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STYLE : Punk

DU MÊME ARTISTE :










The Stooges - Raw Power - 1973

1Search And Destroy
2Gimme Danger
3Your Pretty Face Is Going To Hell
4Penetration
5Raw Power
6I Need Somebody
7Shake Appeal
8Death Trip
Découvrez la playlist Raw Power avec Iggy & the Stooges

      Ulyssangus


14/01/2008    

RAW POWER, OU LE FEU TRIOMPHANT

Les Stooges avaient subi un certain nombre de revers après la sortie de Fun House en 1970. Le bassiste Dave Alexander avait été évincé ; le guitariste James Williamson était arrivé, entraînant la rétrogradation de Ron Asheton à la guitare basse ; le label Elektra avait rompu son contrat avec le groupe ; pour couronner le tout, Iggy Pop et Williamson étaient pris au piège d’une addiction à l’héroïne. C’est alors que le groupe déménagea à Londres, répondant à l’appel de David Bowie, fan avoué du quatuor d’Ann Arbor. Le groupe apparaissait totalement décalé dans ce lieu, à cette époque ; il est vrai que les Stooges n’avaient rien de glamour, se complaisant plutôt dans la crasse, la brutalité, voire la destruction. Les séances pour le nouvel album furent rondement menées, le groupe fonctionnant en circuit fermé, refusant de céder à la moindre pression commerciale ou artistique.

Le riff de "Search And Destroy", acéré comme le fil d’un rasoir, annonce la tonalité de l’album : férocité. Les soli surgissent de nulle part, d’une violence saisissante, tandis que la section rythmique, assez en retrait, livre de frénétiques pulsations. La voix d’Iggy Pop apparaît étrangement juvénile par rapport aux albums précédents du groupe. En fait, l’on croirait presque que c’est un autre groupe que celui qui a enregistré Fun House trois ans auparavant. On retrouve même des ballades acoustiques sur ce disque, chose impensable auparavant dans l’esprit stoogien. Mais "Gimme Danger" peut-elle vraiment être qualifiée de ballade ? Difficile de répondre. Le son des guitares sèches est malsain, presque vicieux, à des lieues de toute velléité pop. Iggy Pop apparaît égal à lui-même, proposant des lignes vocales exploitant à merveille les basses fréquences, renforçant l’impression d’insanité qui traverse les morceaux. "I Need Somebody", quant à elle, est un blues salace, sardonique, tout entier porté par un riff caricatural de James Williamson, tandis que la batterie se laisse à peine entendre, écrasée par la voix et les guitares. Ces deux morceaux sont des chefs-d’œuvre d’agressivité sourde, de sexualité refoulée, de puissance retenue. Les Stooges prouvent qu’ils sont parfaitement capables d’écrire des titres acoustiques sans rien perdre de leur talent ni de leur humeur.

Mais le disque vaut tout autant pour son déchaînement de riffs échevelés, de titres d’une brutalité quasi-inouïe à l’époque. "Your Pretty Face Is Going To Hell" est un hard-rocker survolté, traversés d’éclairs solistes confinant au génie. Iggy s’écorche la voix, ajoutant à la sauvagerie du titre. On peut toutefois déplorer la longueur du morceau, qui s’essouffle quelque peu avant la fin. "Penetration" est une autre réussite : le chant est époustouflant, rempli d’un écho saisissant, qui se mêle parfaitement au riff monomaniaque orchestré par le groupe. "Raw Power" et ses paroles grivoises reste comme un des sommets des Stooges, toutes époques confondues : la rythmique obsessionnelle qui sait varier au bon moment ; les soli désordonnés, la voix accrocheuse, hautaine, tout cela concourt à faire de ce titre une réussite totale. Cependant, les titres de l’album ne sont pas du même niveau : "Death Trip", malgré son rythme irrésistible, reste bien trop long, voire ennuyeux à l’écoute. "Shake Appeal" est intéressant, mais moins percutant que ses voisins. Il n’empêche, tout cela reste une musique formidable de férocité, de puissance, de cruauté, mais qui reste malgré tout écoutable.

La production du disque est absolument catastrophique. Le son est d’une laideur grotesque ; les guitares sont voilées, la basse quasiment inexistante, la batterie étriquée, les voix noyées. Cela était sans doute voulu par le groupe, lassé par le processus minutieux de l’enregistrement. Le mixage est cataclysmique, mais colle étrangement bien aux morceaux. Difficile d’imaginer des titres pareils avec une production léchée, comme celle qui caractérisait les disques de Bowie à l’époque. Pourtant ce dernier avait produit l’album, mais sans doute n’y avait-il pas grand-chose à produire. Raw Power est bien différent de ses prédécesseurs ; le côté improvisé, anarchique, de Fun House a disparu au profit d’une collection de morceaux tendus vers un seul objectif : la violence. Cela est sans doute dû au jeu de James Williamson, beaucoup plus technique que celui d’Asheton, plus classique également. En vérité, l’on peut considérer Raw Power comme le premier véritable disque de punk de l’histoire, le premier à présenter une telle véhémence tant dans la structure que dans l’orchestration.

