1977 LET THERE BE ROCK ... BAD BOYS BOOGIE ...
De mémoire, je ne connais que très peu de disques ayant autant brûlé de platines que celui-ci.
Sorti en 1977, la même année que le premier Star Wars de George Lucas, Let There be Rock est au hard rock ce que la Guerre des Etoiles fut au cinéma : un tremplin pour la production d’une saga qui allait enflammer le monde entier. Enregistré aux Albert Studios de Sydney sur une période de deux mois, cet album furieusement survolté ne souffle la comparaison avec aucun autre. Electriquement transmissible, le rock d’AC/DC prend ici une dimension épileptique qu’on ne lui connaissait pas. Le travail de production de Vanda et Young est sans faille. C’est carré, rentre-dedans et à l’évidence il n’a pas été question, une seconde, de prendre en compte d’éventuels dommages collatéraux. Une certitude, hormis des compositions irrésistibles, le son est véritablement l’arme fatale de cet album.
Let There Be Rock ne caresse pas dans le sens du poil. Il le hérisse et c’est là toute la différence avec ses prédécesseurs. En général, tous ceux qui l’ont entendu au moins une fois en redemande. Vacciné boogie wonder blues dès les premiers accords, l’électricité ne retombe que rarement sur le pressage européen, alors que sur la version australienne le splendide Crabsody In Blue, au titre évocateur, vient mettre un peu de crème là où ça fait mal. Sans ce prendre au sérieux, les paroles en attestent, le rock délivré ici ne boude ni son plaisir, ni le nôtre. On est entre copains, entre frères de beuveries et d’éclates en tous genres. Avec cette rythmique qui exorcise toute velléité de retraite, cette voix unique qui scande One Night In A Club Called The Shakin Hand, on entre de plein pied dans la légende.
Nul besoin de détailler cet album capital. Laissez le vous séduire par ses mauvaises manières, sa gouaille inimitable et ses parties de guitares à dérapages non contrôlés. D’ici quelques années, c’est un AC/DC plus policé que le monde découvrira au travers d’un hard rock beaucoup plus présentable. Alors, en attendant que les repères des uns se brouillent et que les autres ni voient que du feu, vibrez authentique, vibrez Let There Be Rock. Parcouru de riffs haute densité, ce disque tout en distorsion est un épisode unique dont les effets spéciaux martèlent encore l’histoire du rock.
Starchild 28/01/2006 avis:  |