Nick Drake passe les premières années de sa vie entre l'Angleterre et l'Inde. Il est aussi baigné dès sa tendre enfance dans une atmosphère familiale très musicale. Son enfance est tournée vers la musique classique et Nick Drake se met rapidement au piano avec une facilité déconcertante avant d'élargir sa pratique à la clarinette et au saxophone dans l'orchestre de son école. Grand fan des Beatles et de folk-rock durant son adolescence, il réussit à obtenir de ses parents une guitare acoustique et commence dès lors à mettre au point sa technique de finger-picking si particulière. Ce qui ne devait qu'être une nouvelle passade se trouve être tout simplement sa voie et Nick Drake se met à composer après seulement quelques mois de pratique. Délocalisé à Cambridge pour ses études, il développe parallèlement à son activité de compositeur une passion toute particulière pour William Blake, la poésie et la littérature. C'est à Cambridge qu'il commence à se produire en public.
Son anxiété sociale ainsi que sa forte tendance à la dépression n'ont certainement pas facilité la reconnaissance de son talent durant sa courte vie. Malgré sa réticence pathologique à se produire en public, c'est durant l'une de ses prestations à Cambridge que Nick Drake est repéré par un membre des Fairport Convention : Ashley Hutchings qui le dirige logiquement vers son producteur Joe Boyd . Référent de la scène folk-rock britannique à l'époque, Joe Boyd produit alors Fairport Convention mais aussi l' Incredible String Band . Impressionné après l'écoute de quelques bandes, il offre immédiatement un contrat à Nick Drake.
Ses débuts sur Five Leaves Left (1969) sont d'une beauté assez déstabilisante. Nick Drake y pose une voix calme, mesurée, aux mélodies presque élastique et au timbre des plus soyeux. Sa musique dépasse quand à elle le cadre du folk pur et dur pour s'aventurer dans des sonorités classiques voire jazzy. Ce folk progressif dévoile une atmosphère sombre et mystérieuse, renforcée par les discrets arrangements orchestraux baroques soutenant à merveille Nick Drake et sa guitare. Sur Bryter Layter (1970), il s'adjoint les services de quelques membres de Fairport Convention pour ce qui reste probablement son album le plus accessible. Plus rapide et entrainant, ce second album flirte davantage vers une pop-folk moins moins mélancolique.
Au grand desespoir de Nick Drake, ses deux albums ne se vendent pas. Il plonge alors corps et âme dans une profonde dépression l'emprisonnant de longs mois dans la désolation, l'impuissance et l'inactivité la plus totale. Il parvient tout de même à finir dans la douleur ce qui reste son dernier album : Pink Moon (1972), un album solo acoustique totalement nu parmi les plus beaux et troublants qui soient.
Il parvient encore à enregistrer quelques titres en 1974 qui figurent aujourd'hui sur la compilation Fruit Tree , et à visiter son amie Françoise Hardy . Selon la rumeur, la chanteuse, très intéressée par l'œuvre de Nick Drake, aurait pu enregistrer quelques unes de ses chansons... Après son retour chez lui, sa mère, à son chevet, ne peut empêcher l'irréparable. La nuit du 24 Novembre 1974, Nick Drake avale une dose létale d'antidépresseur. La version officielle fait état d'une confusion avec ses somnifères. Overdose accidentelle ou suicide, Nick Drake s'éteint à 26 ans, laissant derrière lui une œuvre certes trop courte, mais magique. Son aura reste et restera à jamais, posthume...
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