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Hellixxir - War Within - 2007


Genre : Thrash

©Brennus
1Childhood’s Trouble
2Mr Hyde
3Of Rage & Violence
4Introspection
5Tears of the Christ
6Ad Infernum
7Hellhound
8Circle of Infinity
9Corpus Morbidum
10Reincarnation
11Adeù







Avis de la rédaction :
Iro22
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Les groupes de Metal sont légion en France et il n’est pas rare que ces derniers soient pétris de talent. En effet, je me suis déjà pris d’affection pour bon nombre de combos originaires de notre beau pays et seul le manque de médiatisation empêche leur talent d’être exposé au plus grand nombre. Fiinky Pie, KOB, Tucker ou Downright Malice, sans oublier Airsonik et les super Stoner d’Alcohsonic sont autant de formations qu’il faut découvrir pour réaliser à quel point en France aussi on a des groupes qui en ont. Et bien à cette liste, loin d’être exhaustive, se rajoute Hellixxir, la potion miracle fabriquée en Isère, non loin de Grenoble.
Le Druide s’appelle Matthieu et, en 2001 commence la préparation mystérieuse de ce breuvage musical qui ferait revenir de l’enfer le plus abjecte des damnés. Le guitariste commence à faire mariner dans sa marmite quelques musiciens (Ptitju/chant, Sylvain/basse, Dams/Batterie et Jean-Marc/guitare), y rajoute un bon litre de Mélodie, une surdose de Thrash (laisser mariner quelque uns des premiers albums de Metallica et de Megadeth puis porter à ébullition, cela donne ce petit relent de Thrash complexe du plus bel effet) et quelques soupçons d’influences diverses (Heavy/Death) pour un élixir lourd et puissant mais dissimulant un arrière goût mélodique qui émerveille le palais. « The Cypress Forest », la première mouture de l’Hellixxir sort en 2003 et sa petite saveur d’enfer permettra aux 400 fioles de se vendre aux alentours de Grenoble et partout ailleurs. Après avoir participé la même année à deux compilations, Matthieu et Ptitju tentent une nouvelle recette en y incorporant de nouveaux musiciens : Camille (basse), Romain (batterie) et Alex (guitare) viennent cimenter le Line Up et le groupe peut maintenant s’atteler à créer la potion miracle, celle qui, racée et intelligente, saura conquérir les étales de France et peut être de plus loin. BRENNUS ne sera pas dupe et « War Within » voit le jour en ce début 2007 via le célèbre label français.

Le moins que l’ont puisse dire c’est que la galette en a dans le bide et les 11 titres qu’elle renferme forment une sorte de concept album, chaque titre étant relié par un thème, celui d’un comportement humain malade : Hellixxir dépeint là le coté sombre de chacun, capable du pire et devant, jour après jour, lutter contre soi même, victime de ses propres démons, comme parasité de l’intérieur : War Within est la transcription musicale de cette lutte et l’intro Childhood’s Trouble, ouvrant le disque par des scintillements de clochette plante le décors : Fin de l’enfance et début des troubles. Chaque titre suit le cheminement d’un être malade. Mr Hyde (dont le son et la voix font penser au Metallica de Kill’em All) parle de la transformation à l’adolescence, des violences et des attirances souvent prégnantes à cet age à travers le parcours de ce Mr Hyde inspiré par une histoire de viol qui avait défrayé la chronique dans le nord de la France (viol de mineures par trois ados de 13 ans dont un cours toujours.) Sur un fond de Thrash à tiroir, tantôt rythmiquement effréné, tantôt brillant par ses changement d’humeur, la musique d’Hellixxir en ce début d’album épouse parfaitement le propos, ne laissant que peu de répit à l’interlocuteur, témoin privilégié de la mutation de l’être en un monstre de haine sur Of Rage And Violence. Annoncé par une intro Basse/Batterie, ce titre est dans le plus pur Style de la Bay Arena des 80’S. On pense à Megadeth dans la construction du morceau et le résultat en jette.

Introspection amorce un virage musical collant avec le replis sur soi. Plus lent, plus gras, (proche de ce que peut proposer Down par exemple) ce titre sent la souffrance. Introspection, Life Illusion; Introspection, Demolition; Introspection, No Redemption; Introspection, No Solution. Le ton est donné, le message s’assombrit. S’en suit la ballade Tear of the Christ, mélancolique, dont les paroles servent aux mieux les quelques accords de guitare sèche accompagnant la complainte de Ptitju avant de déboucher sur l’une des plus belle pièce de l’album : Hellhound (précédé par son introduction musicale, nommée Ad Infernum). Ce titre est un aller simple pour l’enfer et le pessimisme des lyrics ne fait que s’accentuer. Musicalement digne des plus grands morceaux de Metallica, tout en changements de rythmes, les instruments dialoguent sur la même ligne mélodique pour laisser exploser le tout après deux bonnes minutes d’intro. Les nuances du chant sont nombreuses tout au long des titres de ce War Within (accentuant par là l’esprit torturé et habité conté par l’histoire, comme si le sujet avait des personnalités multiples…) et les vocaux de ce Hellhound sont tout simplement formidables. Long de plus de 7 minutes de pure Thrash mélodique (serti d’un sacré solo), Hellhound s’impose comme l’un des titres (avec Mr Hyde) qui peut être sorti du contexte conceptuel de l’album pour faire figure de Single (L’intro Ad Infernum aurait elle été pensée en ce sens ?!).

Circle Of Infinity amorce le troisième acte de l’album : celui du combat intérieur. L’esprit tente de rejeter le démon et se questionne. Serait-il trop tard ? Corpus Morbidum ne laisse que peu d’espoirs, cette acoustique (chantée en latin) semble sonner le glas de toute l’humanité, mais Reincarnation pose les bonnes questions, considérant que la mort est une ouverture vers une autre vie et le virus de l’insanité - qui semble avoir eu raison de ce corps - renaît des cendres de celui qu’il a annihilé. La contamination n’est pas prête de s’endiguer. Musicalement le titre nous emmène sur les berges d’un Power burné, plus éloigné du Thrash des débuts, teintant ce dernier acte d’une saveur nouvelle et bienvenue.
C’est de nouveau une instrumentale, nommée Adeu qui clôture l’album. La boucle est bouclée, le mal a fait une victime de plus et Hellixxir nous laisse sur cette phrase : « The Evil pathology’s coming back again… »

Un voyage musical dans les abysses de l’esprit humain, un disque sombrement intelligent et organique. Des paroles d’une dureté qui ne trouve sens que dans leur signification, servies par une musique riche et mélodique : Hellixxir, un groupe qui a tout compris. A mettre entre toutes les mains !

Iro22  30/03/2007    avis



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