L’album est la pierre de Rosette du punk contemporain, un disque séminal, incontournable. De sa force découle sa beauté. Il semble que les Stooges étaient envahis par le génie ; ils ne pouvaient échouer ce qu’ils entreprenaient. Malheureusement pour eux, Raw Power fut un échec commercial, entraînant bientôt la dissolution du groupe. Mais l’album fut redécouvert par une foule de passionnés qui surent lui rendre justice, et le placer à sa véritable place : celle d’une des œuvres les plus importantes de l’histoire du rock.


Avis de la Team
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Les internautes ont la parole! : 9 message(s)    Laisser un message

babylone06  20/11/2011    avis

Une de mes premières gifles rock n roll, comme les deux précédents.


Bert  13/09/2011    avis

Quand j'ai écouté cet album, je me suis dit d'emblée, vu la réputation de l'opus, considéré comme novateur (à côté du premier des MC5), qu'il faudrait que je laisse traîner mes esgourdes dans la crasse et la violence - présumées - du punk. Eh bien, quelle déception en comparaison avec l'énergie et le génie de cet album (car si cet album est du "rock épuré", il fait parfois preuve d'une certaine sophistication malgré tout. Brute mais bien présente au vu de la qualité des compositions. Pas une seule à jeter pour moi, même les un peu longs shake appeal et death trip). En clair, je me suis royalement fait chier (à quelques morceaux près) à l'écoute des ramones, damned, clash et consorts (je ne parle pas des sex pistols que je trouve plats et fadasses au possible. J'veux dire, ça violent, énergique?). A la limite, un bon Richard Hell & the voidoids ou un television, ça passe bien (moins connus, je n'en dirai pas plus), sans être ma tasse de thé non plus. Il reste que je ne comprends pas musicalement parlant (au sens strict) comment un tel mouvement ait pu être considéré comme violent, perturbant. Cet album est ce que le punk aurait pu être mais ne l'a jamais vraiment été (ou alors de façon vraiment minoritaire...): en retirant toutes les "fioritures" du rock (c'est un parti pris bien sûr), on en garde que l'énergie brute et sans concessions...
Tout ça pour dire que cet opus est unique, qu'il débouche sérieusement les cages à miel et que plus de 30 ans après il envoie encore pas mal de "jolies tronches en enfer" pour un album qui lui n'a pas pris une ride...


Chris Damned  09/09/2011    avis

LE plus sauvage et possédé d'Iggy et ses stooges. Attention, seul le mix de Bowie tient la route, le mix d'Iggy est "tout dans le rouge" ne favorise pas cet album qu'il faut absolument écouter en VINYLE.


Inoxydable  18/06/2010    avis

Je me souviens qu' en 77, tous les petits keupons n'en avait que pour les Sex- Pistols, Damned et autres Clash... Mais cette album-là, sorti quelques années avant, était une REFERENCE. Album radical, sans concession,rock déjanté à l'état brut... Le son n'est pas terrible, mais c'est l'éclate ! Aujourd 'hui on peut qualifier cette galette de "classic rock". Indispensable donc !


Baston44  20/06/2009    avis

Un album violent et réellement efficace, la voix d'Iggy un poil éraillé et une guitare parfaite... Incontournable du début à la fin!


Meaulnes  21/04/2008    avis

Imaginons maintenant que je me retrouve téléporté en 45 850 sur Proxima du Centaure. Si je rencontre une forme de vie qui me demande ce qu'est le rock, je le répondrais très clairement "C'est Raw Power".

Cet album est surpuissant, destructeur, habillé d'un son très crade d'une violence extrême, mais qu'est ce qu'il est foutrement bon! A posséder..


tabs  11/12/2006    avis

le meilleur album des stooges, de par la présence de james williamson avec ses solos explosifs.un bon son bien cradoc a la iggy, incontournable.


Clash  24/03/2006    avis

34 minutes de barbarie, le disque le plus violent de tous les temps, incroyablement 'raw', d'où son titre.

Les titres que je préfère sur ce disque d'anthologie sont "Search and destroy", "Penetration", "I need somebody", "Death trip", et le splendide "Gimme danger".

Par contre, je trouve "Shake appeal" un peu idiot (dans le livret du CD de l'édition remixée par l'Iguane, Iggy parle de ce titre comme ça : "Ah,'Shake appeal', tout est dans le titre, non ?").

Et "Your pretty face is going to hell" fait très très mal quand on l'écoute au casque, à pleine puissance (pas très recommandé pour les esgourdes, hi hi).
En résumé, que ce soit dans le mix original de Bowie, ou dans le remix de Pop, un album culte et indémodable, le ferment du punk et du grunge. Sans ce disque, pas de Sex Pistols, pas de Alice in Chains, pas de Libertines...rien.


benoit  23/01/2006    avis

Raw power est le disque le plus sauvage de toute l'histoire du rock n roll. Un de mes albums préféré que je ne me lasse pas d'écouter depuis des années.



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