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©Violent Journey Records

STYLE : Kosmiche Black


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Oranssi Pazuzu - Muukalainen Puhuu - 2009

1Korppi
2Danjon Nolla
3Kangastus 1968
4Suuri Pää Taivaasta
5Myöhempien Aikojen Pyhien Teatterin Rukoilijasirkka
6Dub Kuolleen Porton Muistolle
7Muukalainen Puhuu
8Kerettiläinen Vuohi

      Assatur


14/10/2009    

Oranssi Pazuzu makes music that lures all the arsonists and smokers to hold each others hands.”

S'il y a un groupe cette année qui aura su forcer son originalité, c'est Oranssi Pazuzu. La pochette de son disque, la liste de ses nfluences, cette devise, tout semble concorder pour porter le groupe dans les sphères select que sa musique tend à rejoindre. Le Black Metal n'est pas le couffin de Juho Vanhanen, vocaliste autrefois leader d'un groupe de rock psychédélique formé à l'aube des années 2000, Kuolleet Intiaanit. Après sept années de loyaux services dans un relatif anonymat, la formation implose et Juho en forme un nouveau, ambitionné comme le pendant Black du précédent. Avril 2009, les finnois délivrent Muukalainen Puhuu qui passera inaperçu malgré le potentiel engageant de la jeune formation. Il serait pourtant cruel d'enterrer trop vite un album qui, s'il partage les mêmes influences que Nachtmystium (Pink Floyd, Electric Wizard) s'engage dans une autre voie, oubliant l'efficacité punk ou le charisme kitsch des soli prog au profit d'ambiances décalées que n'aurait pas reniées la musique électronique germanique des 70's. Ce qui fait planer le quintet, c'est la Kosmische music ! Un croisement qu'avait épargné encore la manie obsessionnelle des hybrides dans le Black, intensifiée à l'heure où Internet tend à brouiller tout repères et où le Black trop passéiste finit irrémédiablement dans l'anonymat. Pourtant avec toute sa bonne volonté d'OVNI musical, Oranssi Pazuzu n'a pas suscité un émoi notable... Quand un disque échappe à l'anonymat, mais encore aussi au succès c'est bien qu'il secrète quelque chose d'original.

C'est qu'il faut persévérer pour y voir clair dans la nébuleuse... La première écoute laisse une impression mitigée, celle d'un disque bancal qui se cherche, audacieux mais sans génie, après tout on ne fait pas d'œuvres sur l'idée seule, il faut du style derrière. "Korppi", ouverture un peu rêche et timide laisse entrevoir une musique baroque, mais artificielle, aux influences mal recoupées mais parsemée d'indices engageants, comme cette basse hypnotisante. Il y a aussi bien sûr ce son jouissif du mellotron et de l'orgue Hammond qui marquent la nostalgie d'une époque tout en embrayant, sur le lit de guitares acérés, une nouvelle voie qu'on espère voir se révéler plus tard. On tâtonne alors jusqu'à découvrir qu'au-delà de l'intriguant hybride déclassé se trouve un point de fuite tellement évident qu'on ne le percevait plus. Loin de donner dans l'addition sommaire d'éléments modernes et anciens, les différentes influences se retrouvent dans une complémentarité nouvelle. Le psychédélisme "spacey" des claviers couplé à une guitare distendue, bluesy dans des aérations génialement planantes se fond dans l'aigüe des guitares pour révéler la teneur atmosphérique d'un Black finalement pas si innovant, lui. A ce moment-là, on penserait à un Lunar Aurora débarrassé du néoclassique, tout aussi nocturne mais moins effréné. "Kangastus 1968" est ce cocktail parfait, jonction évidente de deux antagonismes musicaux qui trouvent un terrain d'entente (sur une colonie spatiale, de préférence.) D'autres pistes se rallient à l'une ou l'autre des influences opposées, "Myöhempien Aikojen Pyhien Teatterin Rukoilijasirkka" prenant le parti d'un Black efficace et rock tandis que le titre éponyme se complaît dans l'ambiant le plus évocateur, hommage rapide à Tangerine Dream sur lequel flotte les expérimentations d'une guitare. "Dub Kuolleen Porton Muistolle" semble être une jam interminable où la basse escorte un long décollage guitaristique sur le sol spongieux des claviers. Les passages instrumentaux restent clairement le vivier le plus réussi d'essais en tous genres, délaissant une voix acrimonieuse qui demeure peut-être le point faible du disque, redressant trop peu les compositions malgré une diction rocailleuse et charismatique du finnois.

Finalement le Pazuzu Orange (hommage au Flamand Rose ?) tend à restituer un panorama absolument charmeur de l'espace, comme dans la SF old-school où l'espace inconnu est source de remises en question mais surtout l'occasion d'aboutir un imaginaire fun, naïf ou rêveur, de désacraliser la pesanteur oppressante de ce grand vide où se ressource en effroi le suisse Darkspace. Imparfait mais fondamentalement plus innovant que la cohorte de suiveurs annuels, Muukalainen Puhuu rejoint le dernier album de Nachtmystium dans une galaxie d'étoiles brillantes qu'on espère encore bien vivantes (et inspirées, si possible.)


Avis de la Team
Assatur

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Astro  14/10/2009    avis
... quand les français comprendront-ils que "Pink Floyd" n'a jamais voulu dire "flamand rose"... ???



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