Dans la vie, on fait parfois des rencontres qu’on aurait plutôt souhaité ne pas faire, le groupe américain Bludgeon en est le parfait exemple pour moi. C’était pourtant bien ma propre initiative de chroniquer le troisième album de ce combo qui m’était encore totalement inconnu il y a quelques jours, car sur papier Bludgeon joue un ‘death/thrash dévastateur’, sur papier...
Le chroniqueur que je suis aurais pourtant dû se méfier, un groupe pratiquant un style aussi extrême chez Magic Circle Music (le label de Joey DeMaio de Manowar) c’est louche, mais le Burial toujours aussi naïf (si si, il faut se l’avouer) étais prêt à recevoir sa source de brutalité quotidienne qui le maintient en vie, cruelle erreur...
En voyant la pochette, mes espérances commençaient déjà à doucement s’effriter, non pas à cause du manque déplorable de viscères et d’insanités en tout genre mais plutôt du fait qu’il s’agisse d’une pochette typique des albums de gros méchant HxC que j’abhorre. Je n’ai rien contre les hommes-papillons mais c’est le genre d’artwork tout à fait représentatif de ceux qui ne me donne pas envie d’aller explorer la musique du groupe. Et en effet, la jaquette n’est pas un leurre, le mauvais goût est visuel mais également musical. Il ne s’agit peut être pas d’une musique 100% hardcore, mais l’influence du style est bien là, un thrash/death fortement teinté de HxC (très fortement même), voilà la seule chose que l’on retiendra de la musique de Bludgeon.
Car oui, ce World Controlled aurait pu s’avérer être un habile mélange alternant des passages death metal rapides et d’autres hardcore plus rythmés, mais non ! Il n’en est rien ! Ce disque est tout simplement une des choses les plus plates et les plus soporifiques qu’il m’ait été donné d’écouter jusqu’à aujourd’hui. Il faut bien avouer que dans la ‘catégorie ennui et monotonie’ on tient ici une petite perle. Pourtant je l’ai fais tourner en boucle cet album, à la recherche du moindre grain de relief, d’once de folie ou d’efficacité mais à chaque fois je finissais le disque bredouille et désespéré, se retrouvant face à un vide intersidérale. Chaque note, chaque riff, chaque solo sentent le réchauffé, même si de temps en temps on a le droit à un plan plutôt intéressant, il est aussitôt gâché par le chant hurlé du chanteur/guitariste. Que les vocaux soient très linéaires n’est pas une chose qui me dérange en soi mais quand en plus ils sont irritants alors là plus rien ne passe.
Inutile de s’étendre davantage, ce World Controlled est d’une platitude hors du commun, rien de plus. C’est fortement dommage car la production signée Joey DeMaio devait normalement assurer une musique de qualité, ce qui n’est malheureusement pas le cas. A oublier au plus vite.
Burial 25/06/2006 avis:  |