Il fut un temps où Pink Floyd n’était pas l’énorme groupe que l’on connaît maintenant, avec des disques aussi mythiques que Dark side of the Moon et The Wall ou des tournées aussi mégalo que The Wall (encore) ou Pulse. C’était un groupe qui avait son public, qui tournait beaucoup, faisait des disques qui se vendaient, mais sans plus. C’était surtout un groupe qui expérimentait, qui se lançait dans de longues interprétations en concert de morceaux d’ambiance ("Set the control of the sun", "Embryo", "Careful with that axe Eugène"…) et innovait sans cesse en studio. Avec Atom Heart Mother on peut considérer que la bande à Nick Mason avait enclenché le processus d’achèvement de ce groupe là, que son successeur Meddle vient clore. Le premier possédait une face où un morceau était poussé à son maximum (c’est à dire un peu moins de 25 minutes sur un vinyle) et une autre où les titres étaient de plus courtes expérimentations ou des chansons sans grandes prétentions. Un schéma repris et inversé pour le second, dernier album du Pink Floyd à taille humaine.
Loin des déchirements ultérieurs, David Gilmour et Roger Waters s’unissent d’entrée par le pouvoir de la basse. Les deux se répondent et bâtissent "One of These days", l’un des titres les plus violents de leur discographie. Portée par le vent, la guitare arrive et vole telle le goéland au-dessus de ce magma de notes tribales. Un courant d’air, un groupe qui se sent pousser des ailes au point de se laisser aller jusqu’à la menace explicite, éructée par le batteur avant un déclenchement de fureur binaire, de couper l’auditeur en petits morceaux. Une véritable machine de guerre que cette introduction, qui pourtant se fait casser net dès le second morceau. Le groupe se tourne alors vers le méditatif et la pop tranquille avec "A pillow of winds", une invitation à la sieste signée Gilmour. Ce n’est pas "Fearless" qui nous sortira de la torpeur ni le reste de cette face A qui n’est pas la plus marquante de l’histoire de Pink Floyd, bien qu’elle reste tout à fait agréable.
Au niveau du chant on remarquera que Gilmour prend de plus en plus de place puisqu’à l’exception de "San Tropez" on n’entend pas Roger Waters (qui a quand même écrit tous les textes). Pour le reste, chacun fait dans son propre champ de compétence mais sans s’isoler. Le collectif Pink Floyd est encore une fois de la partie, collaborant de bonne volonté pour composer ces morceaux à la nette inclinaison jazz, après l’orientation classique du précédent album. Au rayon originalités on retiendra "Fearless", son riff à la guitare sèche (parait-il trouvé des années avant par Syd Barrett) et son collage du "You never walk alone", l’hymne des supporters de Liverpool (alors que Waters est réputé supporter d’Arsenal). On retiendra aussi "Seamus" et son chien chanteur. Un amusement plaisant quoiqu’anecdotique joué sur un bon vieux blues.
Mais ce que l’on retiendra globalement de Meddle, c’est qu’il marque quelque part les derniers instants de totale concordance dans le groupe. Le meilleur exemple revenant bien sûr à "Echoes". Après "Atom heart mother", un autre titre de 25 minutes nous est offert. Cependant là où le premier titre était un bazar foutraque, on sent que cette fois-ci Pink Floyd a fait l’effort de structurer son œuvre. Accidentellement Rick Wright a fait surgir une note de sonar de son instrument. En brodant dessus, le groupe instaure une ambiance, un matelas sur lequel les voix de Gilmour et Wright s’allongent avec un bonheur contemplatif jouissif. Une harmonie quasi divine qui fera le bonheur d’Adrian Maben lors du live à Pompéi. Les syncopes claviers/basse, les parties inspirées de Gilmour, le trip psyché avec les mouettes sorties de la guitare (lui aussi survenu accidentellement d’ailleurs, le guitariste ayant inversé ses branchements par mégarde)… Tout concorde à faire de ce titre l’un des grands moments des seventies. "Echoes" hisse à lui seul Meddle dans le panthéon floydien malgré sa face A relativement faible. Il est en tous cas la quintessence du Pink Floyd d’avant Dark Side of the moon, sa pièce la plus maitrisée. Le groupe a terminé ses expérimentations, en a livré le meilleur. Il peut désormais passer la quatrième et changer de dimension.
