Au fil des années, avec l’arrivée du Neo Metal au milieu des années 90 (qui resta à la mode une décennie complète depuis 1994 et le premier album de KoRn), puis celle du Metalcore au milieu de cette décennie (il existait déjà avant, mais il a désormais prit beaucoup d’ampleur), quelqu’un qui écoutait dans les années 80 les grands groupes de Hard/Heavy que nous connaissons tous, mais qui ne chercha pas à élargir son champ d’horizon ni à chercher plus undeground, se retrouve à faire un constat alarmant : le Metal est mort, enterré, fini, c’est quelque chose de passé, maintenant, on est obligé de vivre avec ça.
Or, non. Outre le fait qu’Iron Maiden continue à sortir des albums et à faire des tournées par exemple (ce qui est le cas pour encore bon nombre de groupes des 80s), j’ai l’honneur de vous présenter le groupe qui pourrait sauver le Metal auprès du grand public : Avenged Sevenfold (en abrégé, A7X), un groupe d’Huntington Beach, Californie.
Un groupe qui a vraiment beaucoup évolué, qui à ses débuts était catalogué Metalcore (et ceci était justifié à l’écoute de certaines de leurs compositions), puis passera sera rangé dans Emo avec l’album précédent, ‘Waking The Fallen’ (écoutez la fameuse « Unholy Confessions », vous comprendrez pourquoi, même si l’on va dire, au niveau de la longueur des chansons, ça n’a rien à voir, et au final, ça annonce très bien l’évolution que l’on constate aujourd’hui). Mais, le groupe va complètement changer, et cela, je ne peux absolument pas l’expliquer. Déjà, au niveau du look, les membres d’Avenged Sevenfold adoptent un look bien plus « viril » qu’avant, ce qui est sûr, c’est qu’avec leurs dégaines de bikers et le fait qu’ils aient tous avoué être 100% Républicains, on ne les cataloguera plus Emo! Et ce, même au niveau des paroles, c’est devenu plus virulent, on pourrait dire plus Metal qu’avant, mais ce n’est pas important : à l’écoute d’un groupe comme Avenged Sevenfold (et vous avez plein d’autres exemples, que vous pouvez trouver vous-même d’ailleurs), on s’en fout un peu des paroles !
A l’écoute de l’album d’une traite, on a une première impression de Face A/Face B, comme « à l’époque »: Face A, des titres accessibles et courts (ici, entre 5 et 6 minutes), Face B, des titres plus complexes et plus progressifs (ici, entre 7 et presque 9 minutes) et enfin seconde impression, un son « pur », l’utilisation d’effets n’est vraiment pas leur truc, et ça rend finalement bien mieux (oubliez les soli ridicules bourrés d’effets que l’on connaît des autres piteux boys-band Metalcore à la Bullet For My Valentine, Chimaira ou Atreyu)!
Il est évident que les clips (je dis bien clip, il n’y a qu’un seul single, d’ailleurs le deuxième clip, bizarre) sont tirés de cette fameuse Face A, que ce soit le premier titre et unique single de City of Evil, Beast and The Harlot (raccourcie de presque deux minutes pour le passage de radio) avec sa batterie mitrailleuse, son riff lourd et entêtant, son solo assassin et son refrain surprenant (oui, à l’écoute de l’introduction et du premier couplet, on ne s’attend pas à ça ; d’ailleurs, première bizarrerie du groupe, ils placent un peu les soli où ils veulent, ici, juste après le premier refrain), Bat Country (premier clip) qui reste la plus accessible de l’album à mon avis, avec le troisième et vraisemblablement dernier clip de l’album (il faut bien qu’ils commencent un jour leur 4e album), Seize The Day, qui n’est autre qu’une chanson plutôt douce, la plus douce de l’album, la plus sentimentale aussi (qui reste très proche des paroles d’avant) avec un solo à la Slash (oui, même si Synyster –Gates, le soliste- reste beaucoup plus Metal en utilisant bien plus des parties en tapping, sa façon de jouer est proche de Slash, avec des notes très accrochées on va dire, surtout sur cette chanson). Or, tous ces clips ne donnent qu’un petit aperçu du jeu d’A7X sur City of Evil, quelque chose de juste suffisant pour donner envie de se pencher un peu plus sur leur œuvre.
