Le cas de Mademoiselle est complexe… En effet, son premier opus, sorti en 2006 a été un carton inespéré, porté par le single ‘‘Ca me vexe’’ soufflant un vent de révolte sur le pseudo rock francophone, rappelant aux Artys boboïsant l’existence de groupes Punks et Hard Rock dont il avait oublié jusqu’au nom, engoncé dans l’électro-intello anglais. Les Clash ou Led Zeppelin sont cités par la maîtresse de maison, affublée d’une coupe garçonne, d’un look androgyne total et d’un perfecto 613, le vrai, celui des rockers dangereux. Dynamite musicale et visuel, le tout à grande échelle, ce qui est assez rare pour être remarqué. Katerine Gierak signe une énorme entrée en matière avec son premier album, trustant les charts et les récompenses sans baisser les watts de son vieux Marshall crasseux. Une réussite.
Que penser alors de ce second album au souffle clairement plus court ? Doit on y voir une victoire du système sur le long terme, ou une volonté de calmer le jeu, tamisant l’agressivité de ses rythmiques, et la pertinence de ses sujets? Difficile d’être catégorique quand à la réponse. Reste que Mademoiselle K, groupe plus qu’individualité accompagnée, puisque Pierre-Antoine Combard, Pierre Louis Basset et David Boutherre qui supportent la chanteuse depuis la sortie du premier opus sont maintenant intégré à la machine et ont participé activement au projet.
Il y a dans cet opus quelques bonnes choses, il faut en convenir, à commencer par les larsens d’Enjoliveurs, sur une rythmique disco, ou Grave single plus que potable, avec de vrais morceaux de bonheur dedans. Je concède même que le délire de Click Clock ai de quoi faire tilter les plus jeunes, branchés par la ligne de basse ronde, qui doit faire fureur en concert. Mais cela ne fait pas un bon album, non, ce n’est pas suffisant. Alors certes les bien-pensants vont s’extasier sur Maman Xy, coming-out de la chanteuse qu’il trouveront poignants mais le titre résonne pourtant comme un sentiment personnel mal orchestré, ne trouvant pas son rythme, noyé au milieu de l’album, un enfonçage de porte ouvert qui n’a rien à faire là. Dommage. Alors Je Dessine, seul titre composé entièrement par Gierak sans le reste du groupe, se révèle très faible, hélas, se vautrant dans le délire pseudo enfantin qui flotte sur l’album, impression confirmée par cette façon de chanter, mi parlé, loin des cris et de la hargne des premiers émois. Reste Jamais La Paix musicalement plus poussée qui sauvera la face en live permettant au groupe de se parer de nouvelles déflagrations, mais ça ne suffira pas à faire sortir l’opus de la zone rouge vers laquelle il s’enfonce. On est loin de la colère déployée en première partie de Placebo quelques années auparavant.
Perdant ainsi ce qui faisait sa force, Mademoiselle K publie ici un album trop tiède pour parachever sa conquête de crédibilité rock N Roll pour laquelle elle a battu campagne tout 2007. Ca ne sent pourtant pas la fin pour Katerine et son groupe, au contraire j’en suis sûr, mais elle rentre dans le rang, ce qui est à mon goût artistiquement déplorable.
Iro22 23/06/2008 avis:  |