Lassitude… Voilà le sentiment qui a gagné Daisybox, après seulement deux albums certes, mais plus de 10 ans de scène à tenter de faire bouger la France au rythme de ses ritournelles pop aux accents rock anglais prononcé. 10 ans sur fond de concerts hautement électriques et prestations enflammées partout, jusqu’en Belgique, au Mexique ou en Australie. 10 ans et les relations avec Barclay-Universal, la major qui les avait sous contrat via le rachat de Lez’art se sont détériorées. Tout n’est pas rose chez Daisy et Léo s’en va, talentueux guitariste décidé à trouver la rédemption en solo. Plus personne ne donnait alors cher des parisiens, catalogué ‘‘groupe qui aurait pu mais qui n’a pas réussi’’. Ce serait les enterrer bien vite tant Anne Lise Pernotte, Olivier et Samuel Nicolas, même réduits à un trio forcé, ont encore envie d’en découdre. Et revoilà Daisybox, plus vivant que jamais.
Scott Greiner (100 Watt Smile) a pris la place de Steve Lyon (The Cure, Depeche Mode) derrière les manettes et les trois musiciens ont mis en boîte 12 nouveaux titres pour composer Polyester (le groupe continue les noms d’albums courts et suggestifs, comme il les aime), nouvelle livraison pop-rock sans complexes.
Si Diagnostic était pour votre serviteur un album phare, de par l’exploration sonore anglaise collée à des paroles rappelant les Rita Mitsouko, il apparaît comme une évidence que Polyester est bien mieux fichu. La qualité de l’enregistrement, la richesse sonore, apportée par la prod’ et les instruments est notable. Le groupe a laissé évoluer son concept, préservant l’essence de Daisybox en l’amenant plus loin, explorant les terrains rock explosifs défrichés par les Smashing Pumpkins ou Placebo.
Quelques titres se détachent de cet opus, à Commencer par Polyester ou Le Dessert dont le coté acidulé à de quoi édulcorer nos radios par leur indéniable fraîcheur. Mais, soyons clair, le grand intérêt de l’album se trouve autre part : En effet, à l’image de Solide sur Diagnostic, Daisybox brille réellement lors de ses expérimentation sonores, tels que l’odeur de souffre qui se dégage de Sourd, sans aucun doute la plus belle pièce de l’opus. Il est avéré que le trio brille lorsqu’il prend des risques, ainsi, l’apport d’Anne Lise Pernotte à la voix sur quelques titres (Résille, Satin etc…) à la manière de Kim Deal dans les Smashing Pumkins donne un relief passionnant auxdits titres. Alors qu’on ne le pensait que vouer à fermer la marche, Mythique Cowboy, rouleau compresseur électronique prend son envol au fil des écoutes. Alternant une ambiance Western et la magie des harmonies anglo-saxonnes unifiées finalement dans la distorsion, il est de ces pièces qui rappelle pourquoi Daisybox est un groupe qui prend son essor sur scène.
A défaut, à mes yeux, de détrôner la qualité de composition de Diagnostic, Polyester se profile comme une suite fort honorable par ses arrangements et la présence de quelques titres justifiant à eux seuls le retour de Daisybox dans la lumière. Gageons que quelques planches vont brûler sous l’impulsion chaude et électrique de ce trio qui se parera sans aucun doute d’un musicien de session pour distiller son rock partout en France et plus loin encore.
Et si Daisybox faisait du Rock Anglais bien mieux que ces derniers ?
Iro22 14/05/2008 avis:  |