1977 LEAVE HOME … KEUPON…
On ne le dira jamais assez, mais d’une certaine manière l’histoire du punk ne serait pas si les Stooges et les MC5 n’avaient pas existé. En effet, qui mieux que ces groupes à l’enthousiasme subversif su transformer l’esprit de révolte du début des seventies en une rage sacrée, implacable et brutale ? Les New York Dolls ? Possible. Le Velvet Underground ? Probable. Mais à un niveau moindre. Car lorsque l’on évoque les principales influences des Ramones, ce sont instantanément la bande à Iggy, comme les Motor City Five qui s’imposent. Et si, à l évidence, les new yorkais ont semblé avoir parfaitement digéré cette filiation sur leur premier album, c’est avec ce second volume que cette parenté s’affirme. Une nouvelle fois, le traitement est radical. Toujours aussi frondeur, poussant dans ses derniers retranchements un rock qui commençait sérieusement à se trouver trop beau en son miroir, Leave Home lave aussi punk que son prédécesseur et renvoie à leurs chères études bon nombre de progressistes à la mort moi le Yes.
Peut être un peu plus mélodique, plus pop, bénéficiant d’une meilleure production, Leave Home a longtemps été considéré comme un outsider au sein des trois premiers albums du groupe. Pourtant, tout est là dans ce grand écart adolescent. La hargne, la sincérité, l’agitation. Même cette pseudo coloration crétine jetée en pâture à la critique. Aussi, loin d’être la copie conforme de l’ovni de 76, que l’on pourrait taxer de matières premières, ce disque possède une vraie personnalité. Ainsi, en quelques titres biens choisis, mêlant provocation (Glad To See You Go) clin d’œil au passé (California Sun) ou incitation à la débauche (Carbona Not Glue) si les composants sélectionnés font mouche, les Ramones n’en oublient pas pour autant leur instinct naturel au second degré. De fait, reprenant le flambeau là où s’était arrêté Ramones, Leave Home nous propulse de nouveau dans un milieu à bouffées délirantes. Un espace dans lequel, inepties et idéalisme se rejoignent sur des rythmiques dépassant ouvertement la vitesse autorisée.
Encore une fois très loin des préoccupations qui vont agiter les punks anglais, les Ramones donnent cependant quelques substances au mouvement à venir. A ce sujet, si l’irrésistible Gimme Gimme Shock Treatment, dont l’action thérapeutique n’est plus à démontrer, s’impose naturellement comme le parfait manifeste d’un punk rock américain sans complexe : drôle, satyrique et nourrit aux amphétamines. D’autres, tels, Swallow My Pride, Commando, Pinhead et son refrain emprunté à la scène du banquet du film Freaks, sont des agitateurs remarquablement dédiés à la cause. Au final, bien plus varié qu’on pourrait le croire, allant jusqu’à s’improviser pop singer sur quelques sucreries au inclinaisons sixties, Leave Home est un sacré album. Gabba Gabba Hey !
Le titre « Carbona Not Glue » (faisant l’apologie du sniff de colle) fut retiré de l'album suite à un différend avec l'entreprise Carbona (fabricant de dissolvant) et remplacé sur les pressages suivants par « Babysitter »
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