 ©Ascendance Records
STYLE : "Authentique" metal symphonique
DU MÊME ARTISTE :
|
Whyzdom - From the Brink of Infinity - 2009
| 1 | The witness
| | 2 | The train
| | 3 | Everlasting child
| | 4 | The power and the glory
| | 5 | Freedom
| | 6 | Escaping the ghosts of reality
|
|
| 7 | Atlantis
| | 8 | The old man in the park
| | 9 | The seeds of chaos
| | 10 | Daughter of the night - Part I (A glimpse of eternity)
| | 11 | Daughter of the night - Part II
| | 12 | On the wings of time
|
|
|
|
« From the Brink of Infinity » n’a rien du rock ambiancé stérile que l’on trouve habituellement dans le « metal symphonique ». Whyzdom nous offre ici le réel plaisir de déguster avec raffinement une association parfaite de musique amplifiée très agressive venant contraster avec une quasi perfection, l’authenticité de fantastiques et superbes orchestrations le tout sur des partitions d’une exceptionnelle beauté. Ce travail d’orfèvre que nous sert Whyzdom sur un plateau d’argent et de pourpre, porte en lui, un je ne sais quoi de « progressif », des compos complexes et subtiles, des compositions qui ne toucheront pas uniquement les passionnés de sonorités symphoniques car le terme « progressif » n’est pas toujours synonyme d’hermétique, comme on peut d’ailleurs le pressentir sur un titre tel que « On the Wings of Time »....
… Nan mais stop là ! Deux minutes : on rêve ou quoi ! L’anatidé de DR qui encense un groupe de metal symphonique ?!? Et français qui plus est ! Le metal symphonique : un gadget marketing qui transforme n’importe quel zozo bêtifiant en « spécialiste » pontifiant parce qu’on lui a refilé un bon gros jouet en plastique qui donne un sens à son existence de débile ! Et bien oui, voilà : c’est finit tout ça ! Reprenons les bases : Therion avait ouvert les hostilités avec Theli en 1996 et celles-ci reprirent en 2009 avec « From the Brink of Infinity » grâce à Whyzdom ! Disons que le style est né 13 ans trop tôt… Ou que Whyzdom arrive 13 ans trop tard, c’est selon ! Mais « vieux motard que j’aimais » comme on dit, hein ? Et mis à part Therion et Whyzdom ? Rien : que du vide !
Pourtant ce n’était pas gagné au départ ! « From the Brink of Infinity » : encore un énième dans le genre, que j’me suis dit ! J’avais choisi de l’écouter, euh… J’sais pas trop pourquoi en plus ! L’aspect esthétique sans doute… Faut l’dire : une réussite ! Rien qu’ça ! Sorte de mélange obscur des visuels de Symphony X, de Dark Sanctuary… Sombre, gothique, mélancolique, entre frissons et cauchemars…. Magnifique ! Là, franchement, faut reconnaître que c’est bluffant : pas vraiment l’impression d’avoir un premier album d’une toute jeune formation française. Et pourtant…
D’ailleurs la verve de ma misanthropie naturelle allait continuer à prendre de sacrées claques tout au long des écoutes successives de cet album ! Se limiter aux seules premières écoutes aurait été parfaitement aberrant même si certains éléments attirent de suite notre attention, comme une certaine fougue dans le chant de Telya (qui parfois peut la desservir, mais nous verrons ça plus loin), des guitares et une section rythmique incisive qui dégagent une réelle agressivité, d’authentiques parties symphoniques et des chœurs qui véhiculent de vraies idées musicales, de vraies émotions … Pour une fois, il devient enfin possible de s’intéresser sincèrement aux parties symphoniques sans avoir l’impression de se faire refiler des boites de conserve !
Là où Whyzdom marque vraiment des points, c’est sur les idées musicales autour desquelles s’articulent les compositions d’une part et d’autre part avec la très grande qualité de ses textes. Il convient d’ailleurs de rendre les honneurs au maître de cérémonie, Vynce Leff ! De grandes et belles idées donc qui ont donné le cœur à l’ouvrage pour créer ces fantastiques partitions symphoniques. Mention très spéciale pour « The Witness », « Daughter of the night », « Freedom », « Atlantis » et « The Train ». En revanche et contrairement à ce que pensent certains, « The old man … » me semble surtout intéressante pour ses parties de claviers qui rappellent le caractère sombre et torturé de Beyond Twilight, et donc du coup mention ultra spéciale pour Marc (claviériste) et son touché tout à fait remarquable.
Quant aux paroles des chansons, bien plus que de simples paroles, ce sont de véritables histoires fantastiques qui nous sont contées là, avec une tendresse toute particulière pour celles de « The Witness » et « The Train ».
