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Arman Méliès - Casino - 2008


Genre : Folk/Pop
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©Warner Music
1Casino
2En Nous La Vie
3Amoureux Solitaires
4Mille Fois Par Jour
5Le Soupir Du Monde
6Belem
7Sur Ta Peau
8Au Dehors
9Papier Carbone
10Diva







Avis de la rédaction :
Jerome
Les internautes ont la parole! : Laisser un message Voir les messages (0)

Le chanteur Folk/Pop français se heurte à la barrière de la langue. Le chant lent de rigueur rend les paroles parfaitement intelligibles par l’auditeur. L’Anglais a cet avantage qu’il ne sera directement pas compris par tous ici, comme ailleurs. Le public est moins regardant. Plus tolérant. Un Français aura fort à faire. Il a tout intérêt à manier la langue tel un Paul Valéry ou un Alfred Jarry pour espérer être reconnu. Injuste. Intolérable. Inacceptable.

La langue de Molière est parfaitement adaptée au Folk/Pop. Arman Méliès l’a bien compris (Arman faisant référence au célèbre sculpteur, Méliès au non moins célèbre cinéaste). Exploitant les sonorités de la langue française pour desservir un univers sombre, torturé. Chansons de vie et de mort. D’amour et de rupture. Méliès contribue à la création d’une ambiance désespérée, blasée, teinté d’espoir et de joie sur Casino. Un mélange assez surprenant qui fait effet. Les paroles voient juste dans ces descriptions dures, lucides, réalistes des épreuves d’une vie, auxquelles on doit faire face. La voix de Méliès participe à cet univers, par un ton grave, assez innocent et blasé à la fois. Simplement formidable. S’il n’est pas de ceux dont les capacités vocables ébouriffent l’auditeur, Arman Méliès est de ceux qui habitent une chanson. Qui vivent ce qu’ils chantent.
L’orchestration de Casino n’est pas si simple que cela. Folk/Pop, on pourrait penser à une prédominance de la guitare acoustique. Pourtant, pour les besoins de l’univers de l’album, synthétiseur, trombone, piano, violoncelle, alto et autres violons viennent rallonger la liste des participants. « Casino » et « Belem » offrent à cet égard des listes assez impressionnantes, qui ne restent pas que sur le papier. Un travail remarquable d’arrangement est fait, donnant une cohérence surprenante et agréable à un tout qui pourrait bien être bordélique au possible.
Malheureusement, l’impression d’essoufflement n’est que trop présente sur ce troisième opus. La faute aux deux premières chansons (« Casino » et « En Nous La Vie »), particulièrement inspirées, faisant de l’ombre au reste de l’album, particulièrement le morceau d’ouverture. Cependant, il est un peu injuste de voir ‘Casino’ de cette manière, car il est d’une homogénéité, d’une constance rare et bien appréciable. Tant sur le plan des mélodies que sur le plan des paroles, les bonnes idées débordent et font reluire l’album. Le chant y est exquis, au ton désespéré adéquat. S’il y a un tour de force, c’est bien celui-ci. Arriver à un chant inspiré sur un ton désenchanté (mais avec classe, pas comme un adolescent boutonneux qui débute une production pilleuse et capillaire), dans un univers qu’il est tout autant, mais qui laisse tout de même place à une lumière Notons la reprise d’ « Amoureux Solitaires » d’Elli et Jacno, particulièrement habile et adaptées à l’ambiance de ‘Casino’.

S’il n’est pas un nouveau Baudelaire, Arman Méliès a le mérite de transpirer l’honnêteté. Loin d’être exempt de reproches (rien n’est parfait), ‘Casino’ est tout de même admirable et réjouira, sans aucun doute, les amateurs du genre. Et Dieu sait s’ils sont nombreux.

Jerome  12/05/2008    avis



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