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Burzum - Burzum - 1992


Genre : Black MetalTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net
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©Deathlike Silence
1Feeble Screams From Forest Unknown
2Ea, Lord Of The Depths
3Spell Of Destruction
4Channelling The Power Of Souls Into A New God
5War
6The Crying Orc
7A Lost Forgotten Sad Spirit
8My Journey To The Stars
9Dungeons Of Darkness







Avis de la rédaction :
Ulyssangus
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BURZUM, OU LA PENOMBRE INSISTANTE

Kristian Vikernes, dit Varg « Le Loup » Vikernes, alias le Comte Grishnackh, est un des plus singuliers, un des plus attrayants, mais aussi un des plus patibulaires personnages de la scène metal moderne. Ses faits d’armes, aussi célèbres que nauséabonds, sont connus du monde entier ; sa renommée dépasse de loin le cadre des fanzines underground, débordant même sur la presse à sensations. Pourtant, l’intérêt principal de l’homme se résume en un seul mot : Burzum. Ce mot donne la clé pour comprendre pourquoi un simple criminel fascine autant, car il renferme toute la passion que Vikernes a insufflé dans sa musique. 1991. Après avoir fréquenté quelques temps le groupe Old Funeral, le jeune homme décide de créer un projet musical où il serait le seul maître à bord, jouant de tous les instruments, écrivant les morceaux, produisant les disques. Mené par une détermination hors du commun et un orgueil sans limite, Vikernes se révèle bientôt comme un compositeur prolifique. Il rejoint rapidement le label d’Euronymous, guitariste du célèbre groupe Mayhem, Deathlike Silence Records. Après quelques démos obscures mais très remarquées sur la scène metal norvégienne, Burzum enregistre son premier album en janvier 1992. L’œuvre paraît en mars de la même année, marquant le début d’une carrière aussi courte que fulgurante.

Ce qui frappe à la première écoute, surtout si l’auditeur n’est pas amateur de black metal, c’est la production. Celle-ci est proprement catastrophique, maigre, laide, sèche et mal définie. Mais, au fil des écoutes et des morceaux, elle apparaît comme faisant partie intégrante du disque. Difficile d’imaginer en effet cette œuvre avec une production dynamique et soignée ; elle y perdrait tout son sel. Vikernes est en effet un grand créateur d’ambiances, talent déjà présent ici mais qui atteindra son apogée sur les albums suivants. Les guitares, âpres et grondantes, plongent le disque dans une pénombre saisissante. Ce sont elles qui conditionnent les titres, les rendant tantôt d’une mélancolie désespérée, tantôt d’une furie anarchique. Au milieu du brouillard distordu résonne une batterie aux rythmes aussi multiples que changeants, alliant martèlements frénétiques et frémissements percussifs discrets. Varg Vikernes n’a plus qu’à poser sa voix au-dessus de cet édifice aussi inquiétant que glacial. Ses vocalises sont sans doute ce qu’il y a de plus insoutenable au sein de la musique de Burzum : écorchées, stridentes et brutales, elles distillent une sensation éminemment dérangeante. Le chant fait partie intégrante de l’espace sonore, et est traité comme un instrument à part entière au sein des arrangements ; elle participe à la création des atmosphères au même titre que les guitares ou la batterie.

Les titres présentent une orientation metallique certaine, avec des riffs lourds, percutants et monolithiques. Les soli sont néanmoins rares, et servent uniquement à sculpter les ambiances musicales, instaurant un climat de folie furieuse ensorceleur. Certaines compositions sont assez courtes, voire succinctes ; d’autres sont fort longues, présentant une grande variété de riffs et de breaks, se déroulant avec une dynamique presque obsessionnelle. Ce premier album marque également une tendance qui se confirmera par la suite : l’importance des claviers dans la musique de Burzum. On retrouve une piste entièrement jouée au synthétiseur, à l’exact opposé de toute idée de virtuosité, avec pour seul but de subjuguer l’auditeur par de longues progressions harmoniques. L’éponyme de Burzum marque l’avènement d’un des géants du metal extrême : tantôt hésitant, tantôt déterminé mais toujours talentueux, ce disque reste dans l’histoire comme l’un des fleurons du black metal, ce genre tant décrié. Les créations de Varg Vikernes prendront cependant de plus en plus d’importance, grandissant en ambition et en précision, jusqu’à atteindre une ampleur inconcevable pour un projet musical aussi obscur et aussi peu mercantile.

Ulyssangus  13/06/2008    avis



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