John Garcia, le chanteur de Kyuss est probablement celui qui a le plus de mal à se remettre de la dissolution du combo culte en 1995. Il y a bien eu Slow Burn, tentative avortée de reprendre l’étendard desert rock planté entre deux cactus qui n’ira pas plus loin que deux démos et un Ozzfest. Non, le versatile chanteur ne s’y sentait pas à l’aise et préférera monter un nouveau projet, porté par l’indéfectible amitié qu’il porte à deux de ses amis musiciens Arthur Seay (guitare) et Miguel Cancino (Batterie). Les deux larrons ont pris l’habitude de jouer ensemble durant de nombreuses années et sont très au fait de la scène rock californienne. L’arrivée de Dave Dinsmore (basse) en remplacement de Eddie Plascencia, vite écarté, permet au groupe de publier ses premier titres via un split cd avec les suédois de Dozer. La machine Unida est en marche.
Enregistrée en seulement 10 jours par Steve Feldman aux Monkey Studios de Palm Springs, cette galette renferme l’essentiel de la force de frappe du quatuor, sans s’encombrer de titres faibles. En seulement 8 titres, la messe est dite. Délaissant les expérimentations blues et les penchants psychédéliques de Kyuss, Unida se concentre sur le riff surgras et la lourdeur inhérente au style pour servir un flux continu de heavy rock couillu. "Thorn" ouvre d’ailleurs les hostilités de la meilleure des façons, avec son riff sautillant et sa rythmique sans concession. Le reste passera avec la même facilité. Il faudra attendre "If Only Two" pour obtenir une relative aération dans le jeu du quatuor californien, offrant d’ailleurs à John Garcia l’une de ses toute meilleures parties vocales. Mais c’est bien "Black Women", porté par sa présence dans le célèbre jeu vidéo Tony Hawk's Underground, qui retient toute l’attention des amateurs de cet opus brûlant. Coping With The Urban Coyote se referme avec ‘‘You Wish’’, complainte désertique de presque 10 minutes coulant la lave d’un rock en fusion dans les veines de son auditoire. La grande réussite de cet album amène certains le considérer comme la suite légitime d’And The Circus Leave Town ce qui sonne finalement comme le meilleur des compliments.
Unida finalement s’impose comme le lien parfait entre le son désertique de Kyuss et les velléités plus classiques d’Hermano. Un pont qui ne durera qu’un opus puisque le second effort du combo, qui avait alors signé chez American Recording, ne sera jamais publié, jugé trop faible par la maison de disque. Le mythique et regretté label Man’s Ruin en fera d’ailleurs quelques copies distribuées illégalement lors des concerts. Unida n’a jamais été officiellement dissous et s’est produit pour la dernière fois en 2007 (Scott Reeder, qui fut bassiste de Kyuss participe souvent aux tournées du groupe). Il apparaît pourtant que le temps libre de John Garcia (qui consacre une bonne partie de sa vie à son second métier et passion : vétérinaire) va à Hermano, combo au succès retentissant en Europe et particulièrement chez nous.
"and never surrendering" chante Garcia sur "You Wish"…
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| Iro22 |  |
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