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Rage Against The Machine - The Battle of Los Angeles - 1999


Genre : Funk MetalTraductions et paroles :     Sur la Coccinelle Du Net

©Epic
1Testify
2Guerrilla Radio
3Calm Like A Bomb
4Mic Check
5Sleep Now In The Fire
6Born Of A Broken Man
7Born As Ghost
8Maria
9Voice Of The Voiceless
10New Millenium Homes
11Ashes In The Fall
12War Within A Breath







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THE BATTLE OF LOS ANGELES, OU LA RUPTURE CONSOMMEE

Après le triomphe de Evil Empire, Rage Against The Machine se commet aux côtés de U2 lors de leur tournée américaine. Pour se laver de ce péché, le groupe donne une nouvelle série de concerts avec Wu-Tang Clan puis The Roots. Plusieurs municipalités tentent, sans succès, d’empêcher la venue du quatuor, arguant d’une « philosophie violente et anti-légale ». Durant cette interminable tournée, la maison de disques Epic ne résiste pas à l’envie de publier un recueil de faces B, Live & Rare, disque qui ne paraît finalement qu’au Japon. Il faut attendre 1999 pour entendre à nouveau parler du groupe. Wake Up, titre légendaire s’il en est, fait une apparition remarquée dans la bande originale de Matrix. C’est en mars de la même année que paraît le troisième album de Rage Against The Machine, The Battle Of Los Angeles. Le disque connaît la même destinée que son prédécesseur, débutant au sommet des classements, avec plus de quatre cent mille exemplaires vendus la première semaine. Rares sont ceux qui se doutent alors que le groupe vit ses dernières heures. Les tensions entre Zack de la Rocha et les trois instrumentistes ont pris une tournure radicale depuis quelques temps, mettant à mal l’union auparavant indestructible du groupe. Le groupe reprend néanmoins les concerts durant toute l’année 2000.

Après le désastre artistique d’Evil Empire, il est normal de s’attendre au pire avec ce nouveau disque. L’appréhension, bien légitime, qui s’empare de l’auditeur avant l’écoute de The Battle Of Los Angeles, se mue ensuite en une surprise assez agréable. Le pouvoir accrocheur des premiers titres est en effet indéniable : Testify et Guerrilla Radio, même si assez peu originaux dans leur structure et leur composition, sont des titres tout à fait honorable. Malheureusement, le groupe retombe rapidement dans ses travers, avec d’innombrables éruptions bruitistes commises par un Tom Morello au sommet de sa verve. Le constat, toutefois, n’est pas aussi amer que celui de l’album précédent. Le groupe en effet semble s’être recentré sur les riffs et les rythmiques, ce qui donne des titres souvent entraînants, à défaut d’être mémorables. Le rugissant Sleep Now In The Fire prouve que le quatuor n’a pas perdu toutes ses capacités. Sans être brillant, ce titre est sufisamment bon pour que l’on s’en souvienne durablement, grâce à un riff simpliste mais inspiré et un refrain savoureux. Ces satisfactions restent toutefois rares, tant l’album est encombré par des titres ennuyeux au possible, voire exaspérants. On peut citer parmi ceux-ci l’insupportable Mic Check ou l’irritant Calm Like A Bomb, écrasé par les démonstrations de force de Morello malgré un excellent riff de basse.

A la fois décevant et satisfaisant, désordonné et compact, mélodieux et bruyant, The Battle Of Los Angeles est un album paradoxal. Il représente un progrès certain par rapport à Evil Empire, mais n’arrive pas à la cheville de l’album éponyme. Ce caractère fragmenté en fait une œuvre difficile à assimiler. La multiplicité des riffs, submergés de vagues forcenées d’effets en tous genres, rendrait l’album presque pénible. L’enthousiasme soulevé par les quelques excellents titres retombe à chaque fois, augmentant la frustration de l’auditeur. Frustration qui se perpétue encore, car le disque est le dernier enregistré par Rage Against The Machine. Il faut croire que ce groupe n’avait pas les épaules assez larges pour faire face à la tâche immense qui l’attendait : révolutionner la musique populaire anglo-saxonne. Avec le recul, il faut se rendre à l’évidence : seul le premier album peut être sauvé dans l’ensemble de la discographie du groupe. Tout le reste n’est que futilité, déception, amertume. Après la sortie de l’œuvre, les luttes de pouvoir finissent par se concrétiser. Zack de la Rocha quitte Rage Against the Machine en octobre 2000, ulcéré par la stérilité de cette collaboration trop longtemps étirée. Les membres restants s’engagent dans une histoire totalement différente, encore plus haute en couleurs et risible, celle d’Audioslave.

Ulyssangus  20/01/2009    avis



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