Tonnerre tempête et cors de guerre, les guerriers black-metal d'Immortal sont de retour en l'an 2002 pour leur (malheureusement) dernier album (le groupe a annoncé son split en 2003).
Pionniers de la seconde vague de black-metal des années 90, Immortal a inondé le monde de ses noires galettes dès 1992 et a joué successivement du true black, du black/death et enfin du black viking fortement influencé par Bathory (le grand père du mouvement black-metal) et par la Norvège hivernale (leur doux pays).
Avec Sons Of Northern Darkness, la boucle est bouclée. Commencée avec le MONUMENTAL At The Hearth Of The Winter (qui en avait laissé plus d'un congelé) cette idée de sortir une série d'albums influencés par l'épique viking-metal (lui aussi inventé par Bathory) permettait de sortir le groupe de son black-metal ultra rapide qui avait détruit le tendon du guitariste Demonaz Doom Occulto au point qu'il dût arrêter totalement la pratique de son instrument (il jouait trop vite - véridique !!!). Le line-up d'Immortal refondé et dirigé entièrement par Abbath (guitare, chant) et Demonaz (Ce dernier étant devenu l'éminence noire du groupe en se contentant d'écrire les paroles) déversa donc de 1999 à 2002 une avalanche de titres couverts de givre et de sang.
Pour son septième album le groupe a enfin trouvé sa stabilité, à la batterie, Horgh Doom Occulto a gagné le poste de musicien permanent du groupe et à son droit de composition sur les morceaux, quand à Iscariah si il se limite à jouer de la basse est lui aussi parfaitement intégré. Immortal a aussi depuis quelques années atteint une maturité suffisante pour arrêter d'écrire des trucs débiles sur le satanisme et pour ne pas saboter ses bandes sonores afin d'avoir un son "necro". La production est donc excellente, pas trop lisse et laissant ressentir le souffle froid que dégagent les chansons. Abbath à la guitare a fait des progrès et il a maintenant un niveau suffisant pour se fendre des solos (n'oublions pas qu'à la base il était le bassiste du groupe), quand à Horgh, il est au somment de son art et ses parties de doubles grosse caisse sont impressionnantes.
On peut donc s'attendre à un album parfait, et pourtant non... Le groupe si il est à son top niveau ne parvient pas à vraiment se renouveler et lorsque l'on a déjà été submergé par la beauté de At The Hearth Of The Winter ou Damned In Black ce Sons Of Northern Darkness surprend peu (bien que la presse - particulièrement la presse américaine - ait déclarée que c'était le meilleur album du groupe). Mais ne soyons pas sévère car le groupe parvient à réutiliser sa recette avec succès et tout en faisant ressurgir les influences death-metal des disques Battles In The North (1995) et Blizzard Beasts (1997). Immortal, alchimiste de génie parvient à transcender son genre et à fusionner parfaitement Hammerhearth et Under The Sign Of The Black Mark, les deux plus grands albums de sa référence ultime : Bathory ; le premier disque étant celui qui lança en 1990 le genre viking-metal et le second celui qui en 1987 avait clos en explosions l'ère black-metal de Bathory.
On retrouve donc des titres bien death comme celui d'ouverture "One By One" et "Demonium". Ces deux chansons étant ironiquement les deux moins bonnes de l'album. Dans l'autre facette de la musique, on atteint le sommet de l'épique avec les énoooormes "Antartica" et "Beyond The North Waves".
Deux choses surprennent dans ce disque : la première c'est le fait que malgré la voix graveleuse et grimaçante d'Abbath, le rendu final n'est pas si violent que ca et n'importe quel fan de Metal peut l'apprécier sans être spécialement auditeur de black-metal (c'est d'ailleurs l'un des exploits de Immortal : être autant apprécié des puristes black que des fans des autres genres), celà venant sûrement du fait que la voix de l'imposant chanteur bien qu'étant extrême, est tout à fait naturelle et ne sonne pas hystérique ou hurlée (on a l'impression que c'est sa voix de tous les jours !). Le deuxième point étonnant c'est comment tout en restant ultra ancré dans le schéma basique (basse-guitare-batterie) le groupe arrive à créer des ambiances grandioses ("Antartica" ou quelques notes de synthé simplettes et un riff épique donnent tout de suite l'impression d'être entraîné en voyage dans l'immensité polaire).
La face épique d'Immortal reste la plus présente, et d'ailleurs c'est ce que le groupe fait de mieux ; on trouve même facilement des passages où l'on se rêve viking dans une vie antérieure (aaaah ce Break glorieux sur "Sons Of Northern Darkness"). La batterie est extrêmement travaillée et les parties à la double grosse caisse sont à frémir de puissance.
Le grand moment du disque restera le doublet final "Antartica"/"Beyond The North Waves" qui malgré leur longueur (autour de dix minutes chacunes) sont totalement prenantes (à chaque fois que je décide de m'écouter "Antartica" une force supérieure me pousse à me farcir "Beyond The North Waves" au passage).
La boucle est bouclée, Sons Of Northern Darkness ne vaudra jamais l'indétronable At The Hearth Of The Winter mais au moins il aura permis de finir la carrière d'Immortal sur un album magnifique que je conseille avec empressement à celui qui cherche à rentrer dans le chemins tortueux du black-metal. Excellent.
| Avis de la Team | |
|  |
Les internautes ont la parole! : 0 message(s) Laisser un message