trackliste : - Des Fantasmes
- Le Mégalo - Mes Mains - Pink Dream - Alors Viens - Hey Doc | Il est des démos qui résonnent à nos oreilles comme une bonne nouvelle. Et celle-ci en est une sacrément bonne!!! Elle nous explique que dans les caves, les jeunes loups ont astiqués leurs manches et se préparent pour le jour où les glorieux ainés passeront le relai à une relève prête à le prendre en main.
Démago, c'est quatre types sur la route avec un premier album financé par les deniers publics et donc distribué gratuitement sur leur site internet, ce qui est sans doute la meilleure façon de faire quand le budget promo d'un album ressemble au PIB du Rwanda... En tout cas, une démarche qui tend à prouver que le terme d'artiste correspond encore à une réalité sur le terrain et qu'il existe une alternative aux bluettes surmédiatisées de l'univers des majors.
Musicalement, Démago évolue dans une sphère aux contours étranges et diffus, pas loin de Ange mais tout prés de Radiohead avec un zeste de machin et de truc. Aussi évitons les lourds poncifs et les réfèrences douteuses pour nous attacher au premier point positif de ce groupe: le son. Et je ne parle pas la de technologie qui consiste à savoir sur quelle batterie le batteur a enregistré ou si l'album a été prémasterisé, mastérisé ou même pasteurisé. Car en définitive, on se fout de la cuisine interne quand l'important est dans l'assiette. Non, je parle du son en tant qu'osmose de groupe. Le truc que les ricains appellent "The Tune" qui fait que tu reconnais un groupe d'un autre. Et ce son, Démago le possède. Ni tout à fait actuel, ni trop truffé de références, ce particularisme nous offre une ballade atypique dans le monde du groupe ou un chanteur habité, des arrangements simples et de bon goût et une aptitude certaine à faire de bonnes chansons cohabitent pour un résultat plus que probant.
Ainsi, sur des textes volontiers engagés mais surtout diablement malins, la voix torturée du chanteur attire nos esgourdes sur des réalités bien contemporaines. Et ceci est sans doute le second point positif du groupe. Car seuls les groupes en phase avec la réalité de la rue arrivent à interesser leur public.C'est du moins ce que l'histoire du Rock nous apprend tous les jours. Démago sonne actuel, parle actuel, sans pour autant sacrifier sur l'autel de la mode un réel désir d'être et d'exister par eux-même et de n'être comparé à personne.
La seule faiblesse du groupe, si c'en est une, est peut-être de trop vouloir bien faire et de cultiver une certaine boulimie. Celle qui consiste à vouloir tout montrer de l'étendue de son talent. Ainsi, dans le morceau "Pink Dream", pièce de 14 minutes aux accents Floydiens indéniables, des moments de grande qualité et intensité ont du mal à cohabiter avec des instants de pur remplissage tout à fait inutiles en l'occurence. Même si l'exercice plus trés jeune de la pièce musicale quasi symphonique est tentant, sans doute aurait-il mieux valu lui résister car si une bonne élocution est toujours une qualité, le bavardage, lui, est toujours un défaut.
Mais cette remarque est vraiment sournoise de ma part car au final, Démago est un groupe avec un potentiel impressionnant et à chaque instant de la démo, même si quelques imperfections de jeunesse subsistent, on sent ce talent prêt à nous exploser à la figure. Et ça, c'est plutôt tonique et rassurant à un moment ou toutes les questions sur l'avenir du Rock semblent avoir été "résolues" par une intelligentsia médiatique plus proche de la recherche du profit que de la culture, fut-elle de masse.
Papagallo
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