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STYLE : Black psyché & progressif


DU MÊME ARTISTE :

Nachtmystium - Assassins - Black Meddle part.1 - 2008

1One of these nights
2Assassins
3Ghosts of grace
4Away from light
5Your True Enemy
6Code Negative
7Omnivore
8Seasick, Part I: Drowned at dusk
9Seasick, Part II: Oceanborne
10Seasick, Part III: Silent sunrise

      Assatur


14/10/2009    

La grosse révélation black metal de 2008 aura finalement surgi d'un nom dont toutes les perspectives semblaient jusqu'alors mortes. Nachtmystium, petit groupe américain sans histoire ni potentiel apparent collectionnait les albums sans intérêt, soigneusement phagocytés par la masse grandissante des disques vomis par la scène US. Histoire classique d'un gang traumatisé par ses influences norvégiennes et une culture du son nécro, affairé à composer une musique appauvrie à fond, sans ambitions ni moyens, à peine de vulgaires hommages aux vieux, bref la lie habituelle d'une scène qui a appris depuis le début à s'enterrer elle-même dans sa molle inspiration.

Ce qui a changé pour Nachtmystium finalement, c'est leurs influences. A ne pas en douter, l'irruption récente d'une scène psyché à la fois sombre et métallisé n'y est pas pour rien. Electric Wizard a su montrer à tous les métalleux anti-drogue que la beuh n'engendrait pas que de la niaiserie hippie ; en une poignée d'albums à la noirceur à faire pâlir un blackeux sous rimmel, Electric Wizard a réhabilité la drogue là où elle doit être : comme un ferment de crasse, point de départ d'une esthétique bien plus sombre que les fantasmes médiévalo-satanique d'une bande de geeks chevelus - même si c'est un point commun, peut-être LE point commun qui a soudé les délires lovecraftiens d'Electric Wizard aux canons de l'imagerie metal.

Nachtmystium, très honnêtement, affiche la couleur au dos de la pochette : un logo à la typo arrondie, comme un hommage au bon psyché Woodstockien... mais placé derrière une cover aussi morbide, évidemment il prend un autre sens. Le même probablement que ce titre d'album qu'aucun progueux n'aura zappé, (Black) Meddle. Point de départ syncrétique d'un nouveau son, et fin de cette trop longue introduction !

Assassins, ce disque fou, ne s'occupe presque plus de black metal. Comme ils le scandent dès le départ, Nachtmystium c'est le néant. La production laisse chaque instrument s'émanciper d'un creuset encore légèrement incandescent (de la javel comparé à leurs anciens méfaits), donnant la teinte acre à un disque qui ne respire pas la joie de vivre, plutôt le bad trip. Violence punk dans les refrains qui évoque les dégueulasseries les plus véloces d'Electric Wizard ("We Hate You", "We The Undead"), avant une longue fin lancinante au possible. Les guitares, pas avares de mélodies, s'épanchent à l'occasion sur des riffs presque dépressifs - comme il est coutume dans la scène ricaine - avant de partir dans des soli ralentis que n'aurait pas renié Pink Floyd, influence intergénérationnelle par excellence. Le chant, agressif et spontané, délaisse les filtres crus d'antan pour revenir à une rage presque hardcore, vindicative au possible, en adéquation avec une musique qui n'a jamais sonné aussi groove pour du black. Sans chercher trop la cohérence ou l'effet pavé, Nachtmystium essaye à droite à gauche, sonnant tantôt punky, tantôt metal, finissant parfois sur du pur génie comme l'atteste "Code Negative", genre de ballade morbide bourré de reverb et de soli à la Gilmour, tandis que les murmures glacés du micro se fondent dans un écho sépulcral du plus bel effet.

Quoi de plus naturel alors que de voir le disque finir dans des eaux prog ? Le triptyque final laisse en effet le combo Illinois s'éclater dans une tourbe gentiment hypnotique, puis carrément folle et démonstrative (avec en guest, le sax du groupe Yakuza) avant de redescendre - mais pas totalement - avec quelque chose de plus métallique, aux relents psyché et rugueux presque Gojirien. Devant la variété du disque et un final aussi réussi, celui qui assume le mieux sa verve expérimentale, dur de ne pas attendre la suite de ce qui fut le coming-out le plus passionnant du black depuis - pfiouh, au moins DHG ? Nécessaire pirouette pour évoquer les bidouillages electro qui secouent le disque de Nachtmystium, dont la maestria ne s'est probablement révélée qu'à moitié. Vivement la suite ?


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Assatur

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