Il y avait chez Louise Attaque ce côté folk, ce petit quelque chose qui faisait que le groupe se démarquait de la masse et qui justifiait certainement l’énorme succès auquel eut droit le premier album éponyme. A la sortie de leur seconde galette, le groupe, dépassé par l’engouement impressionnant du public, usé par la pression et en panne d'inspiration décide alors de faire une pause, de se séparer momentanément. Né donc ainsi Tarmac, rassemblant Gaëtan Roussel et Arnaud Samuel, respectivement chanteur et violoniste.
Folk, L’Atelier l’est indéniablement. Les influences de la formation précédentes sont toujours présentes et le violon d’Arnaud est un des piliers de la galette. Néanmoins, la guitare domine et s’impose comme l’élément marquant de l’album. Quelle soit acoustique (souvent) ou électrique (rarement), on la retrouve pratiquement sur toutes les pistes. Citons par exemple, "Des frontière aux pays" où l’arpège laisse s’établir la poésie de Gaëtan ; ou "Ce sourire est pour moi" et sa rythmique qui inaugure une rencontre inattendue entre sonorités très blues-rock et touches de violons.
Car en effet, la diversité semble être un des maîtres mots de l’album. Assez éloigné du folk-rock typé chanson française de Louise Attaque, Tarmac propose ainsi un répertoire où évolue pêle-mêle des influences country, blues, folk ou rock. Que dire de la pièce maitresse de la galette, la chanson éponyme, parfaite bande originale d’un western marginal, ou de la reprise de Brassens : "La ballade des gens qui sont nés quelque part" accompagnée par ce qu’il me semble être un banjo. Le groupe montre l’étendue de son savoir-faire d’une bien belle façon.
Mais si le groupe fait la part-belle à la musique (deux chanson instrumentales), il n’en reste pas moins attaché à ses textes. Cet aspect poétique qui se laissait sentir au sein de Louise Attaque s’épanouit grâce à la nouvelle formation. Point de critique effrontée sur L’Atelier, on penche plutôt pour des réflexions allant de l’amour ("Tu semblante") à la solitude ("Tordu tour du monde) en passant par l’abstrait ("Tout un pan de moi"). On l’a vu, le groupe joue de différents styles et cette mixité se retrouve également au niveau des textes : le chant est ainsi assuré en espagnol, français et anglais, laissant apercevoir une facette inhabituelle mais néanmoins intéressante des talents de parolier de Gaëtan.
Tarmac, né des cendres encore chaudes de Louise Attaque surpasse donc la précédente formation en proposant une musique moins calibrée, plus intimiste et personnelle qui ravira tous les amateurs de folk, de poésie et de belles mélodies.
val 20/06/2008 avis:  |