Folklore, ultime disque de Sixteen Horsepower, voit le jour en 2002 dans le Midwest, terre très pieuse. Les textes ainsi que la voix qui les déclame sont empreints d’une grande ferveur. Il nous suffit de regarder un live de feu ce groupe pour mesurer la hauteur de la flamme qui anime le porte-parole de Sixteen Horsepower.
David Eugene Edwards, chanteur de cette escadrille rocambolesque, teint le folk avec des nuances mélancoliques, bluesy. Son timbre de voix est assez particulier et les passages voix de poitrine, voix de tête, se font à la sauce cow-boy (on peut aussi penser aux techniques de chants traditionnels yiddish pour ces passages registraux)
Après être allé vous recueillir dans une quelconque église l’espace de la première piste de l’album, vous êtes fin prêts pour aller accomplir votre destin. Préparez-vous à être transportés dans les grandes plaines de l’Ouest des Etats-Unis, là où l’homme n’est pas encore en mesure de rivaliser avec une Nature invasive et austère.
Vous voilà chevauchant à cru des purs-sangs épuisés de leur long voyage à travers les terres infertiles. Vous sentez vous-même vos limites, vous êtes écrasé par un paysage sans limite. Vous sentez que vous pouvez y rester. Vous rencontrez le danger, côtoyez le mal incarné, la mort, l’amour…
Vous pensez alors à tous ces peuples du monde entier, seuls contre tous, qui vous renvoient votre image et qui continuent à avancer à leur rythme, bravement, en laissant leurs empreintes sur la terre qu’ils foulent : traditions et cultures. Ils contribuent à la richesse du monde, comme vous insufflent par la pensée la force nécessaire pour continuer.
Car continuer est la fin, autant que le moyen.
Après la sombre et longue traversée, vous voilà arrivés au ranch, piste 5 « Single Girl ». Nous y reviendrons à la piste 10 avec " La Robe A Parasol ". Ce sont les deux entractes, à intervalles réguliers, de l’album. Le premier est country, le second se prête aux danses folkloriques. C’est d’ailleurs sur ce morceau "la Robe A Parasol " que s’achève Folklore.
Si vous avez envie de sombrer dans la contemplation de la nature humaine, d’être fasciné par sa sombre connotation, il vous faut vous munir de ce petit chef d’œuvre de mélancolie. Vous partirez pour un long périple, qui risque de vous donner soif. Mais comme nous l’avons remarqué, on trouve toujours un endroit où s’abreuver, même sur les terres infertiles.
Dommage qu’après Folklore il n’y ait plus d’autres disques manufacturés par nos ténébreux cowboys, un live mis à part.
Cependant, la voix de David Eugene Edwards continue à faire parler d’elle du Midwest jusqu’en Europe, avec son nouveau clan, celui de Woven Hands…
THE END
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