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STYLE : Grunge

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Alice In Chains - Dirt - 1992

1Them Bones
2Dam That River
3Rain When I Die
4Down In A Hole
5Sickman
6Rooster
7Junkhead
8Dirt
9God Smack
10Iron Gland
11Hate To Feel
12Angry Chair
13Would?

      Ulyssangus


08/01/2009    

DIRT, OU LA LAIDEUR INTIME

Alice In Chains retourne en studio aux alentours de la sortie de son nouvel EP, Sap, début 1992. Cette fois-ci, le groupe a toutes les raisons d’être confiant en l’avenir. Columbia Records, ravi par le succès commercial des premières productions du quatuor, le soutient activement. De même, le producteur Dave Jerden, qui avait déjà œuvré sur Facelift, insiste personnellement pour réaliser le second album. Malgré tous ces facteurs, les quelques mois passés dans les studios One and One et Eldorado de Los Angeles vont être l’une des expériences les plus éprouvantes jamais vécues par le groupe. Ce dernier est en effet entièrement enfoncé dans un assemblage d’addictions plus sévères les unes que les autres. La section rythmique est la proie d’un alcoolisme violent et désordonné. Cantrell, pris dans une profonde dépression après la mort de sa mère et d’un de ses amis, compense par une consommation frénétique d’anxiolytiques. Et, le dernier mais non le moindre, Layne Staley s’adonne sans discontinuer aux brumes du haschich, et surtout aux fulgurances de l’héroïne, poussant le sordide jusqu’à s’injecter la funeste dose devant ses camarades. L’enregistrement de l’album fut donc un supplice de Sisyphe long et saumâtre, un couloir cruel sans cesse renouvelé.

Les conditions terribles de l’enregistrement de Dirt se retrouvent à son écoute. Rares sont les albums qui exsudent un pareil sentiment de douleur. Chaque riff, chaque mélodie, semble empreinte jusqu’à l’essence d’une horreur sourde, implacable, poisseuse. Les rythmes lents solennels, paraissent comme autant de déclarations funèbres. Certains sont même allés jusqu’à comparer Alice In Chains à Joy Division. Il est vrai que le parallélisme entre ces deux formations est intéressant, les américains et les anglais partageant une noirceur presque constante de la musique et des textes. La différence principale étant que la tristesse de Joy Division était principalement l’apanage de Ian Curtis, tandis que l’ensemble du personnel d’Alice In Chains semble engagé dans le même état d’esprit funeste. Dirt peut ainsi être vu comme une version moderne, dépressive et cruelle du désespoir qui a suivi la fin de la vague punk, en conservant une forme classique héritée des années 1970. Les thématiques de l’album sont évidemment d’une extrême abjection, ressassant avec une obsession maladive les conséquences de l’addiction sur l’être humain, chantant les souffrances de la guerre, de la solitude, de l’auto-destruction. Aucun répit n’est laissé à l’auditeur dans ce tourbillon ininterrompu de confidences d’une sincérité nauséeuse.

La pesanteur oppressante des textes est décuplée par la force étouffante de la musique. Alors que Facelift présentait encore une certaine légèreté, Dirt délivre une tension ininterrompue, perceptible à chaque instant, même au cœur des morceaux les moins brutaux. Explosions de violence misérable et déclarations élégiaques se succèdent sans jamais faiblir. L’écoute de l’opus est une expérience sans cesse éprouvante, mais ô combien enrichissante… Car oui, ce disque est beau. Ces riffs, d’une clarté gluante, ces rythmes écrasants, ces soli déchirants, sont l’expression musicale d’une fureur intime à l’ampleur universelle. Et, au sommet de ce maelström, planent les voix de Jerry Cantrell et de Layne Staley, d’un lyrisme à couper le souffle, si belles que l’on croirait entendre une réminiscence moderne de Crosby, Stills and Nash. La force de l’album en fait un des chefs-d’œuvre de la décennie, plaçant Alice In Chains à l’égal de ses rivaux de Nirvana, loin au-dessus de ses rivaux de l’époque. Cet immense requiem recèle d’intenses moments d’absolu, comme le lyrique "Down In A Hole" ou le crépusculaire "Rooster", deux chefs-d’œuvre intemporels, dont l’impact ne fait que grandir avec le temps. Recueil de classiques grunge, catalogue des défaillances humaines, leçon de hard rock, Dirt est tout cela à la fois. Sa légende n’a jamais faibli jusqu’à aujourd’hui. Le mythe est à jamais en marche.


