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Saez - Varsovie, L Alhambra, Paris - 2008


Genre : Chanson Française
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©Cinq7 / Wagram
Disque 1
TitreParis
1Jeunesse Lève-Toi
2S'en aller
3On A Pas La Thune
4Alice
5Le Cavalier Sans Tête
6Putain Vous M'aurez Plus
7Des Marées d'Ecume
8Intro
9Toi Tu Dis Que T'es Bien Sans Moi
10Kasia
Disque 2
TitreVarsovie
1Varsovie
2Ceux Qui Sont En Laisse
3Je Suis Le Christ
4Que Tout Est Noir
5Dis-Moi Qui Sont Ces Gens
6Goraszewska
7Je Suis Perdu
8Anéanti
9On Meurt De Toi
TitreL'Alhambra
1Chanson Pour Mon Enterrement
2Au Delà Du Brouillard
3Au Delà Du Brouillard (Thème)
4Je Cherche Encore
5Les Bars Du Port
6a L'Alhambra
7Quand On Perd Son Amour
8L'Abattoir
9On S'Endort Sur Les Braises
10Tango







Avis de la rédaction :
Iro22
Posthuman666
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Insaisissable artiste assimilé au rock français pour ado - de par sa large part du gâteau dans les torchons rock, où partage les couvertures et les Blinds Test à deux sous avec Tokio Hotel, Avril Lavigne et autre – Damien Saez est pourtant de la trempe de ceux que le talent de composition et d’écriture n’ont d’égal que son obstination à aller là où son inspiration le mène. Propulsé star de la nouvelle génération X avec Jeune et Con, son Smell Like a Teen Spirit à lui, l’obligeant à l’instar de Kurt Cobain à dépasser les frontières du paysage rock qui lui convenait. Saez a choisi, en lieu et place du coup de fusil en pleine tête, de voguer sur ses envies musicales et d’user de la patience de ses maisons de disques (quasiment une major à chaque opus) pour le bien de son intégrité artistique. Explosions électriques incontrôlables (Marie ou Marylin) agrémentées de paroles blasphématoires, hymnes aux putains (Debbie) et aux bas-fonds des quartiers sordides ou ritournelles amoureuses en double albums, jamais les radios n’ont pu se remettre sous la dent un titre aussi calibré que Jeune et Con. Et 2007 a jeté un froid sur la carrière de la poule aux Œufs d’or : après un an et demi de silence, Saez revient le temps de trois concerts sold out au Bataclan les 18, 19 et 20 juin. Trois shows entièrement acoustiques où l’artiste dévoile de nouveaux titres, exclusivement en anglais. Killing The Lambs, Numb, Julie ou Yellow Tricycle sont alors joués, tandis que Damien Saez promet de revenir avec un triple album acoustique, probablement en Anglais. Cela suffit à épuiser sa maison de disque et voilà Saez, ravi, qui signe chez Cinq7, label indépendant, tout juste auréolé du succès inattendu et énorme de The DØ. Puis Jeunesse Lève Toi apparaît en téléchargement libre sur le net. Un titre qui justement, dans le propos, a des airS d’hymne générationnel. Contre-pied parfait, Saez revient sur le devant de la scène, avec un triple album calme et tempéré, entièrement en français, digne d’un artiste ayant gagné en profondeur ce qu’il a délaissé en Watts. Exit les morceaux anglophones joués l’année précédente (l’artiste n’exclue pas de sortir vite un nouvel opus dans la langue de Shakespeare d’ici peu), le chanteur balaye les dernières traces d’électricité et dépouille la structure de ses morceaux, ne laissant finalement transpirer que l’essence émotionnelle de ses titres. Illustrée par 3 clichés de Jean Baptiste Mondino, la pochette, sobre, nous fait glisser dans l’univers d’un Saez loin des strass que la plupart ont pu lui prêter.

