Destination Rock
Accueil
Tribune
Around The Rock
Albums
Concerts
Bios
Photos
Nvx Talents
Livres
Vidéos
Forum
Liens
Livre d'or
Team
Foire Aux Questions      Nous contacter
Rechercher sur le site :

Choisissez votre version de mise en page :
    


The Kinks - Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire) - 1969


Genre : Opéra Rock
../images/arthurvictoria.jpg
©Pye
1Victoria
2Yes Sir, No Sir
3Some Mother's Son
4Drivin'
5Brainwashed
6Australia
7Shangri-la
8Mr. Churchill Says
9She Bought A Hat Like Princess Marina
10Young And Innocent Days
11Nothing To Say
12Arthur







Avis de la rédaction :
StarChild
Les internautes ont la parole! : Laisser un message Voir les messages (0)

1969 ARTHUR (or the Decline and Fall of the British Empire) …OPERA POP…

Arthur est un drôle de roi. Un de ces rois du quotidien qui s’est construit une vie sans commune mesure avec ses aspirations premières et qui, pour ne pas perdre la face, se cramponne à tout ce que la société lui a fait faire comme concessions. Nostalgique du bon vieux temps, croyant en toute bonne foi que c’était mieux avant, Arthur est un looser magnifique. Un de ces hommes que la bonne société anglaise a conditionné à se satisfaire de son sort, tout en se conformant à un idéal sans saveur. Pas vraiment un minable, mais plutôt un introverti satisfait de sa petite place en banlieue, de sa parcelle de jardin, comme de son poste de télévision acheté à crédit, Arthur est l’exemple parfait du bon petit soldat de sa majesté à qui on aurait retiré le goût vivre. Regrettant ce passé qui l’a façonné, qu’il aimerait bien donner en héritage à son fils, celui qui espéra un jour rejoindre les rangs de la gentry n’est plus à une contradiction près et devient, dès lors, le sujet idéal que les Kinks vont exploiter pour nous faire l’autopsie d’une certaine fatalité.

Si pour Ray Davies, la vraie Angleterre n’est pas celle des icônes du présent, et encore moins celles proposées par la concurrence du moment, c’est une nouvelle fois, en jouant la carte de la provocation subtile que celui-ci va nous entraîner dans un voyage où la mémoire n’a retenu que ce qu’elle a bien voulu croire. Initialement écrit pour jouer les bandes sons d’un show historique et télévisuel de la BBC, Arthur est avant tout un concept album qui, tout en nous confirmant l’attachement d’un artiste à son pays, comme à certaines valeurs, n’en oublie pas de jouer l’avocat du diable, surtout lorsqu’il s’agit de piquer au vif une certaine vision idéalisée de la société britannique. Ainsi, prenant appui sur l’âge d’or de l’époque victorienne pour mieux nous sensibiliser sur les vieux réflexes et le formalisme d’une collectivité qui se trouve si belle en son miroir, les Kinks se proposent de nous immerger dans une fable pleine de nostalgie, au travers de laquelle la plume caustique et poétique de Ray revisite le mythe.

Tandis qu’en quelques textes à multiples facettes, Arthur confirme le pur talent de mélodiste de Davies et dissèque, tel le naturaliste, ses contemporains à grands coups de pop song aux refrains imparables, on aurait tort de ne pas souligner l’importance de Dave, l’autre Davies, sur le plan musical. Car si Victoria et la fascinante Shangri-La restent, aujourd’hui encore, considérées en tant que pièces maîtresses d’une œuvre inspirée, c’est sans compter sur la guitare aux arpèges délicats, comme aux saillies définitives, d’un frère sans doute moins dans la lumière, mais tellement essentiel. Beaucoup plus dissipé que ne l’était leur précédente satire, ce disque aime également se jouer des frontières naturelles entre les genres. Par conséquent, alors que pour d’autres la collision ne pourrait être que frontale, chez les Kinks la rencontre entre le rock cuivré de Nothing To Say et le saut de l’ange de Some Mother's Son devient une évidence.

Toutefois, il semble que le sort s’acharne sur les Kinks. Car si d’un côté, le succès critique est au rendez-vous, de l’autre, l’album ne recueillera qu’un succès d’estime auprès du public. Pourtant, si l’on fait rapidement la synthèse de ce disque, tout est là. Avec tout d’abord, cette incroyable facilité d’écriture, comparable en tous points à la sensibilité d’un Mc Cartney ou d’un Brian Wilson. Ensuite, parce que l’un n’aurait pu exister sans l’autre, il y a cet original univers baroque’n’ pop, dans lequel se lovent quelques instants de grâce qui font les albums dont on se souvient. Aussi surprenante roulette russe que puisse être la vie, alors que d’autre font dans l’emphase en jouant au flipper ou traversent nu-pied un passage piétons sous les vivas d’une génération médusée, les Kinks confirment leur statut d’artistes maudits.

Starchild  04/06/2008    avis



© Tous Droits Réservés - http://www.destination-rock.com ® 2008
Radios partenaires : http://www.lagrosseradio.com/ Click N Rock     Nb de visites : rencontres     Compteur :