Avenged Sevenfold est un groupe troublant. “Almost Easy” diffusé sur les ondes hertziennes annonçait une couleur trompeuse avec un retour au chant “screamo”, Matt Shadows se dandinant dans les flammes avec ce look très “Chester Benington” sur des riffs heavy et un refrain putassier. A7X a ceci de choquant que son talent ne cadre pas vraiment avec son image médiatique raccoleuse. Ce dernier album éponyme ne viendra pas me contredire.
City of Evil laissait déjà transparaître un enthousiasme (arrogance ?) débordant, défiant les légendes du heavy-metal sur leur propre terrain. De toute évidence un projet aussi ambitieux ne pouvait que manquer sa cible, mais le disque était bon, ce qui est déja beaucoup. Le nouveau cru n'abandonne pas la lutte pour autant car nos californiens avouent dorénavant un goût immodéré pour la grandiloquance.
Il faut l'avouer, ce “Almost Easy” ne casse pas trois pattes à un canard. Plus représentatif, “Afterlife” ne coupe pas les cheveux en quatre, une petite mise en bouche au violon et c'est la débandade: rafales de leads à la Iron Maiden, couplets bien musclés façon Metallica et un refrain tout mignon qui n'aurait pas dépareillé sur la bande originale de Smallville. Toutes ces influences sont digérées à la façon d'un melting pot ingénieux d'où s'exprime à coups de breaks improbables toute l'originalité de la bande.
Si ce n'était que ça, hélas ce n'est qu'un début. Gunslinger, ballade poignante adressée aux G.I's en Irak, laisse monter la sauce avec un petit rock sudiste pour ensuite envoyer un riff typé Audioslave dans les dents. Ouch ! Et cette voix bourrée de feeling... Car Matt Shadows, s'il est loin d'être une référence en matière de chant, à le mérite d'expérimenter dans tous les sens. Son chant agressif mélodique est très bien senti et fait des miracles sur “Brompton Cocktail”, très belle pièce de metal-core orchestral et lascif.
L'élément symphonique est maintenant plus présent et s'exprime dans toute sa démesure sur “Little Piece of Heaven”, grande partouze progressive entre Goran Bregovitch, Queen et Guns n' Roses. Toujours avec cette satanée manie, les A7X arrivent à mettre leur patte sur la plupart des styles qu'ils abordent, de Malmsteem (“Unbound”) à Eiffel 65 (“Lost”), si bien qu'il en sort un résultat dément, haut en couleur et foncièrement jouissif.
On regrettera vaguement le morceau de clôture tout à fait dispensable (une habitude il me semble), un chant féminin surprenant mais anecdotique et des solis un peu trop exubérants. Au-delà, il s'agit tout simplement du meilleur album du groupe.
Melmoth 20/12/2007 avis:  |