C'est ici que tout commence, après des débuts intéressants mais parfois inaudibles (qui peut prétendre ne s'être jamais bouché les oreilles sur Saucerful Of Secrets?), voici le chef d'oeuvre, l'apothéose, le nec plus ultra du rock space-prog, avec One Of These Days dont l'ambiance glauque est à coupé le souffle, les 2 imperturbables A Pillow Of Wind et Fearless où les harmonies vocales et les petites mélodies sont littéralement renversantes (même après 25 écoutes consécutives je fond encore en larmes, et pour info le chant de stade à la fin de Fearless est You'll Never Walk Alone, l'hymne du club de football de Liverpool), ou encore le bouquet final Echoes où la guitare de Gilmour fait des merveilles et où la capacité à créer des crescendo sidère le fan déjà subjugué (pour info encore, les cris du milieu sont fait par des ptérodactyles, comment on le sait? c'est Roger Waters qui l'affirme). En bref, si Pink Floyd fera par la suite d'autres chefs d'oeuvre et que je les adore tous (même The Final Cut et The Division Bell), j'ai toujours un faible pour Meddle qui reste celui qui m'a fait le plus d'effet.
le_duff 27/08/2009 avis:
Combien d'albums qui sortent de no jours peuvent revendiquer 23 minutes et 30 secondes de génie? A peu près aucun. En ce temps là, c'était la durée de la piste "Echoes" de Pink Floyd. La version live de Pompei révèle encore plus avec l'image les sections les plus jouissives de ce chef d'oeuvre. Certains diront le premier titre de Pink Floyd qui lance la descénie glorieuse, d'autres l'apogée. Une chose est sure les titres longs ("Shine on you crazy diamond" "dogs") se devaient d'être à la hauteur et l'ont été parce que la barre avait été placé très haut. Le reste du disque enfin la première face est encore de l'expérimentation mais dont la qualité surpasse les opus précédents.
TiTi 02/07/2008 avis:
Super album bien sur, de toute façon j'arrive pas à critiquer Pink Floyd. Par contre je vais encore plus préciser : sur One of these days, c'est pas Waters, c'est pas Gilmour, c'est Waters ET Gilmour qui jouent de la basse! Et pour Echoes, le sonar, c'est pas de la gratte, mais le clavier de Wright branché sur une enceinte Leslie (qu'il est bien le bouquin de Mason!! ;))
Lény 23/05/2008 avis:
Ouais super album, avec un son meilleur qu'Atom Heart. One Of These Days, super rythme, et puis Echoes, immortalisée dans le live at Pompei, vraiment grandiose, et quel partie de chant!! pour info à la fin de Fearless, c'est bien un chant des supporters de Liverpool, à savoir la mythique You'll Never Walk Alone qui fait partie de la légende du foot anglais!
dadoo 11/12/2007 avis:
cet album est vraiment intriguant parce que c'est une sorte de chef-d'oeuvre du groupe, mais il y a vraiment un contraste par rapport à Dark Side Of The Moon qui est le son : sur Dark Side, le mixage, renforce beacoup l'effet du rêve, du style planant des Pink Floyd. Par contre, dans cet album, le son est beaucoup plus brut, plus acoustique, moins fini, mais l'effet planant est quand même là !
rain singer 03/12/2007 avis:
Rien à redire, du très grand art. Si ce n'est qu'une nouvelle machine est en marche, que je continue à considérer que, d'une part, les délires passés d'Atom Heart Mother restent le sommet dans la carrière du Floyd et que des choses encore meilleures sont toujours à venir avec les albums suivants. Mais franchement, Meddle est une réussite totale de plus.
Cleminou 21/07/2007 avis:
Peut-être un peu trop varié ( des touches de blues et de jazz notamment ) mais Meddle est un album excellent, sans titre qui ne vale pas le coup. Biensur on attendra toujours un peu Echoes...
sam 15/07/2007 avis:
Oui! un album à acheter rien que pour "Echoes"!!! (mais les autres morceaux sont très bons aussi, hein!).
Simon 14/06/2007 avis:
Echoes est le meilleur morceau du Floyd.
Mr. Zappafloyd 25/03/2007 avis:
Belle chronique, mais je tiens à préciser que sur "One Of These Days" c'est Gilmour qui joue de la basse (et oui!) et non Roger Waters!
Sinon album grandiose!!!
Loïc 24/09/2006 avis:
Oui, en effet, la chanson " Fearless " a été enregistrée lors d'un match de Football, l'"hymne" est chanté par les supporters du club de Liverpool
blaise 31/07/2006 avis:
Le meilleur Pink Floyd? En tout cas, cet album contient une vraie perle: "echoes" et ses 20 minutes de perfection...Un album qu'on trouve encore meilleur au fil des écoutes.