Mais en fait, cette Face A est écoutable en entier (oui vous ne rêvez pas), légalement, au travers de différentes astuces. Burn It Down, qui reste une des chansons phares de l’album malgré le fait qu’elle soit la plus courte est elle facilement trouvable sur des sites de vidéos comme Youtube ou Dailymotion, simplement par le fait qu’elle soit devenue une des chansons les plus populaires du groupe et surtout, une des plus réclamées en live : entre une batterie écrasante, un riff rapide et agressif, une véritable cavalcade bien Heavy comme on les aime tant, une basse présente et ronronnante (d’ailleurs, un des reproches à faire, le bassiste, Johnny Christ –quel pseudo!- est plutôt en retrait sur les composition, alors que ses lignes de basse ne sont pas ce qu’il existe de plus facile, c’est dommage), la voix de Matt Shadow est agressive et virulent comme il faut et le solo est tout simplement monstrueux, certes court, mais diablement technique et marquant (quelle accélération quand même!); Blinded in Chains, la plus longue de la Face A, dépassant allègrement le 6 minutes, et surtout une des plus intéressantes de l’album, avec toujours une rythmique agressive et puissante, un solo rapide et ravageur (mais cette fois, en introduction!) et une structure plus complexe que les autres morceaux. Pour finir, si vous voulez savoir ce que donne Trashed and Scattered, allez tout simplement sur leur site officiel (www.avengedsevenfold.com).
Si vous n’êtes toujours pas convaincu par la qualité des compositions du groupe, et tout simplement de l’album, une Face B si l’on peut dire arrive, à partir de Sidewinder, qui récupère un bon nombre de caractéristiques communes aux chansons de la Face A, même si ça reste tout de même moins agressif dans l’ensemble; ce qui est le plus surprenant, c’est la conclusion, à deux minutes de la fin, en acoustique, avec un solo typé flamenco, d’une technicité irréprochable, comme à l’accoutumée, et qui surtout va très bien avec le reste de la chanson. Mais niveau agressivité, le combo d’Huntington Beach revient au pas de charge lors de The Wicked End ou Betrayed, qui restent très lourdes et très proches de la Face A, mais avec une structure plus progressive (attention, ce n’est pas progressif, je ne voudrais pas que Religionnaire se méprenne), cette dernière est à la mémoire de Darrell Lance Abbott, plus connu sous le nom de Dimebag Darrell, décédé le 8 décembre 2004 (Pantera est une de leur plus grande influence –avec les Guns N’Roses, Iron Maiden et Metallica-, d’ailleurs, ils reprennent à tous leurs concerts « Walk » de Pantera).
Or, là où le groupe est vraiment différent, c’est bien sur les deux titres que je n’ai pas encore abordés. Tout d’abord, dans Strenght of The World, avec une intro qui nous ferait penser à un western avec la participation de violonistes et de violoncellistes en supplément d’une guitare acoustique, deux soli (le deuxième reste le plus impressionnant tout de même), un « Strenght of The World » reprit en cœur pas tous les membres du groupe à chaque refrain, bref, ça fait assez bizarre, mais, l’effet de surprise marche, on y adhère sans rechigner.
On dit souvent qu’il faut finir en apothéose, apparemment, c’est ce qu’inconsciemment la bande à Shadow à désirer faire avec leur meilleure chanson: M.I.A. mêlant à la fois les riffs lourds, les parties de batterie écrasantes de The Reverend (avouez que certains ont de ces pseudos!), une structure complexe, un solo long, majestueux et extrêmement technique sans oublier le chant de Matt Shadow qui s’essaye toujours à monter dans les aigus comme Bruce Dickenson qu’il admire tant, mais on va dire qu’il est bien meilleur grogner comme Phil Anselmo (d’ailleurs, sa voix est irréprochable sur la reprise de « Walk ») car sa voix est bien trop grave et surtout éraillée et usée par le Metalcore.
City of Evil est une des grandes réussites de l’année 2005, accessible tout en étant purement Metal, une référence à venir, ne pas l’écouter au moins une fois serait une faute, vous passerez peut-être à côté de quelque chose de très grand.
Mais franchement, si ils durcissent encore le ton, que ça devient un tout petit peu moins accessible, il y a de quoi faire quelque chose de très fort, les bases sont excellentes (tous les musiciens suivent)!
Rendez-vous en 2007, voire 2008, pour le quatrième album.
Jerome 02/09/2006 avis:  |