Voici encore un brillant exemple du talent de Fred Durst pour dénicher des groupes de qualité. Après Staind, c’est au tour de Cold d’être pris sous l’aile du business man / rappeur. Originaire de Jacksonville, le combo emmené par le charismatique Scooter Ward, tisse une toile sonore qui, une fois nous ayant capturé, ne nous laisse aucune chance de nous échapper.
Avec ce troisième album, Cold créé des mélodies souvent sublimes enveloppées dans un cocon de guitares puissantes. C’est d’ailleurs un exercice dans lequel le groupe excelle, ce Year Of The Spider en est la preuve éclatante. Tout au long de l’album, ils conservent une fraîcheur (normal avec un nom pareil) dans la composition et, de ce fait, arrivent à se démarquer des autres formations jouant dans la même cour. Si dans le fond le groupe développe une ambiance sombre et mélancolique, on serait en droit d’attendre dans la forme une certaine froideur… et bien il n’en est rien. Les compositions dégagent effectivement une chaleur qui est en partie due à la voix chaude, profonde, du leader mais aussi aux compositions en elles-mêmes.
Le groupe semble vouloir conserver du début à la fin une ambivalence entre calme, mélancolie et violence. C’est clairement dans cette dualité qu’ils arrivent à faire ressortir le meilleur de chacune de leurs compositions, tout comme ils parviennent, au-delà des mots, à faire ressentir les sentiments habitant la chanson. Des titres tels que Wasted Years, Suffocate, Sad Happy ou encore Cure My Tragedy (A Letter To God) en sont autant d’exemples.
La voix puissante, mélodieuse de Ward est évidemment pour beaucoup dans le résultat final, mais c’est la somme de talents des musiciens qui fait vraiment la différence ici. En effet, ceux-ci proposent des compositions bien pensées et construites. Les cinq musiciens forment un ensemble riche, basant sa cohérence sur une batterie juste et puissante, une basse omniprésente qui ne se contente pas de doubler les lignes de guitares, mais qui les complète à merveille en étoffant la palette sonore.
Après Ross Robinson (KoЯn, Slipknot, Limp Bizkit, WASP, Sepultura…) c’est au tour de Howard Benson (Adema, Body Count, Less Than Jake…) de se mettre aux manettes. Il parait bien plus indiqué pour ce poste, étant donné un curriculum bien plus varié que Mr Robinson. Son travail est en tout cas exemplaire, la prod est énorme et on sent que le bonhomme connaît son métier.
Year Of The Spider est un album addictif qui, une fois terminé, entraîne un insidieux besoin de seconde écoute. Malgré une durée correcte, il passe vraiment trop vite, on en redemande encore. A noter que les fanas de Ghost track sont ici servis car environ 14’’ après la fin du dernier titre, Kill The Fucking Music Industry se cache une chanson supplémentaire : la très belle Gone Away.
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