 ©Chrysalis
STYLE : Rock Progressif
DU MÊME ARTISTE :













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Jethro Tull - Benefit - 1970
| 1 | With You There to Help Me
| | 2 | Nothing to Say
| | 3 | Alive and Well and Living In
| | 4 | Son
| | 5 | For Michael Collins, Jeffrey and Me
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| 6 | To Cry You a Song
| | 7 | A Time for Everything?
| | 8 | Inside
| | 9 | Play in Time
| | 10 | Sossity; You're a Woman
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Après une trentaine de semaines de tournée aux USA, Jethro Tull fait désormais parti des grosses pointures du rock. Ian Anderson explique le succès de son groupe là bas par le fait que Jethro Tull n'essaie pas, contrairement aux autres groupes anglais de l'époque, de rendre constamment hommage à ses héros musicaux américains. Quelle modestie Ian! Mais il n'a peut-être pas si tort après tout…
Dans une ambition toujours grandissante, Ian Anderson décide de recruter un claviériste, John Evan, de l'ancien John Evan Band (ancêtre de Jethro Tull). Ce dernier précise d'ailleurs étrangement qu'il ne restera qu'un an ou deux mais comme le dit si bien Ian Anderson : "…the lure of travel, pretty girls, pipes, boozes and porsches were to keep him with us for the next ten years".
Le retour en Angleterre après cette glorieuse tournée semble difficile si l'on en juge par la qualité de ce Benefit. Le groupe y sonne ramolli, fatigué, et Ian Anderson ne parvient pas à accoucher de compositions dignes du prédécesseur Stand Up tout en affichant des ambitions plus élevées. Les idées originales qui sont pourtant là sont malheureusement sous ou mal exploitées, tantôt noyées dans une soporifique sophistication, tantôt gaspillées dans des expérimentations douteuses.
Seulement deux titres valent la peine d'être sauvés de ce coup de mou. Tout d'abord le puissant "To Cry You a Song" et son riff exubérant irrésistible. Bien que recyclé durant de longues minutes, ce riff original a la chance d'être propulsé par une section rythmique explosive, ce qui n'est pas le cas du reste de l'album. "With You There to Help Me" séduit presque autant dans un registre plus doux mais tout aussi original, notamment au niveau des arrangements vocaux proprement hypnotisants. Les changements rythmiques et mélodiques y sont un peu trop nombreux et moyennement gérés mais le retour au thème principal est toujours une bénédiction.
Ces deux titres sont donc les seuls qui puissent rivaliser avec ceux de Stand Up. Les autres, bien que volontiers sympathiques, n'apportent rien de vraiment passionnant et peuvent même endormir au passage (de la musique composé par un homme fatigué, ça fatigue), car Benefit est en effet bien plus lent et mou que son prédécesseur. Les riffs hard rock sont pourtant là mais semblent muselés soit par la production, soit par les arrangements ou le mixage ce qui ne peut que frustrer. Un riff comme celui de "Nothing to Say" aurait mérité un soutien rythmique à la hauteur, tout comme le superbe break guitare/piano de "Alive and Well and Living In" malheureusement parsemé au milieu de mélodies plates et peu inspirées. Même remarque pour "Son" et son riff brillamment exécuté par Martin Barre mais dont le résultat est une nouvelle appauvri par la faiblesse mélodique du chant et les arrangements peu cohérents. L'idée du riff couplé guitare/flûte de "Play in Time" est presque lumineuse mais son interruption régulière par des passages expérimentaux quasi-bruitistes réduit l'intérêt du titre à un point proche de zéro. Que de gâchis de riffs mon Dieu!
Les titres plus doux et d'inspiration folk sonnent eux aussi bien pales en comparaison de ceux de Stand Up. Où est passée la belle inspiration d'Anderson? "Sossity; You're a Woman" et "Inside" sont mélodiquement totalement insipides et logiquement barbants malgré les montées en puissance rythmiques (si on peut encore appeler ça comme ça) du premier et les pseudo-expérimentations percussives secouées du second. Quant à "For Michael Collins, Jeffrey and Me", c'est presque une bonne surprise comparé aux deux autres, mais en voulant trop jouer sur les contrastes, Ian Anderson y disperse complètement son efficacité. La déception concerne enfin également les parties de flûte, bien moins savoureuses au point qu'elles passent presque inaperçues. On retient tout de même le duo flûte/guitare en lead sur le dynamique mais globalement peu inspiré "A Time for Everything?" et bien sur le riff de "Play in Time".
Benefit est donc une réelle et franche déception compte tenu de la qualité de son prédécesseur et de celle de son successeur. Lent, mou, fatigué, peu inspiré, mal calculé et peu séduisant, il n'est pas pour autant franchement mauvais, mais les quelques passages intéressants requièrent un douloureux effort d'éveil et de patience. Benefit est également le dernier album du groupe avec le bassiste Glenn Cornick, viré car trop fêtard selon Ian Anderson comparé au reste du groupe. Il fondera Wild Turkey.
PS : Comme à l'accoutumée, Ian Anderson dote ses versions remasterisées de titres plus ou moins contemporains. Ici nous avons donc logiquement droit à des titres mignons qui restent toutefois dans l'esprit mou et insipide de l'album, à savoir "Singing All Day", "Witch's Promise" et "Just Trying to Be". Seul le remuant et oublié "Teacher" séduit et renoue avec les délices hard rock de Stand Up dont il aurait tout à fait pu faire parti. Son fabuleux riff, doublé harmoniquement par la flûte d'Anderson figure parmi les plus grandes trouvailles de ce dernier.
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