Formé à Lausanne en 2003, Monkey 3 s’est vite forgé un nom sur la scène stoner à grand coup de concerts psychédéliques, faits d’ambiances planantes et de projections folles sur batterie comme sur backdrop. Pendant helvète de My Sleeping Karma, quoique plus cosmique que peut l’être le groupe allemand, le quatuor a fait grande impression avec ses deux premiers opus et la publication l’année passée d’un disque de reprise n’a que partiellement apaisé les attentes du public, malgré la participation de John Garcia en guest de luxe sur cet Undocover de qualité. C’est pourquoi, lorsque l’on apprend que le combo publie son troisième effort aux alentours d’avril, en autoproduction certes mais extrêmement bien distribué, l’idée d’espérer l’un des meilleurs albums de l’année ne paraît pas saugrenue. En effet, derrière la cover signée Malleus (Ufomammut) se dissimule un concentré de stoner rock spatial et dévastateur. Un disque qui compte.
Instrumental et jonché de nappes de clavier, seule preuve d’apaisement au milieu d’une furie de guitare, Beyond The Black Sky joue sur les humeurs et développe progressivement quelques ambiances cosmiques avant de laisser exploser sa rage, un temps contenue. Quelques influences arabisantes viennent colorer le propos de ça de là (« Camhell », « Through The Desert ») se fondant parfaitement dans l’univers nébuleux du quatuor. Ambiance toujours, avec « Tuco The Ugly » ou « K.I », titre plus immédiats, faisant face à « Black Maiden », pièce épique de plus de 8 minutes - dont chaque note provoque un émoi passionné. C’est bien sur cette partie du disque, où s’entremêlent les notes et les colorations musicales, que les Lausannois s’approchent au plus prêt des pentes de la perfection. L’absence de chant et les velléités hypnotiques de la musique renforce le coté transe sur lequel plane l’ombre d’influences électro digérées par cette bande de singe musicalement affutée. En quelques 40 minutes où la fuzz s’en donne à cœur joie le quatuor rappelle pourquoi il a déjà foulé toutes les marches de l’underground stoner, jusque sous les tentes bondées du Hellfest. Une fois encore, après Celtic Frost, Coroner, Sludge ou Kruger, la Suisse perpétue sa tradition des groupes à part, qui vont un peu plus loin et font avancer leur genre.
En parfaits poseurs d’ambiances, les Suisses font de leur troisième véritable opus un monstre progressif empruntant autant à Hawkwind qu’au grand Sabbath. Mû par une passion pour la musique des années 70’s mais porté par un son et des attaches clairement actuelles, Monkey 3 signe là un album important, massif et subtil. Rien de moins.
Myspace Monkey 3
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