2007 ANTARES …MUTANT…
Comme cet ange égaré a qui l’on aurait fait croire qu’en se rapprochant de Dieu toute foi ne serait pas perdue, Antares est un lieu unique dans lequel chaque parcelle d’espoir se confronte à la violence. A l’image de la supernova à laquelle il emprunte son titre, parcouru d’une matière à la fois pleine de promesses et d’inconnu, plus qu’un nouvel album, Sybreed nous propose un voyage dans le futur. Plus précisément, une expédition au cœur d’un cyber métal froid, prophétique, dans lequel le mélange réussi de mondes qui se pensaient étrangers propulsent le groupe sur le devant de la scène, voire dans le quintet des disques de l’année. Modernité, agressivité et incroyable maîtrise des éléments : en quelques mots, si ces premiers qualificatifs peuvent donner immédiatement envie d’en savoir plus. Affirmer le caractère essentiel de la musique de Sybreed passe naturellement par une auscultation plus précise des forces en présence.
Bien que seule une écoute approfondie puisse révéler toutes les facettes de ce disque, quelques éclairages peuvent aider à en donner la température, comme les effets sur l’atmosphère. Tout d’abord, on notera l’étonnant équilibre entre puissance métallique, samples industriels et émotion parcourant cet album. Ensuite, l’indicible pression exercée sur l’auditeur. Ce genre de pression comparable à une étreinte dont on peine à se soustraire, un peu comme après une apnée prolongée en milieu hostile. Enfin, cette maîtrise totale des jeux de l’extrême, de l’espace, comme du temps, sur laquelle viennent se briser tous les principes fondamentaux que l’on croyait acquis. Métal au service du cyber ou l’inverse, quelle que soit la logique adoptée pour le mixage de chaque titre, l’inspiration reste, avant tout, le principal moteur d’une œuvre décalée et, en définitif, extraordinairement plus colorée qu’elle ne le laisse entendre au premier contact.
Peinture futuriste de ce que sera la musique de demain, Antares est une conjugaison, la synthèse de plusieurs mondes sonores. Composées de textures complexes, mais rapidement assimilables par l’organisme, les diverses sources d’énergie regroupées autour du seul nom de Sybreed ont ce petit quelque chose de différent, d’essentiel, d’universel qui annonce d’ores et déjà la place de dominant que le groupe occupera d’ici peu. Habité, également, de quelques émanations dark propices à alimenter la détresse, affichant sans complexe, pourquoi y en aurait-il, des influences jouant le grand écart entre Fear Factory, Meshuggah et autre Devin Townsend, les suisses placent délibérément la barre au plus haut d’un genre en pleine évolution.
Starchild 18/11/2007 avis:  |