Les frères Drover sont de retour, non pas avec leur nouveau groupe : Megadeth (excusez moi du peu) mais avec celui de leur début : Eidolon qu’on avait pas vu depuis 2003. Les deux seuls membres du groupe présents depuis la création du groupe ont recruté un nouveau chanteur : Nils K. Rue (accessoirement chanteur de Pagans Mind) et se sont à nouveau entourés de Adrian Robichaud pour la basse (rappelons que Shawn Drover est batteur du groupe tandis que Glen Drover, lui est guitariste ainsi que pianiste du groupe…).
Le Line Up est donc tout à fait impressionnant tant les musiciens sont reconnus pour leur maîtrise technique et leur expérience sur la scène internationale, avec ça…
Je n’avais jamais écouté Eidolon auparavant et je dois dire que cet album m’a plus que charmé, le style du groupe oscille entre deux courants : le Thrash Metal (il ne faut pas oublier que Glen et Shawn sont à Megadeth et ce groupe les a surement influencés) et le Metal Progressif rappelant par moments clairement le grand Symphony X ou encore DT, le premier titre (the Parallel Otherworld est d’ailleurs clairement Prog : en effet, le titre sure plus de 11mn, les riffs sont parfois tranchants, des breaks acoustiques sont ajoutés, le batteur montre qu’il se débrouille très bien avec une double pédale et les soli, quant à eux sont vraiment exceptionnels de maîtrise, bien que très rapides, ils ne sont pas qu’un déluge de notes très chiant. La suite est cependant plus Thrash, en effet, l’enchainement Arcturus # 9 / The Eternal Call nous donnent l’impression d’effectuer un voyage dans le temps, à l’époque où le Thrash technique naissait, celle où Coroner et Annihilator (ces derniers sont compatriotes d’Eidolon) faisaient la loi sur la scène Techno Thrash, l’époque où Megadeth était à son apogée : riffs brutaux, utilisation d’harmoniques, batterie plus que speed, soli ravageurs et bien évidemment : mélodies ultra headbangantes …
Mais, limiter le style d’Eidolon à du Thrash serait une erreur, et, pour ne pas créer de confusion, la 4eme piste (Ghost World) est très progressive, elle instaure par son arpège d’intro une ambiance malsaine et lourde digne des ambiances gothiques, la suite du titre rappelle les grands du prog (enfin pas trop non plus), les riffs distordus sont puissants et les soli ultras rapides : un titre qui aurait pu avoir sa place sur un album de Symphony X (quoique Eidolon est quand même plus violent)…
La suite de l’album revient sur du Thrash technique séduisant, n’hésitant pas à puiser dans un registre prog, les riffs sont toujours aussi bien sentis (quoique parfois trop répétitifs), et les soli toujours aussi impressionnants… La piste 9 s’achève sur un arpège acoustique envoûtant…
L’album se termine sur une très bonne reprise de Mercyful Fate, bien interprétée mais quasi similaire à l’originale (assez décevant quand même), la voix de Nils y ressemble à s’y méprendre à celle de King Diamond.
Je recommande cet album à tous les fans de Thrash technique, de prog metal, et de metal en général. Moi qui ne connaissait pas le groupe j’avoue être impressionné par cette première écoute, les musiciens sont forts et on se lasse très rarement au cours de l’album (pourtant tous les titres sont longs : 4mn55 pour le plus court d’entre eux)… Le genre d’album qu’on aimerait voir sortir un peu plus souvent même si la pochette est beaucoup trop kitsch pour moi (m’enfin ce n’est qu’un détail).
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