Cambridge. 1964. Syd Barrett fait la connaissance du bassiste Roger Waters et de son compagnon le batteur Nick Mason; ils s’associent au talentueux claviériste et amateur de jazz Rick Wright sous le nom de Pink Floyd. Enregistré aux célèbres studios d’Abbey Road, The Piper At The Gates Of Dawn, premier album de ce groupe fromé de jeunes étudiants intellos, est littéralement révolutionnaire. Les mélodies et les arrangements parviennnent à des sommets de bizzarerie tout en restant jubilatoires. L’incroyable son du groupe fait la différence: avec une guitare, un orgue, une batterie, une basse, les quatre de Cambrige arrivent à créer un son épais, cosmique et lourd de prémonitions.
La différence du Floyd avec l'autre groupe psyché emblématique de Cambridge Soft Machine tient en ce que sa musique s'inspirent du blues, plutôt que du jazz pour le second. Mais ce blues a mué vers une forme psychédélique des plus insolites. Bruitages en tout genre, échos lointains, guitares sidérales, solos indianisants, mélodies d'une complexité et d'une invention rare jusqu'alors en pop (excepté les Beatles peut-être)...
Syd Barrett est le maître d'oeuvre. Compositeur de la presque totalité de l’album, il aura fait parmi les plus fantasques et rêveurs morceaux pop qui soient. Des compositions telles les deux indissociables "Astronomy Domine" et "Lucifer Sam" (avec son riff à la James Bond), la comptine halluciné "Bike" ou encore la très pop "Matilda Mother" pour ne citer que les plus évidentes. Il arrive à mettre au jour des OVNI cosmiques et lumineux mais aussi des chansons totalement iconoclastes à l’image de "The Gnome" reflétant à la perfection ce qu’il fera sur ses caverneux albums solos. "Bike" est une comptine tout à la fois innocente et effrayante. Et que dire de son jeu de slide à la guitare, certes très limité mais totalement novateur!
Quelques singles, sortis avant l'album, manifestaient déjà tout le savoir-faire du Floyd. Quatre véritables chef d'oeuvres: les rêveurs "See Emily Play", "Arnold Layne", le très Caravanien "Paint Box" ou encore l’iconoclaste "Apples And Oranges" (présentes sur la compilation Relics de 1971). Ils ont contribué à asseoir la réputation du groupe et son succès vers 1967 doublé par les prestations grandioses fantasques du Floyd en live, notamment à l’UFO, théâtre de l’underground londonien.
The Piper At The Gates Of Dawn s’affirme comme le meilleur album de l’underground sixties et un des monuments incontournables de la pop psychédélique anglaise avec les premiers Tomorrow et Kaleidoscope. Il fait controverse chez les fans de Pink Floyd, certains le trouvant purement anecdotique dans la discographie riche du Floyd, d’autres pour qui il reste la référence incontournable, celui du "Pink Floyd période Barrett". Si l’on prend du recul, l’album a autant d’importance que les suivants car il s’agit là du véritable déclic pour tout un mouvement qui n’était encore que balbutiant en Angleterre. Des morceaux comme "See Emily Play", "Lucifer Sam", "Bike", "Astronomy Domine" n’ont rien à envier de créativité aux "Echoes", "Time", "The Great Gig In The Sky" ou autres "Confortably Numb".
The Piper At The Gates Of Dawn demeure incontestablement la révolution musical de 1967 et c’est dire vu le nombre d'exploits en tout genre (Hendrix, Doors, Love, Sgt. Pepper’s…)!
C'est vrai il y a un truc. Quelques titres que la chronique a justement éclairé. C'est du psychédélique mais c'est finalement 45 ans après bien plus qu'une expérimentation sonore ou Rock. Finalement, on se dit que c'est tout simplement des années lumière en avance et décalé face aux productions populaires du début des années 1960. Quel bond!
L'intrigante façon de jouer de Syd, le champ d'exploration très vaste, donne à cett musique encore de multiples façons de l'aborder. Le riff d'Interstellar Overdrive ou de Lucifer Sam, voire d'autres, sont-il si loin du Hard Rock? C'est juste un exemple de la multiplicité de cette musique en pleine effeverscence à ce moment.
Il y a cependant des temps faibles, les 4 derniers titres sont quand même faibles il faut l'avouer. Ce disque présente un bestiaire enchanteur des évolutions possibles du rock nées du fruits des expérimentations hallucinées de ce groupes, certaines tapent dans le mille, même pour la plupart, les derniers titres se plantent et vieilleront mal le passage à la descénie suivante.
Disque novateur, prometteur, innovant quoi qu'il en soit.
