2008 et le chemin de traverse Fleet Foxes.
Quarante années séparent la formation des Beach Boys (en 1961) et la rencontre de Robin Pecknold, Skye Skjelset, Josh Tillman, Casey Wescott, Christian Wargo sur les bancs d’un lycée de la région de Seattle. Un saut de près d’un demi-siècle pour découvrir les successeurs des californiens, aujourd’hui déchus par leurs benjamins. Car n'ayons pas peur des mots : Fleet Foxes a détrôné haut la main Mike Love et sa bande. Par leur mélodie et chœurs harmonieux, clairs mais complexes, nos cinq amis venus de l’État de Washington impressionnent de par leur maîtrise vocale et musicale. Les émotions ne sont que plus pures.
La beauté paraît d’une simplicité déconcertante. Il suffit de trois guitares acoustiques, une basse, une batterie et cinq voix. Ces quelques ingrédients se mélangent dans une volupté sincère, juste une envie de faire de la musique, du folk/rock harmonique. Sources d'une Véritable chair de poule, les chœurs ne ressemblent en rien aux miaulements de Mariah Carey ou d'une autre diva lambda. Non, il s’agit ici d’un véritable instrument allant jusqu’à monopoliser voire donner le rythme sur Heard Them Stirring, titre dont la particularité est de ne posséder aucune parole. À son écoute, un sentiment de quiétude et de chaleur humaine nous envahit. On se plait à rêver de promenades équestres au profond des fjords bordant les forets de Colombie-Britannique. Le cheval est la fluidité de ces airs et ce malgré les nombreux changements de rythmes donnant à Sun It Rise trois mélodies différentes; deux sur Ragged Wood et Your Protector.
Un voyage au travers du temps s’effectue avec Sun It Rise et He Doesn’t Know Why, les deux plages les plus « beach boysiennes » où voguent quelques mélancolies douces par vagues vocales, comme le souvenir d’un lever de soleil. Ceci avant que les joyeux et rythmés Ragged Wood et Quiet House apportent un vent de liberté; un hymne à l’amitié bu dans la clarté des guitares mêlées à quelques notes de piano et cette osmose chorale. Fleet Foxes réussit même à réinventer le chant de Noël avec l'ode à la neige qu’est White Winter Hymnal. Un album éponyme, magique, intemporel, incarné par l’immense Your Protector ou le céleste condensé de magie foxienne. Transcendant d’émotions, le synthétiseur de Casey Wescott joue sur les mots de Robin Pecknold.
Une infinité de mots ne saurait décrire la beauté, si simple soit-elle. On ne peut pourtant pas parler d’apogée vu le jeune âge du quintet et la vie qui s’offre à lui. Dix mains ont modelé la pièce maîtresse ici chroniquée, œuvre dont les cimes restent cachées par-dessus les nuages. Elle touche les étoiles, éternelle, immortelle. Elle brille là-haut au firmament, éclaire nos âmes par sa perfection.
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| Posthuman666 |  |
| Roquentin |  |
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