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STYLE : Dark Folk

DU MÊME ARTISTE :

Rome - Confessions d Un Voleur d Ames - 2007

1Ni Dieu Ni Maître
2The Consolation Of Man
3Le Carillon
4Der Wolfsmantel
5Querkraft
6The Torture Detachment
7Le Voile De l'Oubli
8The Joys Of Stealth
9This Twisted Crown
10Novemberblut
11Wilde Lager
12L'Adieu Aux Anciens

      Posthuman666


13/10/2009    

Jérôme Reuter, capitaine du projet Rome, est un conteur et bidouilleur visionnaire. Sa musique provient d’un anachronisme intelligent. Outre le rythme et l’atmosphère martiale digne d’une bataille antique, l’utilisation de synthétiseurs et d’une boite à rythme donnent à Confessions d’Un Voleur d’Âmes ce son si unique, comme une âme voguant au-dessus de champs d’horreurs. Le poids mélancolique de la voix ne rend cet opus que plus aérien, spatial.

Le Luxembourgeois nous emporte au profond de l’intimité d’un soldat romain, marchant rigoureusement, funèbrement vers la mort. Des souvenirs de combat s’installent via de nombreux échantillonnages, tels Le Voile De l’Oubli, The consolation Of Man et Der Wolfsmantel dont le rythme est donné par les pas et les cris d’une armée. Ce dernier utilise un chant nymphatique en toile de fond et quelques trompettes apocalyptiques, influence de Death In June. La voix se fait des plus graves, régurgitant mots de la langue de Goethe, Molière ou Shakespeare. Une fatalité se dégage de chacune des plages, un destin impossible à détourner quand la guitare claire devient un puits de mélancolie. Douce et flottante, elle imprègne ces douze ballades de Dame Faucheuse, repoussant The Torture Detachment et Querkraft de deux millénaires avant Silvio Berlusconi. Cette dark-folk oppresse, martèle, côtoie les frontières de l’ambient ( This Twisted Crown ou Novemberblut) et de l’industriel (Der Wolfmantel, Le Voile De l’Oubli, …) sans jamais se détacher des sonorités orchestrales et militaires.

Confessions d’Un Voleur d’Âmes incarne le soldat inconnu et l’oubli, au mieux l’indifférence dont il fait l’objet. Ces douze plages forment la résurgence des mélancolies au travers des nappes de guitares ou d’échantillons. Un album complexe et fin, où la mélodie ne cesse de transporter. À chaque écoute, de nouveaux arrangements apparaissent, prennent un sens toujours plus tragique. Jérôme Reuter marque avec cet opus une énorme évolution de la folk, épurée malgré l’incessant flot electro.


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