Néanmoins, la façon dont sonnent certains passages aurait pu tout gâcher. L’utilisation récurrente de la dissonance surtout avec le chant de Telya en est la responsable. Ne nous méprenons pas : elle a une voix superbe ! La variation de son chant nous change avec bonheur des interprétations linéaires de ses aînées. Oui, mais… C’est cette fougue dans son interprétation qui la rend véritablement attachante qui pourtant … Euh… Comment dire ça simplement… Voilà : en fait tout dépendra de l’humeur du moment : certains jours on accepte sans problème son chant et on goûtera avec une certaine gourmandise ces dissonances particulières. Mais d’autres jours, on aurait plutôt envie de lui tordre le cou assez violemment parce que l’on aura une impression assez agaçante de ce que sa voix pourrait dérailler d'une seconde à l'autre, ce qui nous pousserait en quelque sorte à lui sauter à la gorge au plus vite avant que le drame ne se produise ! C’est perceptible par exemple sur des passages de « The Witness », lors de la montée dans les aigus sur « Now tell me why… », ou encore dans la descente sur le « shall » de « I shall be the silent witness in the dark ». Inutile de s’étendre plus là-dessus, mais bon, comme je l’ai dit, tout dépend si l’on est mal luné ou non ! En revanche en ce qui concerne les grunts (coucou Vynce), que l’on soit bien vissé ou non ça change rien : faut arrêter de suite !
Là où l’immense majorité des groupes du circuit ne sont que des créateurs d’ambiances artificielles, Whyzdom vit et baigne dans le symphonique de façon tout à fait naturelle et sincère. Enfin, bref… Il y aura désormais deux acceptions à l’expression « metal symphonique ». D’un côté celle qui désigne le metal en plastique, bourré d’effets synthétiques de tocards entre deux accords miteux de guitares anémiques habillant tristement d’indigentes compositions pop. Et de l’autre, le vrai metal symphonique, celui initié par Therion à la droite duquel siège désormais fièrement Whyzdom !
| Avis de la Team | | |  | | Kanart |  | | Religionnaire |  |
Les internautes ont la parole! : 1 message(s) Laisser un message Hutch 05/10/2009 avis:  La chronique est bien écrite et l'on voit que son auteur a écouté soigneusement l'album avant d'écrire son texte. Puisqu'une réponse aux pages consultées est possible, je laisse ici mon avis (tel que je l'ai mis sur le forum du groupe). Le seul point où le Kanart et moi-même ne seront jamais d'accord, c'est le chant, puisque, vous pourrez le constater, mon avis est diamétralement opposé au sien. Cela dit, il est intéressant de constater que l'album figure dans la rubrique "Album du mois".
VOYAGE EN ROUGE ET NOIR
N’ayez pas peur : je ne vais pas vous parler du tube interplanétaire (enfin, en France) de Jeanne (pas à la) Mas ! Non, l’objet de ce texte tourne autour du premier album de Whyzdom « From The Brink Of Infinity » que j’ai eu la chance de recevoir à date, lundi 21 septembre 2009. Première question : pourquoi le choix d’un tel titre ? Tout simplement parce que dès l’observation de la pochette où apparaît un personnage étrange vêtu d’une robe rouge et noir (ah ben justement, ça m’arrange bien !), le ton est donné : Whyzdom va nous proposer un voyage mais un voyage un peu particulier ; un périple entre ombre et lumière, entre vie et mort, entre espoir et désespoir, toujours en équilibre précaire, à fleur de peau… Mais avant de développer plus avant l’idée directrice de ce premier opus, on va commencer par parler musique.
Whyzdom est un groupe de métal symphonique : il y a donc du métal et du symphonique. Sans ambiguïté, on peut définir le groupe comme une formation de métal. Entre une batterie qui cogne fort mais en variant subtilement les rythmes, une basse solidifiant les morceaux, des riffs de guitare plombés et acérés et des soli de ces mêmes guitares à la fois aériens et majestueux, l’auditeur sait dans quel style le combo évolue : du métal puissant et raffiné. Vient ensuite l’autre qualificatif majeur à donner à Whyzdom : symphonique. La grande musique orchestrale est à l’ordre du jour, et cela n’est pas pour déplaire, surtout quand elle est aussi bien composée et orchestrée. Tous les pupitres sont convoqués, tantôt en « full orchestra », tantôt en formations plus restreintes, en fonction de l’intensité et du tempo des chansons. Je relèverai également des dissonances bien envoyées (les premières notes de « Escaping The Ghosts Of Reality », la première moitié du prologue de « Daughter Of The Night »), instaurant une atmosphère d’une incroyable noirceur. Pour des raisons budgétaires (on n’ose imaginer le coût de séances d’enregistrement avec un véritable ensemble, surtout en France, mais cela coûte horriblement cher, croyez-moi !), l’orchestre est samplé mais grâce à l’emploi d’une excellente banque de samples, à un mix excellent avec la section métal et à l’ajout de véritables instruments (violon, violoncelle), les parties symphoniques possèdent quand même une sacrée gueule, ça sonne quoi ! A cela, s’ajoute une somptueuse chorale mixte qui, selon les moments, va conférer une spectaculaire puissance dramatique (« Atlantis » par exemple) ou, à contrario, une émotion bien palpable (« Freedom »). Le mélange du métal et du symphonique n’en est pas un : c’est une fusion des plus réussies entre les deux, l’un ne prenant jamais le pas sur l’autre, signe d’une composition élaborée dans ses moindres détails.
