2006 BURDEN OF TRUTH … DESORDRE SUPERIEUR …
S’interroger sur le bien fondé des écrits, des croyances ancestrales ou valeurs religieuses, semble être devenu un fond de commerce à l’inépuisable réserve. C'est pourquoi, l’opération ne s’avère pas toujours d’une égale qualité dès lors que tel ou tel groupe s’en empare. Cependant, prenant le risque de partir à la recherche de la filiation cachée d’un Jésus et d’une Marie Madeleine de plus en plus exposés aux feux de l’actualité, soulevant indirectement l’idée du féminin sacré rejeté par l’église, Circle II Circle embrase le mystique pour nous offrir un album bien décidé à jouer de son influence au sein de l’ordre supérieur du métal mélodique.
Relation fusionnelle entre refrains imparables et guitares à imagination furtives, Burden Of Truth est principalement l’œuvre de Zak Stevens, ex chanteur d’un Savatage dont le souffle est encore sensible dans cette troisième réalisation. Frontman au charisme incontestable, l’homme nous propose de prendre part à une enquête à fleur d’irrationnel, dans laquelle secrets et révélations inspirées nous ouvrent les portes d’une toute autre vérité. Accueillis par un clavier secondé d’une guitare en acoustique, Who Am I To Be signe le début d’une aventure qui, sous une rythmique radicale, va nous entraîner au détour de morceaux plus entêtants les uns que les autres. Que se soit sous des transports de guitares, lignes de chant dotées d’un phrasé d’exception ou breaks progressifs, l’entreprise musicale qui s’installe ne devrait pas laisser votre indifférence gagner du terrain.
Si, entre heavy mélodique et métal progressif, l’ardeur balance, l’honneur en revient tout particulièrement à la qualité des compositions. Bâtis sur des lignes mélodiques plus que séduisantes, A Matter Of Time et Revelations font hécatombe de lyrisme sans jamais tomber dans une facilité compromettante. Puissants, accrocheurs, n’usant de modération qu’à doses homéopathiques, ces titres sont également épaulés dans leur démarche par des instants plus progressifs, en seconde partie de l’album. Vérifié après écoute de quelques plages, peu de mises en dangers sur le long cours, mais une juste combinaison de ballade à sables émouvants, solos à fondre l’éther, qui sublime le charme électrique environnant. Parfaits exemples de cette démarche, The Black et Live As One, savent aussi se rendre sauvages à la moindre possibilité d’excursion.
Concept album, le fardeau de la vérité reprend pour thème ce qui est à la mode du moment, à savoir, remettre en question les écrits des textes religieux pour mettre en lumière d’autres perspectives que celles communément acquises. Plus axé ésotérisme que contestation, sans jamais inscrire son heavy en marge des règles de l’art, Circle II Circle s’aventure peut-être en terrain conquis d’avance, mais avec une telle aptitude à dominer son sujet qu’il serait malhonnête de ne pas lui réserver le bénéfice du doute.
Starchild 07/11/2006 avis:  |