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Supertramp - Breakfast in America - 1979


Genre : Pop/RockTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©A&M
1Gone Hollywood
2The Logical Song
3Goodbye Stranger
4Breakfast in America
5Oh Darling
6Take the Long Way Home
7Lord Is It Mine
8Just Another Nervous Wreck
9Casual Conversations
10Child of Vision





Avis de la rédaction :
Cyclo
Elric
Jerome
Kanart
Poney
Religionnaire
Starchild
Ulyssangus
Yedo
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Breakfast in America fait parti de ces albums au potentiel commercial tout simplement monstrueux. Il reste difficile, voire impossible, de passer à coté d'une seule de ces 10 chansons pour n'importe quel mélomane de la planète.

Il est probablement tout aussi difficile de détester cet album, même en étant muni de solides préjugés anti-commerciaux, car cette musique à l'universalité incontestable est si intelligemment conçue qu'elle en oublie toute platitude.

La solide paire de compositeurs Davies/Hodgson atteint ici l'extrémité la plus pop de sa carrière après un glissement de plusieurs années à partir d'une musique au départ très progressive. L'esprit progressif est en réalité toujours présent sur Breakfast in America, particulièrement à ses deux extrémités : sur le dissonant "Gone Hollywood" et sur l'épique et planant "Child of Vision" et ses 7 minutes dont chaque seconde est indispensable.

Au milieu de tout ça : une montagne de tubes, de hits, de superbes pop-songs, oscillant toutes autour de ses claviers au son si caractéristique qui rendent la musique de Supertramp immédiatement et systématiquement reconnaissable. Maniés avec inspiration et légèreté (sans jamais tomber dans la futilité), ces claviers apportent ce fameux swing typique et si envié ("The Logical Song"), mais aussi un sorte de groove phénoménal jamais égalé ("Goodbye Stranger").

Le polymorphisme vocal de la paire Davies/Hodgson est également étonnant. De magnifiques piaillements suraigus à la Bee Gees ("Gone Hollywood") laissent parfois la place à un chant plus grave façon crooner ("Goodbye Stranger", "Oh Darling") ou même à un chant plus agressif ("Just Another Nervous Wreck").

Breakfast in America ne souffre d'aucun point faible, chaque titre étant un point fort définitif à sa manière. Du rythme effréné de "Take a Long Way Home" au slow déchirant "Lord Is It Mine", en passant par le fanfaronnant "Breakfast in America" et son fameux "Take a look at my girlfriend, she's the only one I got", la séduction est inévitable et durable. Seul le mollasson "Casual Conversations" peut éventuellement barber à la longue...

Breakfast in America est donc un sommet du rock avec cette pop subtile et efficace. Et ce malgré ses 18 millions de copies vendues...

Religionnaire  22/01/2006    avis


1979 BREAKFAST IN AMERICA ..HISTOIRE PASSIONNELLE...

Malgré un Fool's Overture s’étant payé le luxe de jouer les prolongations progressives, Event In The Quietest Moments avait déjà donné le signal de la fin en s’ouvrant à un format définitivement plus pop. Aussi, lorsque le groupe décide de s’installer chez Rick Davies, à Los Angeles, pour travailler sur le nouvel album, les choses semblent déjà entendues. Terminées les trajectoires inattendues, les variations allant d’un climat à l’autre, car cette fois ci, si l’objectif de toujours est préservé : cumuler les mélodies, comme les savantes progressions d’accords, c’est sans complexe et sous les sunlights d’une pop plus élaborée que jamais que Supertramp installe son grand chapiteau du monde.

Si reproduire Manhattan à la manière d’un petit déjeuner n’offre pas plus d’intérêt que celui de faire un pied de nez à une Amérique trop imbue d’elle-même, c’est cependant au travers du cynisme de chansons toutes plus matures les unes que les autres que ce disque concentre l’essence de son succès. Autrefois réservée à un public plutôt averti, cette fois-ci la musique prend une tournure nettement plus radiophonique. Ainsi, tiraillée entre questions existentielles et concept album pour mieux se démarquer des produits stéréotypés, Breakfast In America est un importun qui pose sa loupe grossissante sur une Amérique en mal de réel.

En matière musicale, comme dans d’autres disciplines, ce sont souvent les oppositions d’egos qui font que tel ou tel album devient classique parmi les classiques. Breakfast In America en est l’un des exemples les plus flagrants. Car, au-delà de cette couleur jazzy pop, de ce miracle d’équilibre entre mélodie, maîtrise du rythme et arrangements, c’est avant tout grâce à l’association de deux musiciens passionnés que ce disque se moque, aujourd’hui encore, de tous les effets de modes. Moins aventurier que ses prédécesseurs, ce petit déjeuner plein d’idées, équilibré en tubes plus essentiels les uns que les autres, est en fait le résultat de l’antagonisme existant entre Roger Hogdson et Richard Davies.

Dans la réalité, derrière le terme antagonisme se cache parfois la notion d’affinité. En conséquence, et bien que leurs intérêts divergent de plus en plus, les deux musiciens vont conjuguer leurs talents pour faire de ce disque aux allures maniérées, une superbe peinture en trompe l’œil. Des deux, Roger est le plus pop, le plus passionné. Celui qui offrira à l’oreille du monde The Logical Song, Breakfast In America, ainsi que Take The Long Way Home, dont l’harmonica mélancolique réussit toujours autant à balayer les doutes des plus sceptiques. Que dire alors de Rick, si ce n’est qu’il est en quelque sorte le métronome rock, jazz et blues de cet album.

Avec à son crédit, Goodbye Stranger, un seul des quatre grands moments de cet enregistrement, c’est notamment ailleurs que l’on aura de cesse de tresser des lauriers à Davies. Plus particulièrement, lorsqu’au travers de certains titres à l’efficacité plus subtile, celui-ci se laisse aller à quelques effusions musicales que n’aurait pas renié Crimes Of The Century, autre saut dans l’émotionnel. Idéalement propulsé au rayon culte par la grâce d’un quatuor d’exception, il serait pourtant injuste de croire que les autres compositions de cette aventure ne sont présentes qu’à titre de figuration. Peut-être moins dans la lumière, mais toutes aussi évidentes par leurs âmes, c'est ainsi que face à l'évidence on remarquera que Lord Is It Mine ou l'aérienne Child of Vision n’ont strictement rien à envier à leurs consoeurs en matière d’effets secondaires.

StarChild  05/05/2008    avis



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