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STYLE : Rock Progressif

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Electric Light Orchestra - ELO II - 1973

1In Old England Town (Boogie No. 2)
2Mama...
3Roll Over Beethoven
4From the Sun to the World (Boogie No. 1)
5Kuiama

      Religionnaire


09/07/2007    

Après un premier album réussi et dont le concept novateur est plutôt bien accueilli, Jeff Lynne et Roy Wood précipitent leur nouveau groupe en studio pour enregistrer ce qui doit devenir un album concept intitulé The Lost Planet. Seulement deux titres de Jeff Lynne sont enregistrés ("From the Sun to the World" et "In Old England Town") avant que Roy Wood ne décide de quitter le groupe, emportant avec lui la moitié du personnel pour former Wizzard. Les tensions concernant les problèmes de son en concert (difficulté à combiner instrumentations rock et classiques) semblent alors être venues à bout d'un groupe prometteur.

Contre toute attente, Jeff Lynne prend le reste du groupe en main, si bien qu'après quelques recrutements et ajustements, le nouvel ELO peut à nouveau entrer en scène. Les problèmes d'amplification sont résolus en installant les trois violoncellistes ainsi que le violoniste sur le devant de la scène, au même niveau que leurs compères rockeurs. Après quelques concerts de chauffe, il est à temps de rentrer à nouveau en studio.

Ce ELO II est encore trop souvent considéré aujourd'hui comme médiocre sous le seul argument qu'il est un album de transition. Il est vrai, comme le dit Jeff Lynne lui-même, que certains titres sont un peu longs (l'album est enregistré en quasi live et en une prise) et que ses talents de producteur ne sont pas encore ce qu'ils seront (il n'a par exemple pas l'idée de séparer les sections pour mieux les mixer). ELO II est ainsi considéré au mieux comme l'album de "Roll Over Beethoven", alors jugé comme le seul titre réellement intéressant. Cette reprise de Chuck Berry est, il est vrai, assez jouissive, par le principe d'y intercaler des passages adaptés de la 5ème symphonie enrichis par le fameux synthé moog (qui fait ici son apparition dans la musique d'ELO d'une manière un tantinet agressive). Lors de son enregistrement, Paul McCartney et son producteur, un certain George Martin sont présents dans le studio voisin à l'œuvre sur "Live and Let Die". Le second vient alors faire un tour et jette une oreille sur cette version de Jeff Lynne, bien différente de celle qu'il a enregistré avec les Beatles quelques années auparavant. Selon Lynne, Martin, par un sourire et des balancements de la tête, montre sa satisfaction devant ce nouvel indicateur d'évolution du rock.

Le Religionnaire souhaite faire comprendre au mélomane que ce "Roll Over Beethoven" ne doit pas occulter la présence de "Mama…" qui reste la véritable perle du début de carrière de Jeff Lynne. Cette ballade émouvante et très moyennement produite est un véritable sommet dans le style beatlesien orchestral cher à ce dernier, un miracle de beauté qu'il ne renouvellera pas de façon aussi fraiche et naïve par la suite.

L'année 1973 étant progressive par excellence, ce disque n'en est pas épargné ce qui s'avère positif sur le premier titre "In Old England Town (Boogie No. 2)", un garage rock orchestral arrangé et structuré à la manière symphonique. Les effets vocaux façon "21st Century Schizoid Man" y sont mêlés à une rage et à une lourdeur authentiquement metal pour un résultat chargé mais splendide.

Les deux derniers titres sont en revanche plus difficiles à avaler. "From the Sun to the World (Boogie No. 1)" est plus ou moins plombé par une longue introduction au piano avant un intéressant exercice symphonique structuré autour d'un thème aux parfums slaves, alors que l'hymne anti-guerre "Kuiama", qui dévoile lui aussi son intérêt dans sa seconde partie, peut s'avérer pénible sans patience disponible. Reste que ces deux titres, aussi naïfs et indulgents soient-ils, respectent tout de même un tant soit peu les notions de mélodie, d'accroche et de cohérence chères au Religionnaire. Ce phénomène n'était pas garanti à l'époque.

Voilà donc un album sous estimé, à l'image de l'anonymat du titre "Mama…", grand oublié des compilations, au profit de l'emblématique "Roll Over Beethoven". ELO II est pourtant un grand album qui possède tous les ingrédients pour satisfaire le mélomane exigent.

PS : les titres bonus de l'édition remasterisée ne présentent pas grand intérêt, excepté pour les grands amateurs du groupe avides de versions alternatives inédites. Sinon, aucune ne mérite ici une attention particulière…


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Religionnaire

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