1991, loin de l’agitation métal qui sévit pourtant dans le même état que celui qui sert de dortoir à nos quatre gars, John, Josh, Nick et Brant ressentent la Californie comme un trou qui sent la pisse chaude et le sable rouge. Palm Desert, terminus improbable sur la ligne du gros son Américain, Kyuss s’en va conquérir le monde en puisant dans l’océan de sable l’inspiration la plus résolument crasseuse mais d’une force sans précédant.
La moyenne d’âge tourne aux alentours de 17 ans en cette année 1991 et les quelques vinyles que les gamins du coin se sont payés sont résolument Punks, Californie oblige. Danzig, Les Misfits, tels sont les groupes dont les riffs et les idées révolutionnaires résonnent dans l’immensité des régions arides des alentours de Palm. Alors notre tout jeune combo, baptisé Kyuss en référence à Dongeons et Dragons maltraitent leurs instruments à la mode Punk, ajoutant leur rage et leur sentiment de raz le bol face au trou à rat qui leur sert de décors. Né ainsi Songs of Kyuss, vinyle pressé à 1000 exemplaire, qui sonne terriblement Punk. L’intérêt de ce pressage est le démarchage de clubs et là les Kyuss font deux découvertes : Le Thrash, et la frustration de sonner comme un groupe ayant déjà mis la région à genou. Le groupe prend la mouche et re-travaille tout ça… Le son se plombe, le jeune john travaille sa voix au whisky et la section rythmique de choc formée par Oliveri et Bjork font bien plus qu’assister Homme dans sa recherche sonore, plus grasse que jamais.
Au fur et à mesure des concerts, le tout s’affine et un vrai buzz se fait. Kyuss entend un nom systématiquement revenir, celui de Black Sabbath. Kyuss est souvent comparé au monstre Anglais à cause des riffs de Homme et de la rythmique martiale de ses deux compères. Josh se vexe, lui qui ne veut ressembler à personne et file bourre pif sur bourre pif à quiconque lui parle du groupe de Iommi, à lui qui n’a jamais entendu ne serais-ce qu’un titre du combo. Mais lorsqu’il se décide d’y venir à ce group, il comprend son erreur… Etre comparé au Sabbath est un des plus beaux compliments qui soit et Homme décide de donner à Wretch, leur premier vrai enregistrement un son digne du monstre du Hard Anglais.
Brant Bjork et Nick Oliveri y sont pour beaucoup dans l’histoire, leur paire rythmique n’étant pas sans rappeler une certaine association Butler/Ward tant leur efficacité et leur discrétion servent immanquablement la machine à riff qu’est déjà le jeune Josh Homme. John n’a plus qu’à placer ses Lyrics là dessus et Wretch prend l’allure d’une déclaration de guerre à l’ennui et à la platitude musicale.
Alors bien sûr Wretch n’est pas un album Mythique, n’ateignant pas la force des deux suivants. Mais il y a sur ce disque les prémisses de ce que sera Kyuss le grand, et, il faut l’avouer des pièces maîtresses du groupe, véritables monstres rythmiques. A ce titre, je citerais Son Of A Bitch et The Law (quelle basse plombée d’Oliveri!) comme étant deux raisons suffisantes à l’écoute de cet album.
Débutant sur une intro résumant parfaitement les intentions du groupe (''Beginning Of What’s About To Happen’''), l’album est une recherche sempiternelle du juste milieu entre un Punk Rageur, Un Thrash organique et un Blues-Hard suffocant, relié par un fil rouge, un leitmotiv : Un son lourd, comme l’aridité de l’environnement où se dernier s’est affiné.
Ainsi il n’est pas étonnant d’entendre cohabiter des morceaux rapides (''Love Has Passed Me By'' ; ''Katzenjammer'' ; ''Isolation'') au milieu de perles Sabbathienne tels que ''Black Window'', ''Deadly Kiss'' ou ''I’m Not''. Le rendu final est pesant, tantôt agressif, tantôt terriblement lourd, pour notre plus grand plaisir…
Car même si , l’époque, le public était frileux à l’idée de s’envoyer la lourdeur pachydermique qui se cache derrière cette hideuse pochette, ou à cause du fort risque d’insolation qui pèse sur chaque titre de cet Opus, le microcosme musical lui ne s’y trompe pas et Kyuss fera sa renommé plus tard, par la scène tout d'abord, en attendant patiemment de mettre tout le monde d’accord dès Blues For The Red Sun.
| Avis de la Team | |
|  |
| Iro22 |  |
| Roquentin |  |
Les internautes ont la parole! : 2 message(s) Laisser un message
| simon 11/10/2008 avis: |  |
Josh Homme est déjà presque un monstre et il prouvera dans les albums suivants - y compris ceux des Queens of the stone age - son indéniable talent de guitariste. Un début très prometteur !
|
| AtomDoom 21/10/2006 avis: |  |
Une référence - voir la référence - du Stoner Rock . Tous les albums sont excellents avec une couleur musicale différente mais en restant dans le même style . Du grand art !
|