Parmi les qualificatifs que l’on attribue généralement à Manowar on retrouve souvent ‘épique’, ‘puissant’ ou ‘fédérateur’. On pense rarement au fait qu’au delà de ses capacités de composition hors du commun, Joey DeMaio, le bouillant bassiste/leader des américains semble être passé maître dans l’art de la propagande, et le quatrième volet des Dvd Hell On Earth ne fait que confirmer cette impression.
On savait que DeMaio était passé maître dans l’art du speech scénique, on connaît le charisme de nos quatre warriors et leur don pour ce qui est de pondre des hymnes… La dissection de Hell On Earth Part IV montre que toutes ces aptitudes concentrées sur deux disques vidéos (270 minutes) donnent une arme de persuasion massive imparable.
Utilisant une organisation des pistes mélangées (une chanson live, un mini doc, un clip, une chanson etc.), Hell On Earth Part IV possède en effet ce que la plupart des autres groupes n’arrivent pas à donner à leurs Dvd : du rythme.
En effet la quatrième collection de vidéos de Manowar (cinquième si on compte le Blood In Brazil désormais disponible couplé avec Hell On Earth Part II) contient au final très peu de musique (ils se sont déjà chargés de la quasi totalité du répertoire avec les précédents dvd), et beaucoup de déjà-vu mais elle se regarde comme d’une traite comme un bon film et possède une durée de vie que peu d’autres possèdent.
Au programme les Kings embarquent pour (encore) une autre tournée européenne afin de promouvoir Warriors Of The World. Festivals, tonne de récompenses, émissions TV grand public, lignes choc (une petite pour la forme ! ‘Elvis Presley c’était le heavy-metal avant que le heavy-metal soit le heavy-metal’ – Karl Logan), groupies et autres leçons de morales hallucinantes par Joey DeMaio, maître philosophique de cette troupe ambulante.
Car ce que Manowar vend, c’est un style de vie alternatif surréaliste, mais séduisant chaque année plus de monde. Et si les français dans leur ensemble n’ont jamais trop adhéré à la démarche Manowar, trop cliché pour ses goûts soit pseudo-intellectuels, soit rock ‘n’ roll graisseux, il est surprenant de voir le succès rencontré par le groupe partout à l’est du Rhin (Manowar élu personnalité favorite de l’année par les Polonais… Fuck yeah !).
Comme dit plus haut, les titres live sont rares (alors que le groupe se paye le luxe de nous refiler des vidéos avec pour bande son les versions aussi de l’album… Pourquoi ne pas avoir capturé l’audio live ?), mais parmi les grands moments on peut noter le set acoustique « Swords In The Wind »/ « Master Of The Wind »/« Courage » qui permet de voir le groupe sous un autre jour et surtout la version symphonique du magnifique « An American Trilogy » enregistré lors d’une émission grand public hommage à Elvis Presley en Allemagne, définitivement le zénith des deux Dvd.
Un tour de force digne de Goebbels par Joey et sa bande avec un Dvd qui n’apporte somme toute rien de nouveau au catalogue du groupe mais qui brille un fois de plus par sa densité et par la façon dont il présente une introduction parfaite à son univers. Les fans sont une fois de plus gâtés, et quand il s’agit de Manowar ils n’hésitent pas à ouvrir leur porte monnaie alors à quoi bon hurler avec les loups ?
Un excellent document, fortement conseillé.
Requiem 06/12/2006 avis:  |