Avis de la Team
DocSavage
KlOwN
Mike.Patton
Religionnaire
Roquentin
Ulyssangus
Val

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JFL  28/01/2009    avis

Les débats font rage entre les pro-Dirt et pro-Alice In Chains: les premiers considèrent que leur chouchou est tout simplement l'album culte et référence du groupe, alors au sommet. Les seconds (dont je fais partie, héhé!) pensent que c'est bel et bien "l'album au chien" qui demeure leur chef d'oeuvre. Et la réalité, c'est qu'il est impossible de savoir qui a raison ou tort. Dirt et Alice sont incomparables, par leur son, leur époque, et l'état aussi bien psychique que physique des lascars de Seattle (surtout Staley). A la première écoute de Dirt, nul doute n'est permis: on est bien plongé en pleine année 1992! Le son de gratte évoque parfois Pantera ou Metallica, bref du bon gros nineties, mais a cependant (bien) mieux vieilli que celui de ces mêmes comparses. Dès l'ouverture, l'auditeur est absorbé par les riffs assassins de Cantrell, la voix écorchée vive de Staley et la section rythmique discrète mais irréprochable. "Them bones" donne le ton: cet album va être bon, très bon même. Après cette intro (qui reste l'une des toutes meilleurs chansons du groupe), l'enchaînement des 5 chansons suivantes laisse tout simplement tout fan de gros rock sur ses petites fesses potelées; On retiendra notamment deux tueries, "Sickman" et sa construction en ascenseur complètement tarée et géniale, et bien sûr "Rooster", l'un des hymnes de cet album à l'arpège initial tout simplement envoûtant. La suite est à mon goût un peu plus irrégulière mais la fin de l'album est à l'image de la 1ère moitié: géniale. "Angry Chair" (compo de Staley) glace le sang et réchauffe sur son refrain, "Would?" est un petit tube grungy et surtout l'immense "Down in a hole", selon moi la plus belle performance vocale du grand Layne S., qui s'arrache les tripes sur ce morceau-épitaphe terriblement prémonitoire. Bref, Dirt est à mes yeux un poil moins bon que Alice in Chains, mais n'en demeure pas moins un superbe album, qui a mieux vieilli que ses contemporains, et qui nous montre une facette très sombre mais aussi enragée et vive du groupe, qui déploie ici une énergie évidente. Bon sang quel grand groupe qu'Alice in Chains...Note: 8.5/10


Seijitsu  21/01/2009    avis

Difficile d'écouter cet album sans être déçu quand la seule chanson que l'on connaît d'Alice in Chains est Them Bones qui n'est absolument pas représentatif du reste de l'album. Mais passé une première écoute déconcertante, nous découvrons un disque pas loin d'être exceptionnel. Un heavy metal sombre et suffocant qui nous rappelle souvent Black Sabbath. Malgré le côté malsain du CD, chaque chanson est mélodieuse à souhait, le groupe a mis de la pop dans son heavy metal et on peut dire qu'il n'ont pas fait le mauvais choix. Certains détesteront car il trouveront ce Dirt trop mou, d'autre adoreront l'ambiance de cette perle. Pour moi Dirt est et sera toujours un grand disque et dire que le meilleur du groupe est à venir... Note: 9/10


julien  03/09/2007    avis

Deuxième album du groupe après l'album de la découverte: Facelift en 1990.
Cet album Dirt est comme le précédent avec sans doute les gros riffs en plus qui font que cet album est mieux que le précédent.
Il est vrai que les paroles traitent de la mort dans les trois quarts des morceaux et on va dire que c'est un point assez négatif malheureusement sauf le titre Rooster qui parle de l'expérience personnelle du père de Layne Staley lors de la guerre du Vietnam( Rooster étant apparemment le surnom du père de Staley).
Autrement des titres comme Rain when I die ou Down in a hole et consorts sont assez déprimants niveau paroles où l'idée de la mort émerge et traitent plus ou moins de relations sentimentales qui finissent mal et puis Junkhead un titre 100% destiné aux junkies et reflète bien l'état d'esprit dans lequel se trouvait le chanteur au moment de l'enregistrement de cet album( son état était encore correct).

En résumé un album qui s'écoute bien mais avec cependant des moments de lenteur et de mollesse surtout quand le chanteur interprète ces chansons lentement et la mort qui fait partie intégrante, on peut dire, de leur album.


Clash  09/07/2006    avis

Album excellent, mais je préfère leur disque éponyme de 1995.
A quand sur le site, le disque du 'chien à trois pattes' ? (c'est le même album, d'ailleurs).



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