Pierre 30/03/2009 avis:
J'adore le coté décalé de Syd Barett , ce n'est pas mon album préféré de Pink floyd mais je reconnais qu'il a une touche vraiment surtout avec des morceaux comme Astronomy Domine et Interstellar Overdrive qui fait partie de mes morceaux fetiches avec echoes , atom heart mother , saucerful of secrets , pigs ou confortably Numb. Le seul truc que je peux reprocher c'est que(Desolé les fans de syd Barrett) si Barrett etait resté pour encore 2albums ca risquerait de devenir répétitif.
Meaulnes 08/06/2008 avis:
L'extraterrestre Syd Barrett dans son lointain cosmos acidulé nous pond ici un magnifique OVNI musical aux parfums hautement psychédéliques sur fond de Pop. Syd est un créateur de génie, la preuve en est dans les 11 chansons de cet album. L'ensemble ne souffre d'aucune faiblesse, tout est cohérent.. Bref, une vraie merveille.
Cleminou 16/12/2007 avis:
Inventif, intéressant mais tous les titres ne respirent pas le génie à mon gout ( les 4 derniers titres tous plus ou moins pop par exemple n'apportent pas grand chose de plus que les créations des Beatles). Interstellar Overdrive a une bonne base mais est certainement trop expérimentale. (elle ne me fait pas toujours d'effet) Astronomy Domine et Lucifer Sam sont il est vrai excellentes et très originales; comme tout l'album dailleurs on ne peut pas lui enlever ca. En bref un très bon album mais à mon humble avis pas le meilleur du Floyd ni du Psyché : je lui préfère Atom Heart Mother, Meddle, Dark Side of the Moon, Wish You Were Here, Animals de la maison Pink Floyd, et l'eponyme des Doors ou le Sgt Peppers, entre autres. Entre bon et très bon pour moi donc
rain singer 08/11/2007 avis:
Pink Floyd n'a pas du attendre l'arrivée de Gilmour pour devenir un grand groupe. Evidemment, le meilleur est toujours à venir, mais ce Piper démontre que le quatuor a déjà une sérieuse avance sur son temps. Dès la première écoute, l'impression d'unité entre les morceaux force le respect, à en faire pâlir Sgt Pepper. Les morceaux, eux aussi, sont d'une réelle qualité, en particulier les épiques Astronomy Domine et Interstellar Overdrive. Dur à appréhender, malgré son aspect plus pop que les autres albums du groupe, mais très bon néanmoins.
Simon 23/07/2007 avis:
Pas aussi bon que ce qui va suivre, mais n'oublions pas que si "dark side of the moon" existe, c'est
grâce au génie créateur disparu...
Denis 15/07/2007 avis:
Un des albums que j'aime le moins dans la discographie du Floyd. ces pseudos pop songs psychedeliques me rasent un maximum et Syd Barrett est un piètre chanteur et guitariste (ce qui ne sera pas le cas de l'excellent David Gilmour, fort heureusement!). l'album suivant sera déjà beaucoup mieux mais le meilleur est à venir avec "More"....
Milan 17/09/2006 avis:
Bon disque, mais pas le meilleur du Floyd. Et puis, Syd Barrett m"énerve. Dommage qu'il soit mort, mais ça ne m'a pas empêché de ronfler...Je suis vache, je sais.
Clash 11/07/2006 avis:
Cette note est pour cette connerie qu'est la vie : Syd Barrett vient de mourir.
Chienne de vie. Un des plus grands poètes rock (un des plus chtarbés aussi, mais pour lui, c'était involontaire) vient de tirer sa révérence...
So long, Syd.
Clash 10/06/2006 avis:
Tout à fait, les singles !!! Certains d'entre eux ("arnold layne", "see emily play", plus un ou deux signés Waters ou Wright - "julia dream", "paintbox") sont sur "Relics" de 1971.
Mais pas le superbe "appels and oranges", hélas...
Victor 14/05/2006 avis:
Et n'oublions pas les magnifiques singles (toujours de Barrett) qui sont sortis à cette époque là comme Arnold Layne, See Emily Play ou Apples an Oranges.
Clash 30/04/2006 avis:
Ultime précision : quand je dis "meilleur disque de psychédélique", je parle de psychédélique ANGLAIS.
Pour les U.S.A., "Forever changes" de Love est tout aussi exemplaire.
Clash 30/04/2006 avis:
Voici le meilleur absolu du Floyd.Leur premier aussi, ce qui est déjà prometteur pour la suite.
Leur seul de rock psychédélique, ce qui fait donc de ce "piper..." le plus grand disque de psychédélique.
"astronomy domine" et "interstellar overdrive" : deux monuments.
Et Syd Barrett est un génie total.