Si Varsovie et L’Alhambra, épurés à l’extrême ne parleront qu’aux fans les plus fidèles et aux mélancoliques, tant la texture et les textes des titres sont emprunts de tristesse et de douloureux souvenirs, Paris, lui, s’adresse de façon universelle à tout ceux qui prendront le temps de glisser dans la bulle sociale de l’artiste. Mes réticences au concept ont fondu à l’écoute des 10 titres qui composent cette partie du triptyque, tant la qualité musicale est énorme.
Batterie effleurée, ne s’autorisant que de rares incartades en territoire rock (c’est Clive Deamer, qui a accompagné entre autre Rober Plant et Jeff Beck que l’on retrouve sur cet album), guitares acoustiques et chant au bord du tremblement, cet habillage musical sied au mieux à l’écriture sensible de ce romantique à la voix fluette. Alice rappelle Noir Désir, avec ces quelques arpèges de guitare, sec et triste avant que se mette en place un lourd climat rythmique, envoûtant. On a pas la Thune explore les terres d’un reggae blanc, un peu dans la veine de Manu Chao, incorporant de ça et là quelques touches hispanisantes et Putain Vous M’Aurez Plus, avec ces percussions et ces chœurs chamaniques, est simplement grandiose. L’amour prend le dessus, la rupture amoureuse plutôt et ce nouveau souffle laisse tout l’espace nécessaire à Saez pour nous souffler le vent sec de son amertume dans l’écume de nos sentiments.

Définitivement le plus ouvert des trois, le moins déprimant aussi, c’est certain, Paris s’impose par la beauté de sa composition et la justesse de ses textes. Un album qui devrait rappeler à chacun l’homme caché derrière son tube, capable de très grand. Le chemin que suit le jene dijonnais devrait finir de l’imposer comme l’un des meilleurs compositeurs français de sa génération, libre dans ses choix et pas prêt à rejouer le jeu de l’industrie.
‘‘On a pas besoin de leurs Dollars / Juste des rêves et sa guitare / C’est le soir de l’indépendance / C’est le soir de la renaissance’’ chante t’il sur S’en Aller. Procession de foi donc.

Iro22  08/06/2008    avis

Varsovie-L’Alhambra-Paris n’est rien d’autre qu’une traversée du désert européen, un voyage au plus profond des blessures de l’âme, des ruptures. Ruptures, il en est plus que question au travers des deux premiers disques de ce triptyque : Varsovie et l’Alhambra . Tous deux sont imprégnés des mélancolies d’un homme, attachant ou rebutant, c’est selon. L’habillage de ces deux tomes n’y changera rien car armé d’une guitare sèche et de sa voix la plus criarde, notre dijonnais pavoise de long en large le mal-être amoureux. Enregistrer ces dix-neuf comptines sans en connaître les textes n’améliorera pas l’idée désastreuse dont se fait le détracteur habituel de Saez. Pourtant, cet ensemble d’incohérences et de défauts, que tous ses opus contiennent, procure une odeur insoupçonnée d’instantané, un polaroïd d’humeurs et de sentiments. La qualité des textes ne rend l’ambiance que plus transcendante. Ce tout apporte une couleur à l’instant, au périple vagabond d’un « tourtereau sans tourterelle » (titre Anéanti). La patte Brelienne est très présente, tant dans le fond que dans la forme : L’articulation des mots autour des mélodies, la présence de nombreux personnages ainsi que l’utilisation du moi (« Y’a Bartek, y’a Janek, y’a Voïtek et y’a moi » titre Varsovie) ou d’autres termes employés par le Grand Jacques ( écouter, entre autres, Varsovie, Anéanti, Putains vous m’aurez plus, L’enterrement, etc.).

Paris fait office d’accalmie et reste de loin le tome le plus abordable de ce tableau. Beaucoup plus léché, recherché, ce troisième volet n’en est pas moins brut. Les textes sont tout aussi mélancoliques, mais bien moins maladifs et pessimistes. Deux hors-propos se permettent d’apparaître : On a pas la thune et Jeunesse lève-toi, le second rappelant l’auditeur aux années Jours Étranges, le terme « jeunesse » y étant pour beaucoup. Le triptyque est un tout, le retour aux origines, ce paysage humain et fragile. Enregistré en une matinée, le jour de son anniversaire, Saez revient avec l’opus acoustique dont il rêvait, toujours plus ennuyeux pour certains et toujours plus attachant pour d’autres.



Posthuman666  12/02/2009    avis



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