1991 voit sortir le troisième album de la Mano Negra : King Of Bongo. Si ce titre vous dit quelque chose, c’est notamment parce qu’il a été popularisé par Manu Chao qui en a fait un de ses morceaux sur son premier album. Or, ce cher Manu officiait avant dans un groupe qui n’était autre que… la Mano Negra. Ne cherchez-pas son nom dans le livret, il est crédité sous le pseudonyme d’Oscar Tramor… Avec ce disque, le groupe est à son apogée : les précédents albums ont plutôt bien marché et celui-ci installe définitivement la formation au premier rang de la scène français alternative. Néanmoins, si le groupe est français, c’est pourtant un (d) étonnant mélange de genres auxquels on a droit sur ce King Of Bongo ! Ne dérogeant pas à la règle mise en place depuis le début de leur carrière, le disque se distingue par son côté extrêmement varié, notamment pour ce qui concerne les influences du groupe (entre autres Reggae, Flamenco, Ska, Punk, R&B ou bien Rock…) et le nombre de langues parlées sur cet album : anglais, espagnol et français.
Ce troisième opus est traversé d’une telle dose de bonne humeur qu’il est impossible de sortir de l’écoute sans le sourire aux lèvres. Cette gaieté s’exprime en majorité par des sonorités latines très enjouées comme sur "El Jako", ou par des rythmes Ska déchainés, comme en témoigne la très bonne "It’s My Heart". Le groupe nous propose quasiment un voyage au tour du monde qui passe, nous l’avons vu, par l’Amérique du Sud, mais également par -on pourrait le penser- la Jamaïque et ses sonorités très roots auxquelles convient parfaitement "The Fool". Le voyage se termine enfin par un retour en occident ("Welcome In Occident") où ce qui frappe l’auditeur, c’est la dureté et la rage de propos ainsi que de la musique. A la manière de "Letter To The Censors", le groupe n’est pas tendre avec les institutions de son pays. La France qui, quand à elle, joue un rôle tout de même important, vu qu’elle clôt le disque et de manière plutôt musette avec "Paris La Nuit"…
Avec ce King Of Bongo, la Mano Negra frappe fort et fait partager à l’auditeur un bon nombre de ses meilleurs morceaux.
val 09/09/2007 avis:  |