Au commencement était le rythme. En terme de collaboration choisie, Björk a toujours su s’y prendre en sélectionnant, en faisant côtoyer, ce qui a priori ne s’assemble pas, sans tomber dans le piège du melting-pot infâme. Ayant découvert les musiques électroniques au début des années 1990, la jeune Björk qui a déjà biberonné aux musiques les plus diverses, plonge alors corps et âmes dans cette révolution musicale. Promotrice d’une musique dansante intelligente, l’artiste n’oublie cependant jamais la liberté et la volonté d’expérimentation que lui ont inculquées les musiques d’improvisations. Originaire d’une contrée longtemps hermétique aux influences étrangères, cette jeune assoiffée n’a eu cesse d’assouvir ses envies de découverte tout au long de sa carrière. Une carrière parsemée d’œuvres trans-genres et transfrontalières.
Volta, nouvel opus de la diva, ne déroge pas à cette règle et fait télescoper à merveille les influences les plus variées avec toujours un sens prononcé du rythme. Essence même de l’album, le rythme se voit conjuguer aux saveurs métissées et cosmopolites venues d’ailleurs, l’artiste conviant l’art primitif des percussions et les beats modernes des machines au sein d’une danse hypnotique qui ne semble vouloir s’arrêter. Ponctué de cornes de brumes, cet ultime appel au voyage aborde de nouveaux rivages musicaux qui voient se côtoyer le faiseur de tubes, pro des manettes et de la console, Timbaland et la virtuose du luth chinois Min Xiao-fen ; le vieil ami, créateur du son «björkien» Mark Bell et le kora du Malien Toumani Diabaté ; le collectif congolais Konono n° 1 et une section de cuivre islandaise.
Tournant partiellement le dos aux précédents essais, ce nouvel hybride se veut moins éthéré, moins cérébral et expérimental que ces derniers. Ponctué de cornes de brumes, cet ultime appel au voyage aborde de nouveaux rivages musicaux concernés par le rythme, les orchestrations et les mélodies. Entre houle world et ressacs electro, la musique accoste les côtes mouvementées du dancefloor avec «Earth Intruders» ou «Innocence», qui respirent la spontanéité des débuts ; longe seulement, avec «Declare Independance», des sonorités plus industrielles et fait escale sur des quais plus mystiques en compagnie d’Anthony Hegarty sur «The Dull Flame of Desire». L’ode «My Juvenile» et le reposant «I See Who You Are» font figure d’haltes zen, l’un accueillant une nouvelle fois le crooner androgyne, l’autre bercé par le pipa agile de la chinoise.
Déclaration d’indépendance de la part d’une artiste libre, Volta renoue avec le métissage des débuts et célèbre au sein d’une transe rythmique, l’instinct et le mouvement sous toutes ses formes. Parangon de la diversité, Björk signe avec cet album une œuvre généreuse qui partage passions et émotions avec son public.
Deadkal 11/09/2007 avis:  |