2005 CAPTURE THE MAGIC ... MEMOIRE VIVE ...
Spécialisé dans le tribute album ou la compilation métal et après avoir longtemps joué les intermittents au sein de la cause heavy, Icarus Witch saute enfin sur l’occasion pour nous montrer tout son savoir faire. Disons le tout de suite, la surprise est de taille car ce Capture The Magic ressemble plus à une plongée dans le passé qu’à une entrée dans le troisième millénaire. Disciple d’un heavy métal emprunté aux années 80, mais avec une production très actuelle, la sorcière prend le risque de surprendre avec un disque inattendu, dont l’originalité rétro ne cède en rien à la qualité des compositions.
Sans faire mystère de ses influences multiples, l’album affiche en tête de série, neuf titres oscillant entre le mid tempo et le carrément lent. Drôle de pari, me direz-vous, à une époque où tout n’est que surenchère, pouvoir d’accélération et trash à profusion. Peut-être, mais après quelques écoutes, force sera de vous rendre à l’évidence que cet album revitalisant suscite en nous autre chose que de l’indifférence. Grâce à une qualité de compositions au travers desquelles les fantômes de Judas Priest, Black Sabbath, Riot et autres Rainbow sont conviés, Icarus Witch nous rappelle à l’intemporel d’une certaine époque.
Epique par bien des côtés, efficace dans sa folie contrôlée, le heavy délivré ici prend son temps. A l’image d’un Darklands aux couleurs néo classique bien campée sur ses positions, du spectre d’un certain Xavior Holmes, Capture The Magic nous parle d’un temps que mes moins de vingt ans se doivent de connaître. Joués avec la manière et non à la manière de, chaque titre sait aussi prendre le large pour faire étalage de talent. En matière de talent, Matthew Bizilia en connaît un rayon. Avec ce timbre de voix éraillée toujours en odeur de précipice, ce chanteur porte en lui le lyrisme d’un certain madman sans faire injure à la présence vocale d’un non moins R.J. Dio.
Pas vraiment au goût du jour, mais à la faveur des meilleurs, ce disque est à prendre comme un pavé dans la mare. Un pavé, certes, mais qui sait traumatiser le souffre juste ce qu’il faut pour nous prendre en otage volontaire d’un rock qui ne cache pas ses sources. Habitués des distributeurs de métal actuels, venez faire un tour du côté d’un groupe au sein duquel les guitares ne peuvent être accusées d’avoir la mémoire courte.
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