" Towersound, Towersound...
Un nom qui résonne dans ma petite tête de métalhead comme le cri de l'Espoir, l'annonce d'un futur glorieux pour la scène Métal française et pour ce groupe qui puise sa force et son inspiration, à la croisée des époques, entre moyen-âge, époque chevaleresque et notre XXème siècle où le temps passe si vite.
Chevaliers des temps modernes, Jon, Lonn et Flod le sont sans aucun doute, fer de lance d'un renouvellement musical tant attendu. Ces trois frères, unis par le sang et la musique dans un projet commun, respectivement chanteur et compositeur (Jon), guitariste et vocaliste (Lonn) et batteur pour le dernier, Flod, nous offrent ici leur Graal, cet album tant attendu, dont l'arrivée fut préparée il y a deux ans par une première démo, porteur de leurs rêves de reconnaissance, au titre éponyme "Towersound".
Premier "vrai" album donc, mais déja très prometteur , ne serait-ce que par sa durée: douze titres, dépassant tous les quatre minutes, exception faite de l'intro, dont une pièce épique de douze minutes, pour un album de soixante-cinq minutes, c'est déjà sérieux.
Au fil des morceaux, on passe de la puissance à l'émotion, de la balade à la course, de la fragile légèreté d'une guitare acoustique à l'esprit médiéval dans l'intro aux puissants et impitoyables riffs de morceaux tels "Hell's on the Speedway".
Cet album se démarque par plusieurs points: D'abord, l'inspiration. Les morceaux se suivent et s'enchainent mais ne se ressemblent pas, tout en conservant une certaine unité. Ici, un titre sent bon le hard rock 80s', alors que à côté un autre est dans une veine bien plus power métal, et qu'entre les deux s'encastre une balade légère au piano et cordes. Autre particularité, la qualité de la production. Elle peut penser (j'aurai dit paraître au lieu de penser...) tout d'abord simpliste, mais quand on apprend qu'il s'agit d'une auto-prod, on est en droit d'être bluffé. Le tout est globalement très propre, clair et homogène, les instruments correctements mixés et les parties instrumentales rajoutées peuvent aisément nous faire croire qu'un orchestre à cordes est présent dans le studio. L'artwork lui même est tout à fait honorable, avec un carnet de seize pages proposant les paroles de tout les morceaux plus quelques mots des artistes. Enfin, les musiciens eux-même, qu'il s'agisse de Flod qui maltraite ses fûts comme un forcené, entrainant les compositions du groupe, de Jon et sa voix si particulière ou de Lonn qui, bien qu'autodidacte, nous offre des soli de grande qualité aussi bien que des passages acoustiques légers...
Bref, vous l'aurez compris, ils méritent que vous tentiez l'aventure Towersound. Bien sur, ce n'est pas parfait. La basse (pas de bassiste, il s'agit d'un effet) est souvent sous mixée, la voix de Jon gagnerait sûrement à varier les tessitures (je ne doute pas un instant qu'il en ait le potentiel) et le chant en anglais peut attrister les auditeurs, tant on aimerait plus de groupes chantant dans la langue de Molière (enfin, on peut espérer peut-être un morceau au moins en français sur le prochain album, pourquoi pas...). Enfin, j'attend de les voir en live pour juger, mais j'ai peur que leurs morceaux ne soient pas retranscrits avec toute leur maestria, étant donnée la quantité d'effets.
Mais ils ne demandent pas mieux que de s'améliorer, et il est d'ailleurs facile de les rencontrer sur leur site internet, en allant sur le forum sur lequel ils passent de temps en temps. On attend donc avec impatience leur second album, déjà en préparation, pour voir si la qualitée sera, encore, au rendez-vous...Ce dont je ne doute pas, tant ces garçons m'ont touché par leur musique et leur courage de s'être lancés dans une telle aventure...
Torquemada 21/08/2005 avis:  |
Towersound… Ce sympathique combo bien de chez nous m’avait contacté il y a plusieurs mois me proposant de chroniquer leur premier album mais ma situation (à l’étranger) ne me le permettant pas j’avais relégué la tache à mon fidèle bras droit Torquemada. Mais aussitôt e retour en France je ne pût m’empêcher de récupérer l’album du ‘son de la tour’ afin d’y jeter une oreille (ou même deux, c’est toujours mieux), voire de le chroniquer.
Force est de constater que j’ai eu bien raison. La première offrande de Towersound (et espérons le, pas le dernière), si elle est bien entendu perfectible, laisse miroiter un futur intéressant. Il faut dire que les trois frères ont l’air bien ambitieux : livret fait maison travaillé, remerciements et infos en anglais… Tout comme la langue utilisée dans les textes déclamés avec cet inimitable accent français qui fera sourire les anglophones. Merde, il y a même un pièce épique de douze minutes (« Final March, Last War ») et, il faut le dire, pour un groupe aussi petit, les orchestrations/chœurs ont été bien menés. Sur le plan des paroles ont ne vole jamais trop haut mais on a là aussi à faire à un boulot sérieux, et puis j’aime que les groupes écrivent des paroles que je peux comprendre sans me faire chier, j’ai beau être un littéraire, les pseudo-Baudelaire ça me gonfle. Pour couvrir le tout Lonn est un guitariste doué mais qui sait ce que c’est de rester sobre et son jeu est très agréable.
Mais il est temps de passer aux défauts, car défauts il y a. On ne s’attardera pas sur la faiblesse des basses, celle ci étant artificielle, le groupe n’ayant pas de bassiste (bien que je crois que Towersound vient d’en recruter un). Il est aussi décevant que Jon ne varie pas ses harmonies vocales. J’aime beaucoup son chant qui fleure bon testostérone (ça fait du bien vu le nombre de groupes du genre qui préfèrent le chant de castrats) mais les harmonies ne varient pas beaucoup de chansons en chansons, en voilà un qui gagnerait à écouter Uriah Heep ou King Diamond… Je trouve aussi l’album un poil long, ils auraient pu garder quelques titres pour le second album afin de les retravailler, surtout que Towersound est un album difficile a écouter d’un bloc et qu’une certaine redondance se fait parfois sentir, pour ma part, je préfère écouter les chansons séparément.
Bon, je ne vais pas non plus cracher dans la soupe, c’est un album solide et un début plein de promesses pour l’avenir.
Un groupe à suivre de près.
Requiem 11/10/2005 avis:  |