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STYLE : Rock Psychédélique


DU MÊME ARTISTE :

Spirit - Spirit - 1968

1Fresh-Garbage
2Uncle Jack
3Mechanical World
4Taurus
5Girl in your Eye
6Straight Arrow
7Topanga Windows
8Gramophone Man
9Water Woman
10The Great Canyon Fire in General
11Elijah
Découvrez la playlist Spirit avec Spirit

      Ulyssangus


21/09/2009    

La parution de Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band, en 1967, est un événement qui ne peut guère être sous-estimé. D’innombrables formations prirent leur envol en tentant de reproduire les fabuleuses pop songs de cet album, poussant le rock dans une nouvelle direction. La vague psychédélique californienne trouva dans cet album une nouvelle légitimité, le signe que même les plus grands étaient de son côté. Spirit est l’exemple même du groupe acide californien de cette époque. Ces cinq musiciens possèdent toutefois un profil assez atypique, même pour les canons déjantés de la côte ouest. Le batteur, Ed Cassidy, a déjà près de quarante-cinq ans lorsque le groupe est formé, vingt-cinq de plus que ses camarades, avec un long passé de jazzman, ayant côtoyé des légendes de l’envergure de Roland Kirk ou Thelonious Monk. Le guitariste soliste, Randy California, n’est autre que son beau-fils, encore adolescent. Malgré son jeune âge, ce dernier est déjà une figure de la scène rock américaine, ayant même joué avec Hendrix, connu alors sous le nom de Jimmy James. Le premier album éponyme du quintette paraît début 1968. Il ne déchaîne pas vraiment les passions, le psychédélisme passant doucement de mode, mais pénètre tout de même dans le top 40 américain. Le groupe se lance presque immédiatement sur la route, écumant les scènes américaines sans vraiment prendre de repos.

Spirit assume ici pleinement ses influences, à savoir le déjà nommé Sgt. Pepper’s et The Piper at the Gates of Dawn, premier album de Pink Floyd. L’album présente par ailleurs une certaine ressemblance avec Ogden’s Nut Gone Flake des Small Faces, paru quelques mois plus tard. Ce disque éponyme est donc parfaitement représentatif de la vague psychédélique tardive, celle qui précède de peu le déclin du genre. Pourtant, on ne trouve pas d’improvisations ou d’interminables envolées de guitares ; l’influence de l’acide lysergique se retrouve plutôt dans les orchestrations, parfois terriblement alambiquées. La filiation de Spirit avec les Beatles se retrouve sur les nombreux arrangements orchestraux, rappelant les grandes heures de George Martin, comme Eleanor Rigby ou A Day in a Life. Cela renforce le côté gentiment pop de cette musique, aventureuse mais très accessible, sans l’aridité improvisée du Grateful Dead ou la violence mortifère des Doors. Les deux premiers titres, Fresh Garbage et Uncle Jack se placent pleinement dans cette mouvance, surprenants sans être déstabilisants, intrépides sans être expérimentaux. L’album fourmille d’idées, associant de multiples riffs à des rythmiques inhabituelles, le tout avec un enthousiasme tout à fait ravageur.

Le single Mechanical World peut être vu comme une fusion du style fuzzy et virtuose de Jimi Hendrix et de la pop maniérée anglaise des Kinks et des Beatles, tout en présentant des transitions rappelant à la fois la soul music et les productions tonitruantes de Phil Spector. L’un des principaux défauts de cet album réside précisément là : l’effort est trop dispersé pour être véritablement concluant. Certains titres peinent à attirer l’attention, alourdis par des structures trop subtiles ou par des mélodies ennuyeuses. Aucun morceau ne peut prétendre au titre de chef-d’œuvre, même si les musiciens s’avèrent irréprochables. Randy California, en particulier, justifie pleinement sa réputation de prodige de la guitare rock, alors qu’il n’a pas encore dix-sept ans. Sa voix se marie avec bonheur à celle du chanteur et principal compositeur, Jay Ferguson. La section rythmique d’Ed Cassidy et du bassiste Mark Endes apporte quant à elle le parfum jazz qui fait de Spirit un groupe véritablement unique sur la scène californienne. Seul le pianiste John Locke reste en retrait. Premier album sympathique mais insuffisamment maîtrisé, ce disque peut être appréhendé comme un départ convaincant d’un groupe appelé à de hautes destinées. Il possède aussi une certaine importance historique, Jimmy Page ayant emprunté, comme à son habitude, la séquences d’arpège du Taurus de California pour son propre Stairway to Heaven.


Avis de la Team
Ulyssangus
Yedo

Les internautes ont la parole! : 1 message(s)    Laisser un message

pierrep  08/10/2009    avis
Très content de lire une chronique d'un de mes groupes préférés. Ce premier LP, sans être parfait, est tout à fait intéressant. Il sera suivi de 3 autres perles avec les mêmes protagonistes avant qu'ils ne se séparent pour de nouvelles aventures. L'alchimie de personnalités et de musiciens venant d'horizons différents est tout à fait exceptionnelle; cette musique est excellente.



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