Il est intéressant de voir comment la musique peut être évocatrice. Parfois, en écoutant une chanson, on visualise une scène d’un film. C’est justement ce qui m’est arrivé à l’écoute du morceau d’ouverture du premier effort de Stonedrive. En effet, dès le riff d’introduction de Bulletproof Bones, j’ai tout de suite été saisi par le genre de séquence que l’on rencontre dans bon nombre de série B made in USA. Dans mon esprit, cela se déroulait dans le désert, avec à l’horizon une longue colonne de poussière qu’un rapide travelling avant révélait être un bolide vrombissant, avalant goulûment les kilomètres. Une bonne intro, standard certes, pour un actionner burné en somme !
Mais c’est de musique dont il est question ici et non de cinéma, même si l’image n’est pas totalement dénuée d’intérêt. A l’instar de cette scène qui me sauta aux yeux, la musique du combo est typiquement américaine. Dans la lignée directe de groupes tels que Sevendust, Disturbed (ce qui n’est pas pour me déplaire), Cold, Creed ou encore After Bridge (qui partagent d’ailleurs le même guitariste Mark Tremonti), Stonedrive nous envoie des morceaux puissants, dans lesquels les mélodies sont omniprésentes. En parlant de Mr Tremonti, on ne peut pas nier que l’on retrouve fortement son influence dans les riffs tranchants et les passages mélodiques qui peuplent l’album. On rencontre également la même ambivalence entre morceaux à forte consonance métallique (Bulletproof Bones, Breathe, Sins THat Shape Our Live…) et ballades joliment tournées. Plus précisément, certaines love songs qui feront sans problème chavirer le cœur des demoiselles. Et je ne parle même pas de Handfull Of Dust qui va déchaîner la gente féminine ! Le tout est ultra carré, bien joué et surtout bien pensé. Un peu à la manière de nombre de congénères américains, le groupe semble avoir trouvé LA formule magique pour composer des titres efficaces, comme au dosage juste. Au niveau vocal, pour ne rien gâcher, on retrouve un peu l’esprit des groupes précités. Le chanteur ayant un timbre de voix idéal pour ce type de musique. Par moment, quand il monte dans les aigus, on a l’impression d’entendre Chris Cornell, voire même par moment Tom S. Englund (leader d’Evergrey) ce qui n’est pas désagréable. Sur les 10 titres présents, il n’y a rien à jeter. L’ensemble s’écoute (et se ré écoute) avec plaisir. Bien évidemment, la production est en béton armé, dans la grande tradition américaine.
Voilà où aurait pu se terminer ma chronique… mais j’allais oublier de souligner qu’il y a un facteur essentiel qui a présidé à l’appréciation de cet album : il ne vient pas de l’autre côté de l’atlantique, mais de notre capitale ! En effet, nos cinq gaillards sont parisiens. Et là ça change tout. Si j’ai souvent l’habitude de dire que dans ce domaine musical, nous autres français ne savons pas faire aussi bien que nos voisins. Force est de reconnaître que Stonedrive m’a prouvé le contraire ! J’ai été, il faut bien l’avouer, vraiment impressionné par ce Moment Of Weakness. Si les compositions, les arrangements, les riffs et les parties vocales sont parfaits, on notera également l’impressionnant travail de Francis Caste (AqMe, Lazy, Zuul Fx…) en matière de production, car le bonhomme sait parfaitement comment faire sonner un morceau rock.
Avec son premier opus A Moment Of Weakness (qui n’en compte aucun au passage !) Stonedrive fait une entrée fracassante ! ce combo a tout pour réussir et y arrivera sans aucun doute. Puissance, mélodicité, rythmique implacable, si vous êtes amateur de cette scène, je ne saurais trop vous conseiller de vous jeter sur ce brûlot qui risque de rester scotché dans votre platine !
KlOwN 22/06/2008 avis:  |