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STYLE : Blues Rock
DU MÊME ARTISTE :

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The Yardbirds - Having a Rave Up - 1965
| 1 | Mr. You're A Better Man Than I
| | 2 | Evil Hearted You
| | 3 | I'm a Man
| | 4 | Still I'm Sad
| | 5 | Heart Full of Soul
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| 6 | The Train Kept A Rollin'
| | 7 | Smokestack Lightning
| | 8 | Respectable
| | 9 | I'm A Man
| | 10 | Here 'tis
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Les Yardbirds, aujourd’hui, ne sont qu’une preuve de culture rock. On a beaucoup glosé sur le groupe aux trois solistes magnifiques, sur son destin perdu, mais aussi sur sa renaissance sous la forme dorée de Led Zeppelin… Il faut se replacer dans les tourments des sixties magnifiques pour comprendre ce qui s’est réellement passé, pour appréhender la véritable tragédie de ce groupe. En 1965, le quintette, affamé de réussite commerciale, enregistre un tube tout à fait pop écrit par le jeune Graham Gouldman, For Your Love. Eric Clapton préfère quitter le groupe suite à cette expérience, ulcéré par la nouvelle direction musicale prise par ses camarades. Il est vite remplacé par le leader des Tridents, le soliste Jeff Beck. Commence alors la période la plus faste pour le groupe, enchaînant concert sur concert, single sur single, le tout sous la férule enthousiaste et revancharde de Giorgio Gomelsky, fraîchement débarqué de son poste de manager des Rolling Stones. La belle année 1965 voit le groupe publier coup sur coup plusieurs succès sur le marché des 45 tours. Cependant, aucun album d’importance n’est prévu, le format n’ayant pas encore acquis toute l’importance qu’il aura à la fin de la décennie. Un certain nombre de morceaux, certains très connus, d’autre inédits, sont rassemblés à la va-vite et publiés durant le mois de novembre sous le titre de Having a Rave Up. Le disque en question ne connaît qu’une réussite modérée, en comparaison des légendes musicales parues la même année, mais le groupe est déjà reparti sur la route.
La structure de l’album, due à la détestable habitude de l’époque de privilégier les singles, est assez curieuse, même pour une compilation de fortune. La première face est composée de morceaux dans l’ensemble assez pop, avec Jeff Beck à la guitare lead, tandis que la seconde est constituée d’extraits du disque live Five Live Yardbirds, où Eric Clapton tient encore le rôle de soliste. Inutile de dire que la première moitié du disque est, et de loin, la plus intéressante. Les standards de blues enregistrés en concert montrent les Yardbirds sous un jour très banal : celui d’un groupe du british blues boom énergique mais sans génie, se contentant de reprendre quelques grands classiques en les accélérant. Le quintette est alors à la croisée des chemins. Son passé de groupe de blues est alors en train de s’éloigner de plus en plus vite, sous l’impulsion notamment de Jeff Beck, guitariste bien plus éclectique que le puriste Eric Clapton. Les divers singles parsemant la première face se placent donc dans la grande mouvance de la pop anglaise de l’époque, tout en étant traversés d’inattendus éclairs de guitare. Malheureusement pour eux, les Yardbirds ne peuvent véritablement rivaliser avec les ténors de la british invasion, car aucun compositeur de talent n’a su émerger du groupe. Un seul morceau, le très moyen Still I’m Sad, a été écrit par le combo.
La reprise de Bo Diddley, I’m a Man, n’apporte absolument rien de nouveau. Le groupe se perd à essayer de singer les grands noms du blues. Le combo se révèle beaucoup plus énergique et accrocheur sur les titres plus rapides et plus modernes, au premier rang desquels l’immortel The Train Kept A Rollin’, titre qui annonce les bouleversements à venir,les hurlements du hard rock et la pesanteur du heavy metal. Heart Full of Soul, dans la foulée des expérimentations de Rubber Soul, prépare l’intérêt futur de la pop anglaise pour les brumes psychédéliques et les musiques orientales, notamment indiennes. Jeff Beck brille de mille feux sur ces deux morceaux. Son jeu, aujourd’hui, paraît bien pâle à l’aune des accomplissements ultérieurs du heavy metal, mais la sensibilité poignante qu’il parvient à insuffler à ses improvisations parviennent inévitablement à captiver l’auditeur. Le reste du groupe l’épaule efficacement, même si le chanteur Keith Relf, à la voix trop banale, manque atrocement de charisme. Having a Rave Up est un document primordial pour comprendre le devenir de la musique populaire anglaise, mais ses qualités musicales proprement dites laissent à désirer. Ni fascinant ni facile d’accès pour le néophyte, ce disque doit être réservé au spécialiste de l’époque, qui saura, avec un peu de persévérance, en comprendre les qualités et les implications.
| Avis de la Team | | |  | | Ulyssangus |  | | Yedo |  |
Les internautes ont la parole! : 1 message(s) Laisser un message kurtcob75 24/12/2009 avis:  J'ai mis du temps pour apprécier cet album. Mais après y être revenu par entêtement (je voulais "comprendre"), j'ai alors perçu "the album pop" par excellence. Mr You're A Better Man Than I avec son riff de batterie et son solo psyché qui s'allonge dans les échos ouvre admirablement l'oeuvre. Rien est à jeter sur la face A (même Still I'm Sad qu'Ulyssangus trouve moyen). A écouter surtout pour l'énergique Train Kept A Rollin'. La face B est d'un intérêt moindre ce qui explique que l'auditeur reste quand même sur sa faim. Donc pas vraiment un album original, mais c'est surtout "le son" studio inimitable des Yardbirds de 1965 qui fait tout. |
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