Tandis que certains groupes s’évertuent à pousser le doom dans ses plus étranges retranchements, mêlant quelques influences extrêmes à un heavy passablement ralenti, Magnus Pelander, jeune suédois fan de Black Sabbath et autre Pentagram, oriente son propos vers d’autre sphères. Pour lui, l’authenticité de la musique qu’il adore - et que tout le monde affilie au doom - vient d’une recherche passionnée du riff ultime et de l’enregistrement vintage. Il est aussi épris de la bande à Ozzy que des digressions progressives de groupes tels que Jethro Tull et fait fonctionner son alliage vintage – qui a pour nom Witchcraft - seul, en enregistrant sa première démo entourés de musiciens de session.
No Angel Or Demon, ne contenant que deux titres sera alors publié via Primitive Art Records et suffira à attirer l’attention de Rise Above, label référence du doom et du stoner en Europe s’il en est. La carrière de Witchcraft est alors lancée.
Magnus Pelander et les siens (seul le batteur n’est pas resté, remplacé par Jonas Aenesen) couche alors sur disque 11 raisons de garder les yeux rivés sur cette nouvelle sensation venue – une fois n’est pas coutume – du nord de notre vieille Europe. Enregistré à l’ancienne, sans ajout numérique sur un matériel des plus vintage, ce premier effort de Witchcraft se démarque de la scène doom en place grâce à un style personnel, mélangeant rythmiques plombées et éclairs folks du plus bel effet. La voix de Pelander est gorgée d’effets et tout ici semble provenir d’un studio perdus au milieu des 70’s. Un esprit habite d’ailleurs ce disque, enivrant le groove de ‘‘Witchcraft’’ (dont la basse semble être sorti d’un générique de Blaxploitation) ou rendant irrésistible ‘‘No Angel Or Demon’’ (dont rien a été changé depuis la version démo) ou ‘‘It’s So Easy’’ au riff tonitruant. Ce qui démarque finalement énormément la formation de ses pairs réside dans la musicalité des mots utilisé par Pelander et son chant si unique, emportant l’auditoire dans d’épiques épopées. Un sens du théâtral inné dans son phrasé confère au chanteur une aura telle qu’il n’a pas besoin d’exagérer sa gestuelle lors de ses concerts pour faire passer un maximum d’émotion.
Certains magazines anglais s’écorchèrent la plume dans l’encrier en tentant de trouver une dénomination exacte à la musique du quatuor, electro-doom-psych-folk restant la plus saugrenue, et surement la plus exact. Reste que cette première publication permetera au groupe de sillonner l’Europe, en compagnie d’Orange Goblin et Grand Magus, convertissant en masse les doomster de tout poil avec leur son daté rehaussé d’une pointe de fraicheur indescriptible. Premier essai et déjà culte !
Les titres ‘‘Please Don’t Forget Me’’ et ‘‘Yes I Do’’ (ce dernier n’étant présent que sur la version vinyle ainsi que les press disc japonais) sont crédité au nom de Bobby Liebling comme morceaux composés par le fantasque frontman avant la création de Pentagram et repris ici par Witchraft en signe d’hommage. ‘‘Yes I Do’’ a d’ailleurs été interprété par les suédois en compagnie du mythique chanteur américain lors d’un show au Rock And Roll Hotel de Washington.
| Avis de la Team | |
|  |
| Iro22 |  |
Les internautes ont la parole! : 0 message(s) Laisser un message