Au début des années 80, la NWOBHM a fait des ravages dans le cœur des jeunes metalheads américains, submergés par le tape-trading de masse venu remettre en cause la conception même du terme heavy metal dans leur contrée. Les mastodontes du rock US, Boston, Kiss, Ted Nugent et consorts paraissent d’un coup plus mort que jamais. La nouvelle vague anglaise déferle et les américains, comme à leur habitude, ne tarderont pas à exploiter le filon. La côte californienne se prend de passion pour la vitesse et le thrash ne tardera pas à naître. Coté Est, sous l’impulsion de groupes tels que The Obssessed (Baltimore), Pentagram (Virginie) et Trouble (Chicago), le heavy se fait pesant, ralenti et sombre. Un gimmick musical affublé en 1986 du dénominatif ‘‘doom’’ d’après le premier album de Candlemass (Epicus Doomicus Metallicus), considéré comme le premier album véritablement doom de l’histoire du genre.
Mais l’écoute de Psalm 9, point de départ d’une longue et intégrale carrière pour Trouble légitime la paternité offerte au quintet de l’Illinois pour ce qui est du riff lourd. Paru 2 ans plus tôt que le Candlemass suscité, cet opus permet aisément de trouver le chainon manquant entre les tempos alourdis de Black Sabbath et le style pratiqué par les doomsters de tout poil depuis le milieu des années 80.
L’histoire de Trouble est finalement assez banale ; Formée à l’aube des 80’s, la bande à Eric Wagner joue quelques reprises de Black Sabbath, Angel Witch ou Witchfinder General (dont l’influence – surtout visuelle – sur la scène doom est trop souvent occultée) avant de s’attaquer à leur propre vision du heavy metal, faite d’alternance entre accélérations fulgurantes et pesanteur absolue. Psalm 9, leur premier opus a été enregistré par Bill Metoyer (à qui l’ont doit pas mal de disques cultes, à commencer par les premiers Slayer) à Los Angeles et est publié via le label Metal Blade Records.
Le son de cet album reste sujet à d’interminables discutions auprès des puristes tant les titres de ce premier effort sont sinistres à entendre. Le metal de TroubleEric Wagner achève d’ailleurs de semer le désarroi dans l’esprit du néophyte venu ici comprendre les prémisses du mouvement. Mal mixée et déraillant immédiatement lorsqu’il monte dans les aigus, le jeune chanteur a bien du mal à se montrer à niveau. Il lui faudra d’ailleurs plusieurs albums pour corriger le tir. Reste que ce dernier transcende de son organe des titres tels que ‘‘Revelation (Life Or Death)’’ ou l’éponyme ‘‘Psalm 9’’. Cette dernière prend par ailleurs des allures de grand-messe métallique et marque les esprits avec ses multiples changements de rythme.
L’unique single du disque – dont le succès confidentiel de l’époque rajoute à l’atmosphère magique de l’album – ‘‘Tales Of Brave Ulysses’’ est une reprise de Cream, passionnante dans l’écrin étouffant que lui confère le son de Trouble.
Premier des trois albums que Trouble publiera chez Metal Blade, Psalm 9 est unanimement reconnu comme la quintessence de cette période. Il faudra pourtant que le groupe patiente jusqu’en 1990 et l’album éponyme (produit par Rick Rubin et publié via son label Def Jam) pour rencontrer le succès escompté.
A noter que le présent album a bénéficié d’une réédition intéressante en 2006 via Escapi Music. Ici point de titres bonus mais un DVD regroupant interview d’époque et prestation en condition live (un peu comme lors de Top Of The Pop). On regrettera par ailleurs que la voix d’Eric Wagner soir aussi mal mixée, malgré le fait que les bandes aient été retouchées.
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| Iro22 |  |
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