Whyzdom créé des chansons et les chansons, c’est de la musique (ça, on vient d’en causer) mais aussi des textes. Les textes, parlons-en(fants de la Patrie, et hop une vanne foireuse de plus) ! Ils forment l’idée même de « From The Brink Of Infinity », le voyage évoqué en introduction. Ecrits par Vynce, ils sont le fruit d’un travail réfléchi et poétique sur la dualité de l’homme, capable du meilleur comme du pire, face à lui-même, aux autres et au monde. Loin des clichés (pour ça, vous avez le choix), leur contenu est riche et se dévoile au fil de plusieurs lectures attentives, ce qui est très avantageux car l’on ne se lasse jamais d’y revenir. Nous sommes donc confrontés à toute l’ambiguïté de nos chères âmes, et c’est ainsi que l’intelligence du cœur partage le terrain avec la pire des haines, quand ce n’est pas la Mort qui s’en mêle. Le visuel même du livret étaye toute cette palette de sentiments liés les uns aux autres et donc pas aussi contradictoires qu’ils en ont l’air.
Musicalement et textuellement, l’album de Whyzdom ne livre pas sa substantifique moelle dès les premiers instants : plusieurs écoutes sont nécessaires pour en saisir l’essence et la densité. Il est complexe mais pas élitiste, bien au contraire. La mélodie est très présente et l’auditeur ne connaissant pas encore le groupe accrochera sans aucun doute (non Julien, tu ne présentes l’émission, t’es sur le service public maintenant !) aux nombreux passages fédérateurs émaillant la galette. Une chose est claire : « From The Brink Of Infinity » est un album accessible mais d’une grande maturité servi par une production millimétrée de chez millimétrée qui ne laisse échapper aucun détail (on entend sans difficulté l’instrument placé au fond de l’orchestre). Le mixage et le mastering (ce dernier étant réalisé par Markus Teske) doivent être salués bien bas.
Et le chant dans tout ça ? J’ai déjà évoqué les chœurs mixtes, entretenons nous donc des grunts parsemant les titres. Lancés par Vynce, ils assombrissent les morceaux au moment opportun (« The Witness », « Atlantis », « Daughter Of The Night ») ou se mettent en subtil contrepoint face au chant lead (« The Train »). Chant lead, l’expression est écrite. Whyzdom est un groupe mené par une chanteuse, et quelle chanteuse ! Telya, artiste émérite, est véritablement l’âme du groupe, celle par qui passent la puissance la plus heavy ou l’émotion la plus pure. Par rapport à l’ep sorti il y a un an où sa voix ne déméritait pas, son chant s’est affiné avec beaucoup d’à propos et il est clair que non seulement, la miss chante avec une maîtrise vocale certaine mais qu’elle ajoute aussi une véritable incarnation des personnages. Au final, ce n’est pas tant elle que l’on entend que les protagonistes qu’elle interprète. Chanteuse au talent certain, Telya est aussi une excellente comédienne : on le voit sur scène, on l’entend sur disque. Sur un pur plan sensitif, elle n’a rien à envier aux chanteuses les plus connues officiant dans le métal symphonique. Nightwish a eu Tarja, After Forever a eu Floor, Epica a Simone, Whyzdom a Telya. La transmission des émotions et des sentiments est bel et bien là et il n’y a donc plus qu’à se laisser porter par une voix aussi cristalline que sensible et puissante, celle d'une artiste dont la générosité envers le public s'affirme ici une fois de plus.
Whyzdom nous fait partager un album excellent que j'inscris sans hésitation dans le haut du pavé des productions métal symphonique de l'année 2009. L'écoute est un régal, la suite des aventures s'annonce sous les meilleures auspices.
|
|
Nombre de consultations 879
A Découvrir :






|
|