2006 THE SAME OLD DEMONS ... SURPRENANTE AMPLEUR ...
Si, à la vue de sa pochette, la définition que l’on pourrait donner de Calamus s’apparente plus naturellement à la plume de l’oiseau, c’est délibérément vers la plante du même nom, aux vertues divergentes, que se recommande cette chronique. Pourquoi plus particulièrement le choix de cette définition, me direz-vous ? Tout simplement parce que l’on retrouve dans ce disque, nombre de propriétés attribuées au roseau odorant. En effet, comme la belle angélique, ce disque peut être consommé à faible ou forte dose, selon que l’on soit en recherche de sensations aphrodisiaques, anti-fatigue ou hallucinogènes.
Groupe allemand fondé en 1995, largement inspiré par Black Sabbath et autre Kyuss, Calamus n’a eu de cesse de déblayer son Stoner de ses anciennes scories pour y ajouter diverses doses alternatives et relents du meilleur groove. Parvenu aujourd’hui à un résultat lui permettant d’être, sans réserve, recommandé d’utilité rythmique auprès d’un public averti, c’est avec force que cet album stimulant s’impose comme une évidence. Qu’on se le dise, The Same Old Demons est une expérience dont on ressort transfiguré. Puissants, compacts sans être hermétiques, les titres s’enchaînent au gré d’une cadence surnaturelle, toute en subtilité de climats.
Tonique et pondéré à la fois, c’est le morceau Ride The Night qui ouvre l’album. Dans une nappe de brume, sur de lui, telle une armée au trot avant l’emballage, ce titre dégage une telle intensité qu’il est quasiment impossible de lui résister. Effet de serre, rage contenue, tous les éléments sont d’ores et déjà en place pour un voyage qui va s’avérer porteur d’images éblouissantes. Encerclant chaque accélération d’un tissu de réserve, comme sur Who’s Gonna Lie To Me, Calamus maîtrise les enchaînements sans que l’on soit pour autant gêné dans notre progression. Dessiné au singulier, chaque morceau se fond dans le pluriel d’un ensemble qui, minute après minute, laisse derrière lui son lot de souvenirs tragiques.
Inflexible poésie, The Same Old Demons est un espace de ravage où se bousculent les spectres de notre intime conviction. Silences aiguisés, lyrisme planant d’une guitare solitaire, cette marche en heavy n’abdique jamais, quitte à changer la donne à la dernière seconde. Passionnant de subtilités pour celui sachant prendre son temps, ce tourbillon continu est un prodige à fort tempérament.
Starchild 14/07/2006 avis:  |