sur "Armagedion Time" qui une fois de plus sent bon l'herbe qui se fume. On aura bien sûr droit au fantastique "Guns of Brixton" et à son chorus fédérateur ainsi qu'au classique "The Magnificent Seven" qui se fait un peu long par moments. Le live se finira en apothéose sur le "Know Your Rights" et "Should I sStay Or Should I Go" et surtout sur le magnifique "Straight To Hell" anticapitaliste dans une veine typiquement Clash mais contrairement à l'habitude qui veut que les chansons sur le sujet soient bien rentre dedans, celle ci est calme et triste. Le problème étant que la fin de l'album sur une aussi belle chanson nous donne des envie de "reviens y" et nous rappelle que ces sacrés Clash ont zappé le second CD...
Personnellement je suis plus un fan de metal qu'autre chose mais j'ai découvert il y à quelques années les Clash avec ce disque et en fin de compte, j'ai toujours été déçu par leurs autres productions ; en fait, les versions live des chansons des Clash sont extrêmement rentre dedans et énergiques par rapport aux versions studio et à l'écoute de ces dernières j'ai été déçu par un côté un peu mou. Ce live est donc ma production des Clash préférée mais je me refuse à lui mettre la note maximale à cause de l'absence d'un second disque et surtout parce que "White Riot" manque à l'appel. Malgré tout From Here To Eternity reste peut être le meilleur moyen de découvrir les Clash si l'on cherche un groupe de Punk bien énergique et rentre dedans, de toute façon ce live reste indispensable à tout fan des Clash au même titre que London Calling, Sandinista et Combat rock.
Requiem 06/11/2004 avis:  |